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La revengeance des duchesses

Archives de l’auteur : Mélissa Roch City

Épisode 9 : Ma grand-mère avait un autodrome

La duchesse de Saint-Roch 2019 vous amène à travers un secret de famille bien gardé, l’incursion de grand-maman Thérèse dans le milieu de la course automobile amateure, au début des années 1980.

Crédits

Animation : Mélissa Roch-City, duchesse de Saint-Roch 2019
Entrevue : Thérèse Simard
Jingle : Mathieu Dumont
Extraits musicaux : Mer Morte (Les Jaguars), Le Reel de l’autodrome de St-Tharcisius (Les Autostars), enregistrements de courses diverses (Autodrome Montmagny 1990).

Épisode 8 : Femmes et sport – Une course à obstacles

La duchesse de Saint-Jean-Bat 2017, Nancy Martel, rencontre Geneviève Drolet, qui nous parle des obstacles à la pratique d’activités sportives chez les femmes…
Tout ça en montant le plus long escalier de la ville!

Crédits 
À l’animation : Nancy Martel
Musique (jingle) : Mathieu Dumont
Montage et mixage : Francis Bélanger-Desbiens
Invitée : Geneviève Drolet

Épisode 7 : Montcalm – Les arts avec un grand A

De quel ou quels arts Montcalm est-il le quartier? Marrie Bathory, duchesse de Montcalm 2016, poursuit ses réflexions en compagnie de Geneviève Boivin, responsable des communications et du développement au théâtre Premier Acte.

Crédits 

Animation, réalisation et montage : Marrie Bathory, duchesse de Montcalm 2016
Jingle : Mathieu Dumont
Invitée : Geneviève Boivin, responsable des communications et du développement au théâtre Premier Acte

Épisode 6 : Choisir Portneuf! (Partie 2)

Odile Pelletier, duchesse du Grand Portneuf 2017, va à la rencontre de deux des nombreuses néoportneuvoises qui ont choisi de venir vivre dans son immense duché.

Crédits

Invitée : Marie-Fauve Bélanger
Jingle : Mathieu Dumont
Prise de son : Denis Baribault
Montage : Odile Pelletier et Denis Baribault

 

Épisode 5 : Langue, censure et vagin

Un poème écrit pour celles qui n’ont pas de voix, un coup de gueule à tout casser, par la duchesse de Saint-Jambe 2019, Hélène de Saint-Jambe.

Crédits 

Voix et texte : Hélène de Saint-Jambe
Réalisation sonore : Simon Elmaleh

(Titre : Origine et fin du monde, Hélène Matte, médiums mixtes, Héma 2010)

 

Épisode 3 : Montcalm, le centre du monde

Quartier des arts, Montcalm est-il aussi celui des artistes? Marrie Bathory, duchesse de Montcalm 2016, a posé la question à sa prédécesseure, Andrée-Anne Blacutt, artiste visuelle et documentariste.

Crédits

Animation, réalisation et montage : Marrie Bathory, duchesse de Montcalm 2016
Jingle : Mathieu Dumont
Invitée : Andrée-Anne Blacutt, artiste visuelle, documentariste et duchesse de Montcalm 2015

 

 

Épisode 2 : Choisir Portneuf! (partie 1)

Odile Pelletier, duchesse du Grand Portneuf 2017, va à la rencontre de deux des nombreuses néoportneuvoises qui ont choisi de venir vivre dans son immense duché.

Crédits

Invitée : Peggy Coulombe
Jingle : Mathieu Dumont
Prise de son : Denis Baribault
Montage : Odile Pelletier et Denis Baribault

 

 

Épisode 1 : L’escalier le plus long de la ville

En errant à travers le patrimoine bâti du Cap-Blanc, Nancy Martel, alias duchesse de Saint-Jean-Bat 2017, discute avec Marie-Ève Bonenfant, autrice du livre Les escaliers publics en fer de la ville de Québec : Entre fonctionnalité et représentation 1880-1900, du fameux escalier du Cap-Blanc, le plus long de toute la ville.

Crédits

À l’animation : Nancy Martel
Montage et mixage : Francis Bélanger-Desbiens
Invitée : Marie-Ève Bonenfant
Musique : Mathieu Dumont

 

Il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon SDF

Terminus.

Station de Charles de Gaulle–Étoile.

Chaque matin.

Il y est.

Sur son matelas du couloir de la sortie Avenue de Wagram, le lit brillamment fait, les couvertures de la nuit délicatement relevées. Blanches immaculées : pas de sleeping bag défraîchi.

Il s’assoit, boit parfois un café qu’on lui offre, regarde les passants, leur sourit.

Le matin, lorsque quelquefois je me décide à rentrer avant tout le monde au bureau, il dort à poings fermés.

Les 200 000 personnes par jour qui arpentent le sous-terrain menant aux Champs-Élysées ne le dérangent pas : il dort, fait sa toilette, mange, sort.

Quelques fois, lorsque je reviens du boulot, il est sorti, je ne sais où…

Il a donc une vie…

Pas de maison….

Mais une vie.

À Pâques, les gens lui laissent des œufs en chocolat.

D’autres fois, d’autres d’offrandes se trouvent sur ses draps : pain, fromage, cigarette, ticket de restaurant…

Ce qu’il y a de particulier avec mon SDF, et la raison pour laquelle il me captive autant, est troublant, dans ces conditions…

Il est beau comme un dieu.

En fait, je crois que c’est un dieu.

Une sorte de dieu de la mythologie perse ou autre qui doit faire neuf épreuves ou se mêler aux mortels.

Certains diront que son principal atout dans la quête est donc ce désir qu’il déclenche chez les hommes et femmes sortant du métro et du RER.

Quelques langues perverses diront qu’il devrait tirer profit de cette beauté.

Les deux fois par jour où je le croise, juste avant de m’engouffrer sous terre, une sensation étrange m’envahit.

Un regret, une curiosité malsaine, je ne sais.

Je ressens un frémissement de larve de papillon lorsque son regard croise le mien, lorsqu’il me demande une pièce la main tendue vers moi, ou lorsqu’il mime le geste de fumer pour me quémander une cigarette. J’ai honte de me dire que je suis au sommet de cette perversité capitaliste puisque je juge mon intérêt, ou même un certain désir, dirigé vers un maillon faible de la chaîne sociale. C’est quand même un être humain de mon âge, pourquoi cela me dérange? Son statut social le déshumanise tant que ça? Notre première date serait certainement un peu compliquée et non approuvée par mes parents.

Mais, plus qu’autrement, cette idée m’amuse et je m’imagine des scénarios romantiques où nous aurions notre premier rendez-vous à la soupe populaire. Probablement comme les dizaines de jeunes femmes qui sursautent en le voyant chaque matin leur sourire de ses dents droites, blanches, le regard perçant, le teint parfait, tendant la main pour une petite pièce ou un ticket de restaurant.

Ce jour-là, je m’arrête, une cigarette au bout des doigts, je la lui tends :

– C’est pour toi.

– Thank you, mééci!

– Oh! Tu parles français?

– (Me pointant) France?

– Non! Ne m’appelez plus jamais France! (Je ris, en chantant…) You?

– You… France?

– Québec.

– K-bec! (Trouve ça drôle, apparemment!)

– Canada!

– Canada! Snow! Cold! Wow!

– Well, a lot. Bye! Have a nice wonderful sunny day!

– Thanks miss! Bye!

Je reprends ma route remontant aux pieds de l’Arc-de-Triomphe.

***

Un peu avant mon retour pour Saint-Roch, je suis repassée souvent par ce couloir du métro.

Un matin, il n’y était plus.

À sa place, une grande flaque d’eau…

J’espérais que le réveil n’ait pas été trop brutal.

Qu’on l’ait laissé se lever avant de l’asperger avec les boyaux ou les sceaux en guise d’expulsion.

***

Depuis mon retour, je repense parfois à lui…

Lorsque je vois une main tendue vers moi, ou que j’entends un timide « une tite piasse svp ».

Chaque fois que je vois un homme sapé comme un pape dans un costar à 1000 balles refuser un Itinéraire à 4 piasses…

Entre les froides rues Saint-Joseph et du Pont, quand la glace tombe des toits…

Je repense au soleil qui émanait de la peau du prince du couloir Wagram.

Aujourd’hui, il fait -40.

On annonce l’ouverture de plus de lits d’urgence à l’Auberivière.

 

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