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La revengeance des duchesses

Archives de l’auteur : Andréanne Fémini-Bof d'Orléans

Je frencherais Félix Leclerc

Photo de couverture : Sébastien Girad Photographe

Bon, voilà, je vous ai déjà choqué avec mon titre. « Mais voyons, frencher Félix Leclerc!!! Elle a pas de bon sens, cette duchesse. C’est hard core, comme approche… et dire qu’elle provient de l’île d’Orléans… »

Ah la la! Eh oui, je sais, mais… Mesdames (ou Messieurs), cessez de refouler cette passion intime, artistique et charnelle pour cet artiste auteur-compositeur-interprète, poète, écrivain, animateur radiophonique, scénariste, metteur en scène et acteur québécois. Il est craquant un point c’est tout!

Mise en contexte

Certes, il est mort, mais pas tout à fait au cœur de notre communauté insulaire. En fait, il est partout dans nos maisons de pierre, près des clochers pointus, et on se surprend souvent à siffloter un air de P’tit bonheur.

Moi, chaque fois que je lis ses écrits, que j’entends sa voix ou que je l’aperçois en photo ou en vidéo (ouff), j’ai comme un frison artistique qui me shake la féminité comme gros rush de culture et de sex-appeal. Dire qu’il est décédé exactement cinq mois après ma naissance.

L’homme

Je frencherais Félix Leclerc!

Un regard sérieux, un sourire taquin et un rythme à tout casser. Il avait le mot juste et la prose infinie. Je ne peux m’empêcher de l’imaginer à accompagner mes longs bains, ici sur le chemin Royal, à Saint-Laurent. Il pourrait être là avec sa guitare et nous pourrions écrire, rire et chanter… Nus.

Ce qui est intéressant quand tu fantasmes sur un artiste mort, c’est que toute sa vie est écrite et disponible pour être savourée et découverte. Je trippe ben raide sur des photos de lui jeune et fringant et je voue littéralement un culte aux pattes d’oies et vestiges de fous rires qui se dessinent sur ses photos des années 50. Je trouve que sa peignure poivre et sel lui confère un air mature et profond (en fait, c’est peut-être juste que la photo est en noir et blanc, mais bon…).

Je dois toutefois avouer que ce que je préfère par-dessus tout, chez Félix Leclerc, c’est sa voix. Forte, portante, réconfortante qui communique les émotions, les histoires et les enjeux sociaux comme personne. Parfois, je rêve d’entendre une voix similaire lorsque je me promène au cœur de l’île au Familiprix, chez Spence ou encore au café La maison Smith à Sainte-Pétronille… Ce serait si beau, si inspirant… si renversant. Je pense que je frencherais cette voix-la!

Excusez-la (ou pas).

Quelle duchesse de la Revengeance 10 es-tu?

C’est la dixième édition de la Revengeance des duchesses, la ville de Québec brille de mille feux et les sept duchesses de l’édition 2019 s’amusent à enflammer le web. Toi, tu as toujours voulu être une duchesse? Eh bien, grâce à cet article, tu seras en mesure de t’identifier à l’une des duchesses de la 10e Revengence.

Ce sont toutes des personnes plus belles les unes que les autres, donc à toi de découvrir laquelle de ces dernières te ressemble le plus…

Hélène de Saint-Jambe, duchesse poète forte et courageuse

L’audace et les mots n’ont pas de secret pour toi? Tu aimes écrire des choses qui parfois choquent et réveillent les esprits? Selon toi, il est important de dénoncer les enjeux criants de notre société avec audace, volonté et habileté? Eh bien, Hélène de Saint-Jambe saura certainement te charmer en février. Avec la force d’une lionne et la douceur du tamia rayé, cette duchesse animera de son feu sacré le blogue de la Revengeance.

 

 

Andréanne de Lévis, duchesse multi-multi-talentueuse

Tu aimes l’improvisation (virgule) le théâtre (virgule) l’écriture (virgule) la mise en scène ou la plasticine? (En fait, tu ne te souviens pu de si tu aimes ça la plasticine, mais tu serais quand même vraiment willing de participer à une soirée de pâte à modeler?) Eh bien, il est très probable que la duchesse de Lévis soit celle qui te ressemble le plus. L’idée est simple, plus que tu aimes d’affaires plus que tu ressembles à Andréanne Virgule duchesse de Lévis. Une agenda bien chargé, des projets plein la tête et des rêves à faire fleurir, voilà ce qui caractérise Miss Virgule.

 

Myriam de Saint-Sauveur, duchesse sensible et créative

Ton garde-robe est garni de vieux sacs de papier, d’un restant de colle Pritt, de morceaux de verre, de macaronis et de pastilles d’aquarelle? Tu aimes faire des soirées bricolage avec toi-même sur des airs d’artistes musicaux underground et touchants? Eh bien, c’est certainement la douceur et l’imagination de la duchesse de Saint-Sauveur qui te ressemble le plus. Pleine de paradoxes, avec l’habileté de ses doigts de fée et sa rough passion pour les gros moteurs, Myriam te séduira certainement à l’aide de ses photos et textes colorés aux teintes de Saint-Sauveur.

Fre du vieux-Limoilou, duchesse non-binaire et +

Dans ce monde de plus en plus inclusif (ou entk qui essaie de l’être), tu es heureux de pouvoir enfin essayer de prendre une place qui te revient sans être obligée d’être caractérisé. Tu crois que les limites d’aujourd’hui seront les vestiges de demain? Eh bien, Fre est probablement la duchesse qui te représente. Iel a toujours le sourire et le mot qu’il faut pour t’aider à comprendre l’univers de la non-binarité et du genre. Un humour parfait, une passion pour l’humain. Sa personnalité attachante et ses mots justes sauront très probablement égayer tes matins de Revengeance.

 

Joëlle de Limoilou, duchesse réconfortante au cœur d’or

Tu aimes écouter les autres et as les bons mots pour rassurer, réconforter, aimer ou rire? Pour toi, tous les corps sont beaux et l’estime de soi est un enjeu crucial pour l’épanouissement des femmes au sein de notre société? Tu aimes combattre l’intimidation à coups de crowbar et de chocolat? Eh bien, c’est certainement la duchesse de Limoilou qui te représente le mieux. Bref, Joëlle avec ses sourires francs, son style vestimentaire hallucinant et son écoute saura très certainement se faire remarquer via les interwebs.

 

Mélissa de Roch-City, duchesse pulpeuse, communicative et structurante

Tu as toujours le mot juste, la bonne expression ou la bonne phrase à dire? Tu es habile pour communiquer et aimes utiliser le bon rouge à lèvres pour partager tes idées? Eh bien, il y a de fortes chances que Mélissa soit la duchesse qui te convienne. Bien organisée, ponctuelle et charmante cette duchesse a le tour de communiquer via n’importe quelle plateforme. Tu auras très certainement un plaisir fou à découvrir cette dernière via des textes vrais et audacieux.

 

Andréanne de l’île d’Orléans, duchesse maladroite et coquine

Tu aimes les belles robes, le parfum et ensuite aller jouer dans la bouette pis cueillir des fraises avec tes amis? Tu adores prendre position sur des sujets prenants, mais parfois tu as l’impression que ta pertinence se retrouve perdue quelque part entre les discours de Brigitte Bardot, Véronique Cloutier et Richard Desjardins? Tu adores être sur scène faire des spesstake et tu as un petit côté osé pas très bien caché? Il va sans dire que la duchesse qui te représente est Andréanne Fémini-Bof d’Orléans (Moiiii!). Avec le style à tout casser de Marina Orsini et la maladresse de Britney Spears (version soft) cette dernière saura gagner ton cœur avec ses interventions pertinentes… ou pas, sur le blogue.

 

Alors finalement, quelle duchesse de la Revengeance 10 es-tu?

 

 

 

 

Fake notre identité insulaire, c’est des maisons de pierres pis le temps des pommes… Right?

Île d’Orléans, parlons tissu social et culture

Bon, un autre titre choc pour réussir à capter ton attention d’Orléanais.

Photo de Julie Nadeau

Je suis de retour chez nous en terre insulaire. Ma famille vient d’ici, j’ai grandi ici, pis mon dieu que je suis heureuse d’être de retour au cœur de ma communauté.

J’arrive d’un trois ans aux Îles-de-la-Madeleine, où le tissu social est tissé serré pis fait à la main. J’arrive aussi d’un an dans les territoires nordiques de Yellowknife, où la proximité entre francophones est essentielle pour l’épanouissement de l’identité franco-ténoise. Maintenant, ici sur l’île d’Orléans, nous avons quoi? Je veux dire mises à part les organisations de loisirs municipales (merci d’être là! Vous faites un travail génial!) et une politique culturelle qui date de 2005. Qu’est-ce qui aide à faire fleurir notre identité? Nos liens sociaux? Qu’est-ce qui favorise l’essor de nos artistes, entreprises et producteurs? Car il me semble que notre identité insulaire ne se résume pas à Félix Leclerc et à des maisons de pierres ancestrales.

Nous ne pouvons pas en vouloir à notre voisin individualiste qui bouge pas ou à l’entreprise privée d’à côté qui ne pense qu’à sa réalité financière. En fait, je pense que ça fait juste longtemps que personne n’a osé remettre sur la table publiquement que dans la vie, l’union fait réellement la force.

Nous avons six villages plus différents et riches les uns que les autres, mais, malheureusement, je trouve que nous avons peine à faire rayonner et à encourager nos forces et talents insulaires. Par talents, je parle de nos entrepreneurs, de nos producteurs, de nos artistes… Les connaissez-vous? Sur le site web de la MRC de l’île d’Orléans il y a certes beaucoup (beaucoup) d’informations à ce sujet. Par contre, concrètement, que se passe-t-il? Quels sont nos outils pour nous mettre en valeur, quelles sont nos organisations, nos stratégies? Vous ne pensez pas qu’un plus grand nombre de regroupements, d’organisations ou de comités par et pour les gens d’ici serait réellement mobilisateur, structurant et payant pour notre milieu de vie, et ce, pour n’importe quel domaine (agroalimentaire, culturel, affaires)?

Publication Facebook mettant en valeur le temps libre. Merci à Sarah Luce-Levesque, chevalière recherchiste du vortex social de Limoilou, pour la trouvaille de la publication nécessaire à article sociopolitique de la duchesse.

J’ai pas le temps!

Ça me tente pas!

Ce sont toujours les mêmes!

J’ai ben trop d’affaires à m’occuper!

J’ai mille enfants pis six tracteurs…

Ah oui, c’est vrai, je vous le concède, le temps se fait rare au cœur de notre époque. Toutefois, je crois que si nous ne bougeons pas, nous passons à côté de quelque chose de grand et de fort : nous passons à côté de la confection d’un tissu social, insulaire et identitaire unique. Un outil qui nous permettrait de vaincre vents et marées sur notre territoire.

C’est utopique, ton histoire de tissu social! Comment on peut réussir à faire ça?

Une population, un milieu de vie doit apprendre l’importance de la concertation et de la mobilisation. Les municipalités, les MRC et les autres institutions doivent travailler toutes ensemble pour favoriser l’engagement et l’éveil citoyens. Ce n’est pas un petit mandat. Cela ne se fait pas en deux mois non plus. Pour réussir à réveiller et mobiliser une population sur son milieu de vie, cela prend des stratégies adaptées aux enjeux et aux objectifs de développement du milieu. Il faut réussir à gagner le cœur des gens avec des actions, des événements ou des causes qui les concernent. Il faut travailler avec les forces du territoire, il faut prioriser le plaisir dans l’action et, surtout, il ne faut jamais baisser les bras.

Pis sinon quoi?

Eh bien, si nous ne nous impliquons pas, nous laissons le plein pouvoir aux institutions politiques sur notre milieu. Elles font de l’île d’Orléans ce qu’elles veulent de l’île d’Orléans. Bien sûr, elles le font du mieux qu’elles peuvent avec les ressources qu’elles possèdent. Toutefois, mon expérience me dit que plus la population est loin des processus décisionnels, plus les décisions sont loin des besoins réels de la population. Les priorités des gens d’ici ne sont pas toujours les mêmes que celles des institutions politiques.

SébaZtien Girard photographe : www.sebaztiengirard.com

Quelle est votre position sur le troisième lien? Sur le projet de la Pointe d’Argentenay? Pis le pont? Pourquoi nous avons pas de marché public?

Je sais pas….

Exemple : Le renouvellement de la Politique culturelle de la MRC 

Le 12 octobre dernier, la page Facebook de la MRC de l’île d’Orléans publiait un communiqué de presse afin d’informer la population du renouvellement de la Politique culturelle de la MRC : La MRC entame le renouvellement de la Politique culturelle et patrimoniale de l’Île d’Orléans. Cette démarche d’actualisation s’accompagnera de consultations du milieu, via un comité dédié. Au terme du processus, le portrait du territoire sera actualisé, les besoins du milieu seront recueillis et les nouvelles tendances seront prises en compte afin que de nouvelles orientations et priorités soient élaborées […].

Qu’est-ce qu’une politique culturelle?

La politique culturelle est un geste politique et public de reconnaissance de l’importance de la culture dans le développement d’une collectivité; elle constitue le pivot de la stratégie d’action de la municipalité en ce qui a trait au développement de la culture et des communications, en vue d’assurer une plus grande intégration et une meilleure planification des activités dans une perspective d’amélioration de la qualité de vie. – Ministère de la Culture et des Communications du Québec

En janvier, j’ai fait un appel téléphonique à la MRC pour en savoir davantage sur sa stratégie de consultation. Aucune consultation du milieu ne sera faite. Le comité dédié, composé d’acteurs clefs du domaine culturel, a pris la décision de ne pas aller vers ce type de démarche puisque la population ne participe pas à ce genre d’événement. Il est en effet facile de jeter le blâme sur une population complète plutôt que de remettre en question les façons de faire et outils utilisés pour concerter et mobiliser les gens.

Une politique culturelle qui a 14 ans…

La Politique culturelle actuelle date de 2005. Cela fait exactement 14 ans que la première politique fut mise en place. Depuis, le portrait social, économique et culturel a tellement changé : la population semble s’être rajeunie, les familles foisonnent de partout, il y a de nouvelles entreprises, plus d’artistes et d’artisans… Bref, les enjeux locaux ne sont probablement plus ce qu’ils étaient en 2005. Difficile de comprendre pourquoi le comité dédié ne ressent pas plus le besoin de consulter son milieu. Cela demanderait probablement trop de temps, d’énergie, d’argent et d’innovation. Je leur concède que nous partons de loin.

Toutefois, selon moi, c’est le travail de la MRC de faire tout en son pouvoir pour aller à la rencontre des gens et tâter le pouls de la population afin d’essayer de la comprendre et de la connaître. Le comité dédié pourrait travailler avec les organisations fortes du milieu (comités de loisirs municipaux, centre d’action bénévole, page Facebook Insulaire, etc.) pour diffuser des sondages papiers ou électroniques. Il pourrait mettre en place des événements familiaux le fun! où les enfants pourraient s’amuser pendant que les parents s’expriment. Bref, ce ne sont pas les idées ou les pistes de réflexion qui manquent; par contre, il est vrai que ce type de démarche demande du temps, de l’argent, de l’énergie et de l’innovation.

Et maintenant?

L’objectif de cet article est d’ouvrir les yeux de quelques Orléanais. C’est d’illustrer le besoin d’un tissu social plus fort au cœur de notre milieu de vie et c’est d’inviter la MRC à réfléchir sur comment elle pourrait travailler à éduquer et faire cheminer sa population pour favoriser une meilleure implication sociale des gens d’ici.

J’aimerais aussi croire que quelques consultations publiques pour la refonte de la Politique culturelle se verront inscrites à l’agenda 2019.

Parce qu’une communauté qui a à cœur son milieu de vie et ses richesses, c’est fort. Parce qu’une communauté qui s’implique et s’investit pour le rayonnement de son identité, c’est inspirant.

Et maintenant toi, qu’est-ce que tu crois que nous pourrions faire ensemble pour stimuler la participation citoyenne au cœur de notre milieu de vie?

La petite histoire cochonne de Bonhomme Carnaval

Mais quel froid de canard! Février… mois des amours et des plaques de glaces. Quoi de mieux qu’une petite fête, une Revengeance pour mettre un petit ouUUf à notre quotidien? Février est trop froid et si impersonnel. Moment doux où les regards et les envies sont sur le defrost pour laisser libre cours aux pensées légères et aux envies printanières. Laissons-nous nous amuser et trouvons le temps de nous rapprocher et nous réchauffer un peu… Tout ça pour le grand plaisir de nos duchesses adorées.

Trouvez-vous que ça sent le printemps? Parce que moi, j’peux vous dire que si vous ne sentez pas le doux frétillement du printemps, eh bien moi, j’ai juste a écouter mon corps et il me dit que le printemps est pas juste à nos portes, mais qu’il est installé bien confortablement au cœur de notre communauté.

Parce que moi, voyez-vous, au printemps, mon corps se métamorphose. J’vous jure, mes ovaires popent pis mes ovules pétillent. J’ai comme un détecteur de testostérone HD qui se déclenche, bip bip bip… ma bouche se gorge abondamment de salive chaque fois que j’entrevois une barbe, des poils de chest, ou qu’un homme me regarde drette d’in yeux avec ses deux fesses. Sur mon corps y’a d’la condensation de phéromones. Je suis femme! Le printemps me rend tellement femme.

Ah mais que je suis sotte! Je n’ai même pas pris la peine de me présenter. Je suis Ludivine, personnalité inspirée de votre déesse intérieure, Mesdames, et de vos fantasmes précieux, Messieurs. Je collectionne les histoires rocambolesques à vous faire rougir. Je suis celle qui mentionne pour vous des fresques de plaisir.

Île d’Orléans. Initialement, j’avais envie de vous raconter ma dernière épopée à Saint-Pierre où un gentil reporter du Journal Autour de l’Île m’a vivement surprise avec son fils de nouvelles. Quoi de mieux que de passer à l’acte-tualité pour bien comprendre les réalités du moment? Je crois que maintenant je comprends mieux les enjeux pubi…pubi…publiques de cette jolie communauté. C’est important de bien SAISIR l’opinion des gens pour en comprendre les nuances et les variantes. Édit-oral, chronique, grand titre et fait divers. Je peux vous dire que j’y ai vu et revu bien plus que de la petite-peaugraphie… mais bon, je vais arrêter ici mon communiqué de fesse… Euhh… de presse, et passer aux choses sérieuses…

Laissez-moi vous raconter mon histoire de l’autre soir. Cette fois où j’ai moi-même, Ludivine Bellefleur, fait connaissance avec Bonhomme Carnaval.

Je me baladais sur la rue Saint-Jean, gelée, la tête haute à la recherche des étoiles de la nuit. Étant admirative devant ce spectacle lumineux resplendissant, je n’ai pas vu où j’ai mis les pieds. J’ai manqué une plaque de glace et j’ai glissé de tout mon long sur le sol froid et congelé. Tête première sur la glace, j’ai perdu toute notion du temps et de la réalité pendant un bon moment. Quelques heures plus tard, je me suis réveillée dans une chambre aux murs de neige. L’air ambiant y était confortable, des dizaines de bougies éclairaient la pièce et des fourrures sauvages ornaient le sol et le lit.

Bonhomme : Vous vous portez bien, ma petite dame? Je suis Bonhomme Carnaval… je vous ai ramassée sur la glace.

Une voix caverneuse en provenance du fond de la salle. Je ne pouvais pas très bien saisir ses traits puisqu’il était dans l’ombre, à l’abri de la lueur des flammes. L’homme se leva. Une silhouette forte, grande et puissante se dévoila alors devant moi. Il s’avança doucement à la lumière des chandelles.

Bonhomme : Vous avez pris une sacrée débarque! Il faut faire attention dans le Vieux-Québec des fois… c’est glissant, de la neige.

Il était maintenant hors de l’obscurité. Je pouvais alors admirer son regard noir charbon, manifestation du froid polaire au cœur de ses prunelles aussi pure qu’un diamant brut, et des mains… des mains… DES MAINS…. qui ont travaillé la glace et la neige. Des mains qui savent certainement apprécier la chaleur humaine après des heures passées à la froidure des vents de la Haute-Ville. Juste à y penser, un frisson parcourut mon épine dorsale et un léger frimas se dessina sur ma poitrine.

Ludivine : Oui… c’est glissant… Merci de m’avoir ramassée… J’aurais certainement pu y rester et congeler vivante… c’est froid, le… froid.

Bonhomme : Ici, dans la capitale… nous savons prendre soin des visiteurs. Nous connaissons les réalités hivernales (il s’avança d’un pas), le danger boréal (il s’approcha du lit), les bourrasques de la Grande Allée (il s’approcha de moi) et la dureté de la glace de la rivière Saint-Charles

Sur ses lèvres et son visage blanc cassé par le grand air… un léger sourire se dessina… Un vent froid, gorgé de virilité, de musc et de sirop d’érable enivra alors mes pensées encore légèrement frigorifiées.

Il déposa sur ma bouche un tendre baiser à saveur de petit Caribou.

Son regard sombre se plongea alors dans le mien avec la confiance de Régis Labaume. Mes mains en vinrent à dézipper alors doucement mon manteau d’hiver, mais ses mains reprirent rapidement le contrôle avec la fougue du marcheur blanc… Quelques instants plus tard, je me retrouvais nue sur la fourrure du bison d’Amérique du Nord qui habillait le lit.

L’air froid s’avisa de réveiller mes petits sorbets pour le grand plaisir de l’admirateur.

Je me fis alors un devoir de déshabiller cet homme. J’enlevai donc la ceinture. Je peux admirer ses épaules d’homme de ville, sa peau pâle… son dos solide d’Aquilon… Son… ICEBERG! Oui! Une verge aussi spectaculaire que le morceau de glace qui a fait couler le Titanic.

J’étais tremblante, mon bas-ventre un jardin de givre… Il détacha alors un bout de son château de neige. Dans ses mains un morceau de glace. Il me fit signe de m’étendre sur le lit et, avec agilité, il déposa la glace sur ma peau chaude et moite. J’étais bouillonnante. Des rigoles se dessinaient entre mes seins et les courbes de mon corps pour le plus grand plaisir de mon âme. Homme d’aventure, il s’orienta doucement vers ma banquise pour y faire un peu de pêche sur glace. À multiples reprises, son bout d’hiver visitait mon petit flocon, réveillant mes sens et mon avidité. Il ne restait plus que des lacs d’eau tiède sous mes fesses lorsque d’un coup de force il agrippa mes épaules pour me faire rencontrer son Mr. Freeze. Bourrasque de vent, gestes incongrus, audace, froid et froidure… Souffle court, mains congelées sur des peaux exposées aux intempéries de l’hiver et, dans un dernier effort, un blizzard me fit soupirer, donnant le signe du dernier souffle à Bonhomme. Les murs ont fondu, la glace s’est embrouillée et l’air ambiant affichait 15 °C. Nous nous sommes endormis sous la fourrure des animaux sauvages pour recommencer notre audace au petit matin…

J’ai dû quitter le château pour laisser la place aux visiteurs des quatre coins du monde… et aussi parce qu’un véritable verglas s’est abattu sur notre relation lorsque j’ai fini par comprendre que Bonhomme avait plus d’une duchesse à ses pieds… ce n’est pas grave… bien que cette déclaration m’ait laissée de glace… je tiens à continuer ma découverte du froid… Prochaine aventure… pourquoi ne pas aller réellement à la découverte de cette fameuse route des Prêtres?

Ici, en février, la neige est rose comme chair de femme

En cas d’attaque de zombies, c’est de notre côté du pont que tu aimerais te retrouver. OK! Oui! Notre pont te fait peut-être peur… mais certainement pas autant qu’une armée de candidats élus de la CAQ, zombifiés, crinqués, criant BRAINNNNN… En fait, je crois que c’est peut-être bien pour cette raison que nous ne sommes pas tous réellement convaincus concernant le projet du troisième lien.

Bref, je réside à l’île d’Orléans, en plein cœur du garde-manger de la ville de Québec. Là où, dans une même journée, tu peux te bourrer la face de framboises, vivre un rush de sucre à la chocolaterie et virer une brosse sur du vin québécois. Il n’y a pas de plus bel endroit où vivre quand tu aimes profiter de la richesse des produits locaux.

Quarante-deux milles de choses tranquilles. L’île est baignée par le fleuve, d’un bout à l’autre. À marée haute, tu peux aller te baigner nu pis il y a peut-être personne qui va te voir. De toute façon, nous, les Orléanais, nous sommes du ben bon monde, chaleureux et ouvert d’esprit.

L’hiver venu, nous vivons sur nos réserves parce que nous sommes aussi un peu la chambre froide de la ville de Québec. En février, comme dirait Félix, la neige est rose comme chair de femme. Selon ma grand-mère, il n’y a rien de plus paisible que de faire un tour de l’île au lendemain d’un soir tempête en écoutant du Enya. Puis, arrive avril avec ses érables gorgés d’extases. C’est alors l’occasion de tout mettre, enfin, dans du sirop d’érable : œufs, crêpes, poils de chest… Bref, c’est le printemps, on se dégèle!

En conclusion, bien que parfois, le vent frais du fleuve porte une légère odeur de fumier, cette terre insulaire a toujours su faire fleurir le bonheur et lui faire faire des bourgeons. Terre inspirante pour des projets créatifs et patiente pour les moments de réflexion, l’île d’Orléans est un territoire fertile, riche, inspirant, qui fait rêver les gens d’ici et les autres qui ont peur du pont.

Bio

Andréanne Fémini-Bof, duchesse d’Orléans. Île d’Orléans. De retour dans son duché depuis juillet, Andréanne Fémini‑Bof d’Orléans est une jeune femme ayant l’engagement et le sourire facile. Pour elle, tous les moyens sont bons pour exprimer une idée, un rêve, une passion. Oscillant entre le monde rassembleur de la récréologie et l’univers créatif du monde artistique, cette duchesse aime changer le monde un rire à la fois. Burlesque, clown, humour, chant, poésie… elle multiplie les outils pour créer des univers rocambolesques à faire rougir de plaisir. Agente de changement, énergique, mélodramatique, organisée et fonceuse, Andréanne Fémini‑Bof croit avant tout à l’importance de la concertation et de l’unification des forces d’un milieu pour arriver à faire bouger des montagnes.

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