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La revengeance des duchesses

Vieux-Limoilou

La duchesse qui fait du riz

Ma mère était incapable de faire du riz, elle l’a répété toute mon enfance et j’ai aucun souvenir d’en avoir mangé à ce moment-là. Un moment donné elle s’est acheté un cuiseur à riz, et elle le manquait encore un peu, mais au moins on a commencé à en manger. Ma voisine faisait le meilleur riz au monde et des fois elle nous en donnait. Quand je voyais la réaction de ma mère, tout impressionnée et attendrie par cette attention, j’avais juste en tête que pour faire du riz, ça prenait un don.

Je suis partie en appartement et je refusais d’en faire. Je me disais que de toute façon je le manquerais et que je préférais manger quelque chose de bon, tsé. À ma fête, ma sœur m’a donné cette fameuse machine cuiseuse de riz. On venait de me confirmer toute la complexité que la cuisson du riz devait avoir. Je l’ai essayée une fois et mon riz était dégueulasse. J’ai laissé tomber.

Dernièrement, après quelques années en appartement, j’ai décidé d’essayer de faire du riz, dans une casserole comme tout le monde. J’ai réussi. Je me suis rendu compte que peut-être qu’il fallait que je commence à arrêter d’avoir peur d’essayer de nouvelles choses.

Ça fait environ trois ans qu’à chaque année, quand je vois que la Revengeance est en recrutement de nouvelles candidatures, j’ai une énorme envie de me présenter, mais une petite voix dans ma tête me dit que j’ai rien à faire là. Je pense que je ne suis pas assez intéressant∙e, que ça demande trop d’énergie.

Cette année, à peu près au même moment où j’ai fait mon premier riz, j’étais dans un mood où j’avais besoin d’aventure, de me dépasser et surtout de donner, donc je me suis dit « eille fuck off je me lance et il arrivera ce qu’il arrivera ». Et voilà, j’ai reçu un courriel, que j’ai lu un dimanche soir à 22 h, comme quoi j’étais accepté∙e, et j’ai pas dormi de la nuit parce que j’étais bin trop énervé∙e.

Je me suis impressionné∙e cette fois-là et depuis j’ai eu une grosse réflexion avec moi-même. Je me suis rendu compte que ce n’était pas la première fois que je remettais des projets à plus tard, par manque d’énergie, de confiance et par paresse. Mais j’ai voulu fouiller plus loin et comprendre pourquoi je faisais ça.

J’ai trouvé la réponse il y a pas longtemps. Je refuse de commencer des projets parce que j’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur, d’échouer. Par contre, je me rends aussi compte que c’est encore pire de rien entreprendre pantoute que d’essayer quelque chose de nouveau et de se tromper quelque part.

C’est ce qu’être duchesse m’a enseigné, que si j’essayais pas j’allais rien avoir. Pi avec ça, bin je me suis rendu compte que j’étais capable de bien plus que ce que je pensais.

Feck aujourd’hui, je suis duchesse, pi je reprends mille et un projets que je laissais de côté depuis trop longtemps. J’ai commencé à dessiner, j’essaie de jouer de la guitare, j’ai décidé de faire une demande d’admission pour une maîtrise pi j’ai décidé que ça allait être dans une autre ville. Pi je mange du riz bin plus souvent.

Le rituel pour faire rayonner son quartier

Qui n’a jamais ressenti une mauvaise énergie dans son quartier? Terminé, ce sentiment qui vous empêche d’aller prendre une bonne marche au soleil! Je vous propose ce petit rituel qui permettra de faire fuir les mauvaises énergies et reconnecter avec votre quartier. Je ne garantis pas qu’il y aura moins de bonhommes cochons assis sur le banc au coin de la rue, mais peut-être que cette fois-ci, ils ne vous parleront même pas! Rappelez-vous que tout le matériel est facultatif, l’important c’est votre propre énergie que vous mettrez dans le rituel. Une sorcière ne se définit pas par le nombre de bébelles qu’elle détient, mais par la force qu’elle possède en elle-même.

Photo pris en fin de journée, où on voit à gauche des arbres sans feuilles et à droit un bout d'immeuble à logements du Vieux-Limoilou et un clocher.

Photo : Fre

Vous aurez besoin de :

  • Sauge séchée (prenez-la à l’épicerie, ça devrait faire).
  • Un bol résistant au feu.
  • Une chandelle verte pour manifester l’équilibre avec votre voisinage, ou blanche si c’est plus simple pour vous.
  • Un quartz rose pour apporter le calme, l’amour et la confiance.

Pour débuter le rituel, mettez-vous face au nord.

Tracez un cercle avec votre doigt tout autour de l’espace que vous utiliserez pour créer votre cercle magique.

Placez le quartz devant vous et allumez la chandelle en vous concentrant sur votre intention.

Fixez la flamme en pensant à votre quartier, ses rues, bâtisses, parcs. Pensez à vos voisins, aux inconnus que vous croisez souvent, aux commerçants. Concentrez-vous sur les émotions que ces pensées vous font vivre.

Au moment d’éteindre la chandelle, faites sortir toutes les émotions négatives que vous avez accumulées par rapport à votre quartier. Éteignez la flamme à l’aide de vos doigts humectés de salive.

 

Prenez le quartz avec vous, la sauge et le bol résistant au feu et sortez à l’extérieur ou sur votre balcon.

Faites brûler la sauge en soufflant sur la fumée pour la diriger vers votre quartier et ainsi le purifier.

 

(Attention, la suite du rituel s’adresse aux initié∙e∙s.)

Rendez-vous dans la rue et soufflez la fumée de la sauge sur les passant∙e∙s.

Dites-leur : « Nous sommes solidaires » et/ou « Nous sommes uni∙e∙s ».

Faites-leur tenir le quartz et criez : « NOUS SOMMES FORT∙E∙S »

 

Clore le rituel en rentrant chez vous, satisfait∙e, et profitez dans les jours qui suivent de votre quartier, maintenant soudé et apaisé.

Entretien avec René, propriétaire de chez Lolita

C’est en marchant avec Émilie Rioux, duchesse de Limoilou 2015, que j’ai dévoilé mon lien familial avec le magasin Lolita ltée. Elle n’en revenait pas que certains magasins, comme celui-là, réussissent à avoir une si grande longévité.
« C’est mon père! », que je lui ai répondu, plein de fierté.

Photo de nuit de la vitrine de la boutique Lolita, où on voit l'enseigne au néon.

Photo : Fre

Bon, non seulement c’est mon père qui en est propriétaire, mais c’est aussi une boutique qui se trouve dans le quartier depuis presque 40 ans. C’est le premier lien que j’ai eu avec le Vieux-Limoilou et plusieurs souvenirs d’enfance y sont associés. Pour moi, c’est aussi l’image parfaite de mon quartier, parce que chaque fois que je rends visite à mon père durant ses heures de travail, il jase avec des résidents du quartier, qu’il connait depuis si longtemps. On s’y arrête pour acheter des bas ou discuter le temps d’un café!

René nous parle donc ici de l’histoire du quartier et des changements qu’il a pu y observer depuis les 39 ans qu’il y travaille.

Vieux-Limoilou, je t’embourgeoise

J’ai fait des études en travail social et je travaille avec les personnes défavorisées. Je me plais très bien à dénoncer la gentrification qui s’effectue dans nos quartiers centraux de la ville de Québec. Des heures à en discuter entre ami∙e∙s, tous∙tes issu∙e∙s des mêmes études et de la même classe que moi, ou presque. Je m’offusque qu’on tasse plus loin, comme des vidanges, les gens vivant de la pauvreté, entre autres parce que j’en vois directement les conséquences dans mon métier. On ne leur laisse plus le choix que de quitter vers d’autres quartiers sans ressources, où survivre est d’autant plus difficile. Je suis la première personne à pointer du doigt le nouveau resto chic et le café trop cher qui s’installe dans mon quartier et qui invisibilise davantage la pauvreté qui est vécue au même endroit.

Je pointe du doigt ce café, mais j’aime quand même m’y rendre pour travailler un peu autour de ma boisson chaude que j’ai payée 6 $. Je me suis quand même installé dans un super appartement, à côté de mes voisins qui semblent avoir le 3 et demi le plus crasse du quartier. Je suis maintenant fièrement résident∙e du Vieux-Limoilou, avec toutes mes capacités et ressources qui clashent complètement avec cet environnement qui était tout à fait autre chose il y a seulement cinq ans. Je fais mon jardin sur mon balcon, avec des bacs magnifiques dont je prends soin, et, en arrosant mes légumes, je vois une femme fouiller dans mes poubelles pour trouver des canettes. Je me plais à aller voir un spectacle avec toutes les autres personnes de mon âge et les nouvelles familles à la place Limouloise. Je profite de la vie de quartier haute en couleur et j’oublie durant cet instant toutes les personnes que je mets à la porte au même moment.

Je suis probablement la bourgeoisie-bohème dont j’aime tant me moquer. Je ne suis que contradiction. J’adore mon quartier dans toute sa splendeur, mais j’aimerais que mes voisin∙e∙s fréquentant les banques alimentaires l’aiment autant que moi. Vieux-Limoilou, je t’embourgeoise et je me sens mal.

Photo où on voit dans le bas une série d'immeubles du Vieux-Limoilou, et dans le haut un ciel de jour partiellement nuageux

Photo : Fre

Protection de l’hiver

Vieux-Limoilou, je t’aime d’amour. Tu es un quartier formidable, avec tes appartements côte-à-côte cachés par des arbres, tes ruelles à découvrir en croyant prendre un raccourci, tes petites boutiques dans lesquelles on se sent si bien accueilli.

Par contre, Vieux-Limoilou, tu dois avouer que tes hommes sont tannants. Surtout l’été. Tes hommes sont tannants quand ils me dévisagent avec un sourire pervers parce que j’ai eu l’audace de mettre des shorts à 30 °C. Ils sont tannants quand j’attends à la lumière rouge à vélo et qu’ils me disent « fais attention, ce serait dommage de gâcher une belle *femme* comme toé ». Ils sont tannants quand je m’installe au parc et qu’ils s’assoient tout près juste pour pouvoir me jeter un coup d’œil continuel, pendant que j’essaie de lire un livre. Ils sont tannants quand je reviens en soirée et que bien saouls ils essaient carrément de savoir où j’habite.

Et puis maintenant, c’est l’hiver et j’ai la paix. Mes pantalons longs et mon manteau me protègent de vos regards vicieux. J’ai tout de même une étincelle de panique qui se fait ressentir quand je repense aux journées chaudes où je devrai vous réaffronter.

Vieux-Limoilou, tu as tellement de qualités, mais le sexisme fait encore partie de toi.

Entrevue avec Alexys, partie 2 : Discussion entre deux personnes non binaires

Il est très important de connaître les termes et les concepts associés aux personnes non binaires puisque c’est la base pour comprendre leur réalité, mais, clairement, je pense que ce n’est pas suffisant pour bien saisir au quotidien ce que ces personnes vivent.

Alors voici la suite de notre conversation qui touche davantage notre vie personnelle.

 

Fre : Comment te présentes-tu aux autres?

Alexys : Ça va toujours dépendre des contextes. Si c’est des gens que je respecte beaucoup, que je sais que je vais côtoyer souvent et que je me sens en sécurité de le faire, je vais me présenter comme « Alexys » et dire que mon pronom préféré c’est « iel » ou qu’on peut alterner entre « il » et « elle ». Je vais dire que je suis une personne non binaire, il n’y aura aucun problème. Même chose avec des personnes que je ne vais jamais revoir ou pour qui j’ai peu d’intérêt, c’est les deux extrêmes. Les personnes qui sont plus des connaissances, ami∙e∙s d’ami∙e∙s, ça me dérange moins qu’elles me mégenrent parce que je ne les reverrai pas vraiment. Tout dépend aussi de quel milieu ces personnes proviennent. Si elles viennent de mon cercle d’ami∙e∙s principalement trans ou allié∙e∙s, je vais faire ma présentation complète et je n’aurai pas de limite à comment je me présente.

Dans d’autres milieux, comme présentement où je travaille, pour eux je suis une fille qui travaille dans une shop. Je leur dis quand même que j’ai parti Divergenres, que je suis en processus de changement de nom, mais ils font pas de lien… c’est très drôle! Je vais peut-être leur dire plus tard mais je m’en fous un peu, on n’a pas plus d’affinités que ça.

Sinon, je me présente en disant : « Salut c’est quoi ton nom et tes pronoms », alors là, ça amène de belles discussions et ils vont souvent me le demander en retour. Ça met la table!

Meme où on voit un chat regardant un sac de popcorn vide. À côté du chat, le mot "moi", à côté du sac de popcorn, l'expression "le pronom que je préfère".

Fre : Moi ça vient souvent avec mon nom. Je vais dire que je m’appelle Fre et habituellement ils ne comprennent pas ou ils vont me demander mon vrai nom. Et ça commence la discussion à ce moment, où ils demandent d’où vient mon nom, pourquoi mes parents m’ont appelé comme ça et je leur dit que je l’ai choisi moi-même. Après c’est comme toi, selon qui est devant moi, je vais dire que je l’ai choisi parce que c’est plus androgyne et je vais en profiter pour dire que j’utilise le pronom « iel ». Mais quand même, je ne le dis pas souvent, même avec des gens en qui j’ai confiance, souvent j’attends qu’ils s’en rendent compte par eux-mêmes avec les tournures de phrases que j’utilise, mais ce n’est pas nécessairement tout le temps bon. Je devrais avoir le réflexe de me présenter automatiquement comme ça, ça me faciliterait souvent la vie. Seulement, je pense que les personnes cisgenres n’ont jamais ce coming out là à faire et j’ai pas toujours envie de le faire moi non plus.

Fre : Reprends-tu les gens qui te mégenrent?

Alexys : Moi j’accepte le « elle » et le « il », mais si j’avais à en choisir un ce serait « iel ». Mais les personnes cisgenres trouvent difficile d’utiliser le « iel » et les accords neutres, donc pour leur faciliter la vie, les personnes non binaires vont souvent accepter d’utiliser le « il » et le « elle » en alternance. C’est vraiment pour faciliter la vie des personnes cisgenres, parce que sinon toutes les personnes non binaires que je connais ne l’accepteraient pas nécessairement. Moi je me promène entre le « il » et le « elle », donc pour moi me faire mégenrer c’est d’utiliser à outrance le « elle ». Me faire dire « Madame », ça ne me dérange pas tout le temps, mais c’est vrai que des fois ça devient lourd, ça ne me tente pas.

Fre : Oui, moi aussi c’est un peu ça. Les gens me demandent par exemple comment utiliser les adjectifs, donc je leur dis que j’aimerais qu’ils fassent l’effort de trouver des mots neutres, mais c’est vrai qu’en français ce n’est pas toujours évident, donc j’accepte qu’ils alternent entre le féminin et le masculin. Et je me mégenre moi-même souvent donc je ne peux pas demander aux autres d’être impeccables!

Alexys : « Il » ou « elle » pour toi, est-ce que c’est mégenrer?

Fre : Non, je dirais que c’est surtout quand c’est avec quelqu’un que je côtoie souvent et qui est au courant de mon identité et que cette personne utilise uniquement le « elle » que je vais me sentir mégenré. Mais je me sens toujours un peu imposteur moi-même en alternant les adjectifs féminins et masculins pour parler de moi, parce qu’après, j’ai toujours la réflexion de : « Ok je viens d’utiliser un adjectif féminin, pourquoi? Est-ce que la personne devant moi va croire que c’est correct de seulement utiliser le féminin? » Et le contraire aussi : « C’est un adjectif masculin, mais la personne va saisir ça comment? » J’ai toujours une réflexion constante sur les mots que j’utilise et ça devient lourd, donc définitivement il faut plus de mots neutres!

Photo d'un chat surmontée du texte suivant : "Personne random à l'épicerie : Bonjour, Madame, voulez-vous un sac Madame? Bonne journée Madame! Moi : [photo du chat contrarié]]

Source : Fre

Alexys : Moi je peux me genrer dans trois phrases différentes de trois façons différentes ou dire « il est belle »… Je fuck le chien! Des fois la personne est un peu mystifiée par ça et c’est une façon que j’utilise pour dire que je suis non-binaire et que c’est normal. Et ça amène ensuite parfois à de vraiment belles discussions.

Fre : Je dirais que ça me fait vraiment plaisir même quand les gens posent des questions parce que trop souvent je trouve qu’ils n’osent pas en poser, par malaise ou par gêne, et ensuite ils vont se tromper. Mais moi je me dis toujours : « Pose-les tes questions! Ça me fera plaisir de te répondre! »

Alexys : Oui, même que souvent je leur dis « profites-en pour te pratiquer si tu veux, ça va me faire plaisir et profites-en pour apprendre et j’aurai aucun malaise avec ça ». Les gens pensent qu’on veut qu’ils parlent parfaitement à l’inclusif dès le départ, mais on sait bien que ce n’est pas évident, nous-mêmes on est en apprentissage.

Fre : Exactement. Sur un autre sujet, comment tu vis ta dysphorie?

Alexys : Quand je me fais genrer au masculin j’ai un gros sourire dans la face et ce n’est pas parce que je me sens plus homme que femme dans ma non-binarité, c’est juste que me faire genrer autrement que femme m’amène à être vraiment content, ça fait changement. Il y en a qui ont de gros problèmes au niveau des seins et vont utiliser des « binders » pour aplatir la poitrine, moi personnellement ça ne me dérange pas tant que ça. Au niveau du look je suis plus masculin depuis mon coming out, mais ça ne m’empêche pas d’être féminin aussi des fois. Il y a aussi la voix qui est l’extension de notre corps et ça concerne aussi la dysphorie. Moi ma voix je ne la trouve pas si pire, mais quand je ris c’est plus aigu et quand j’éclate de rire ça m’empêche après d’avoir du fun parce que je focus juste là-dessus. J’ai aussi changé mon nom, parce qu’à partir du moment où quelqu’un disait mon nom donné à la naissance, je me sentais comme imposteur.

Fre : Oui le nom joue beaucoup, mais c’est aussi entre autres pour ça que je me suis rasé les cheveux. J’avais besoin d’être plus androgyne d’une part, mais c’est aussi ce qui m’a donné plus de confiance pour faire mon coming out. En même temps, aujourd’hui j’y repense, et je ne regrette rien, j’adore mes cheveux, mais ça me fâche d’avoir dû faire ce geste là pour me sentir légitime d’être non-binaire. Comme si les personnes non binaires devaient absolument être androgynes, mais c’est complètement faux. Tu es une personne non binaire à part entière même si tu es plus féminine ou plus masculine.

Texte : "Une personne non-conforme de genre marchant avec assurance. Moi : [image d'un chat qui dit "wow"]]

Source : Fre

Fre : Quels préjugés t’énervent vraiment?

Alexys : Lâchez-moi le « on n’est pas branché∙e∙s »! C’est un peu comme les préjugés sur les bisexuel∙le∙s, on sait très bien ce qu’on est, il ne reste que vous à comprendre. Paf! On vient d’en éliminer un! Mais sérieusement, prenez le temps d’aller jaser, poser des questions pour confirmer ou pas ce que vous croyez savoir. Faites vos devoirs! Oui, les personnes trans sont là pour vous informer, mais ce n’est pas notre travail et ça ne nous tente pas toujours d’en jaser pendant deux heures. Ça fait du bien de savoir que les gens autour de nous s’éduquent et viennent nous en parler après. Ça donne tellement plus le gout de donner de l’énergie à en parler avec les autres ensuite.

Image d'un chat fâché avec le texte "Quand quelqu'un dit qu'être non-binaire c'est une mode"Fre : Moi ce qui m’énerve, c’est celleux qui pensent que c’est une mode. Ça a toujours existé! Seulement, on découvre des choses, on y met des mots et on en parle plus. Les gens sont de plus en plus au courant et se sentent interpellés, ils peuvent mettre des mots sur ce qu’ils vivent depuis longtemps. L’ouverture des autres permet juste aux gens d’être eux-mêmes, sans avoir peur. Et c’est une belle chose! Les gens se sentent simplement plus à l’aise d’être qui ils sont au grand jour.

Fre : Une question qu’on ne te pose jamais, mais que tu aimerais te faire poser?

Alexys : « Qu’est-ce que je peux faire de plus pour rendre ton quotidien plaisant? » C’est rare que ça arrive et c’est toujours nous qui faisons tout le travail, donc se faire poser cette question par une personne cisgenre, c’est non seulement sentir son ouverture, mais aussi se faire servir sur un plateau d’argent son aide. Et c’est bon pour n’importe quelle minorité! C’est une question qui montre beaucoup d’ouverture.

Fre : Tout à fait! Je me souviens quand j’ai fait mon coming out à ma meilleure amie, c’était la deuxième personne à qui j’en parlais officiellement et j’étais tout stressé, je ne voulais pas rendre les gens mal a l’aise, donc je lui avais dit que si elle se trompait ce n’était pas grave du tout. Elle m’avait juste répondu que si elle se trompait c’était à elle d’être mal à l’aise, que c’était son problème et pas le mien, que je vivais déjà assez de malaise comme ça. Ça m’a tellement fait du bien! J’ai encore sa phrase dans la tête, et aujourd’hui je me dis que les malaises des autres ne m’appartiennent plus, gérez ça vous-même! Bienvenue en 2019!

Fre : Quel serait ton souhait pour l’année en ce qui concerne les luttes LGBTQ+?

Alexys : Plus d’ouverture et de responsabilisation de la part des gens. Qu’ils prennent conscience de leur privilège. De ne pas juste se dire que ça ne les concerne pas, parce que ce n’est pas vrai. Tout le monde peut faire beaucoup pour aider ces gens-là au quotidien. Quand vous entendez quelque chose, une joke transphobe ou homophobe, réagissez! Ça aidera à donner plus d’espace aux personnes LGBTQ+.

Texte : "Collègue : fait un joke transphobe." Photo de chat insulté qui dit "pardon?"Encore un énorme merci à Alexys Guay. Ça fait toujours du bien d’échanger sur notre vécu avec quelqu’un qui nous comprend, spécialement quand on fait partie d’une minorité de la population! Et en espérant que cette lecture vous aura appris des choses, vous permettra d’être plus à l’aise ou carrément vous amènera d’autres questions sur lesquelles vous irez faire des recherches!

Entrevue avec Alexys, partie 1 : Être non-binaire, c’est quoi?

Source : Fre

Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler de la communauté LGBTQ, mais j’ai l’impression qu’on ne parle pas suffisamment du + qui vient souvent après le sigle. Quand je dis aux gens que je suis non-binaire, c’est souvent une grosse confusion qui se lit sur leur visage. Non-bi-quoi?

J’ai donc rencontré Alexys Guay pour m’aider à démystifier un peu mieux pour vous ce que c’est qu’être non-binaire.

Alexys a 31 ans, est une personne non binaire et iel a démarré l’organisme Divergenres qui fait principalement de l’éducation populaire et de la démystification au sujet de la pluralité des genres ainsi que de l’accompagnement et de la formation.

C’est quoi être non-binaire?

Alexys : D’abord, être binaire, c’est être un homme ou une femme et c’est souvent le genre qui est assigné à la naissance. Être non-binaire, c’est donc de sortir de ces deux genres-là pour aller dans autre chose. Quand on dit « non-binaire », c’est de ne pas s’identifier exclusivement à un ou à l’autre ou même à aucun des deux.

Il y a aussi le terme « cisgenre » qui fait référence à une personne trouvant que son genre assigné à la naissance correspond au genre ressenti. Si on trouve que ça ne correspond pas, on est par définition une personne transgenre. Les personnes non binaires font donc partie des personnes transgenres, car « transgenre » est un terme parapluie qui inclut la binarité et la non-binarité. Et dans la non-binarité, il y a plein de possibilités.

Petit schéma pour faciliter la compréhension de ces propos!

Source : Fre

Peux-tu nous expliquer la dysphorie de genre?

Alexys : C’est un sentiment de détresse intense qui va être vécu principalement sur le plan psychologique, mais peut être causé par quelque chose de psychologique, physique ou social. Quand on parle du social, c’est surtout amené de l’extérieur, par exemple se faire appeler « Monsieur » ou « Madame ». Au niveau physique, ce sera par exemple se dire : « Aujourd’hui je vis de la dysphorie à cause de mes hanches, mes seins… J’aimerais ne pas en avoir. » Et le psychologique, c’est vraiment au niveau de la socialisation, par exemple, dernièrement, c’était les partys des fêtes et il y a les fameux stéréotypes des femmes dans la cuisine et les hommes dans le salon. Donc on y trouve le discours que tu ne peux pas gérer, mais qui t’associe automatiquement à une femme.

Peux-tu nous définir ce qu’est de mégenrer quelqu’un?

Alexys : Mégenrer, c’est d’utiliser un genre qui ne correspond pas à la personne dont il est question. Par exemple de parler en disant « elle » à quelqu’un qui s’identifie comme un homme.

 

Merci à Alexys qui explique si bien ces concepts qu’on croit parfois trop compliqués.

Ces définitions vous font mourir d’envie d’en savoir plus? La deuxième partie vous comblera (ou presque) avec une discussion entre Alexys et moi qui permettra de se mettre, l’instant de quelques lignes, dans la peau d’une personne non binaire.

Ressources disponibles pour personnes en questionnement, voulant s’informer ou rencontrer d’autres personnes LGBTQ+ :

Drapeau non binaire (jaune, blanc, violet, noir)

Source : Wikipédia

Divergenres
https://divergenres.wordpress.com/

L’Accès du GRIS-Québec
https://grisquebec.org/lacces/

Aide aux trans du Québec
https://atq1980.org/

 

Passion Vieux-Limoilou

J’ai habité dans quelques quartiers centraux de la ville de Québec, mais jamais je n’ai vécu d’amour aussi profond que je le vis avec le Vieux-Limoilou. Tannée du gris/brun constant dans le décor et de pouvoir regarder la télé en jetant un coup d’œil chez mon voisin d’en face, j’ai enfin trouvé l’environnement parfait. Dans le Vieux-Limoilou, il y a des arbres. Non, je ne suis pas une personne de campagne, il me faut la folie de la ville pour me rassurer. En revanche, les arbres sont l’élément idéal pour mon bien-être. En plus d’être jolis, ils vous font un peu d’ombre quand vous marchez dans les rues. Celui donnant sur la fenêtre de ma chambre fait le plus beau des contrastes avec la lueur de la lune, tandis que celui de mon voisin envoie des centaines d’hélicoptères dans mes plantes et permettrait d’y faire pousser une forêt entière, en pot.

Photo où on voit des immeubles et des arbres du Vieux-Limoilou

Photo : Fre

Les arbres ont été l’élément déclencheur pour m’y faire emménager, mais un coup installée, j’y ai découvert les ruelles. Autant un raccourci qu’un lieu de rencontre, y marcher me donne l’impression de faire partie de la communauté. Il faut quand même que j’avoue être très jaloux des ruelles vertes et aménagées pour ses résident∙e∙s. J’ai clairement une campagne à commencer avec mes voisins pour du changement.

Photo : Fre

Le comble du Vieux-Limoilou, parmi ces arbres et ruelles, ce sont les chats qui s’y trouvent partout. Dans ma ruelle, il y a les sept habitués, dont le plus beau chat que j’ai vu de toute ma vie (j’ai déjà été en retard au travail par faute de l’avoir contemplé trop longtemps, ça ne veut pas dire qu’il est beau ça?). Outre ces sept chats que je commence à bien connaître, chaque marche dans le quartier m’en fait rencontrer de nouveaux. Qu’ils se dandinent par terre pour se faire flatter la bédaine ou qu’ils se sauvent en courant dès qu’ils entendent mes pas, mon cœur se remplit d’un peu plus de bonheur à chaque fois.

Photo : Fre

Le Vieux-Limoilou m’a permis de me découvrir donc trois nouvelles passions : les arbres, les ruelles et les chats. Et savez-vous ce que la plus belle ruelle du Vieux-Limoilou cache? Ces trois éléments : la ruelle en soi, des arbres et de la verdure qui vous font croire être dans le parc national de la Jacques-Cartier et des chats couchés sur de vieux divans n’ayant pas été bougés depuis certainement dix ans. Je vous le dis, c’est mon havre de paix.

Horoscope royal

Cet horoscope royal est bon pour la durée complète de la Revengeance des duchesses, c’est-à-dire du 1er au 15 février. Ce sera un début de mois de février très dynamique où chacun∙e aura l’occasion de briller. Le climat cosmique est favorable aux nouvelles initiatives et la chance sourit à tous∙tes (ou presque). Ce sera une période intense et festive, mais Mars en Taureau viendra faire tomber tout ce stress dès le 15 février.

Les astres ne pouvaient pas être plus en correspondance avec la durée de la Revengeance. Une coïncidence? Je ne crois pas.

Je ne veux pas vous gâcher le party, mais la Revengeance des duchesses n’aura plus aucune intrigue pour vous quand vous aurez lu cet horoscope. Sera-t-il possible d’y deviner la reine? Les paris sont commencés.

 

Symbole du CapricorneCapricorne
Du 22 décembre au 20 janvier

C’est chaud en ce début de mois pour les Capricornes, car Vénus vous fait rayonner. Votre confiance en vous se fait sentir et séduit quiconque pose le regard sur vous. De nouveaux projets vous amènent une joie de vivre, mais attention, ce sera peut-être un mauvais départ. Par exemple, vous vous êtes peut-être enfin décidé∙e à faire votre propre kombucha, mais finalement il ne sera pas buvable… Bref, profitez-en parce que vous avez une belle énergie et ce ne sera peut-être plus le cas en fin de mois…

 

Symbole du VerseauVerseau
Du 21 janvier au 19 février

Le mois commencera raide pour les Verseaux, car ce sera plutôt instable jusqu’au 11 février. Ce début de mois annonce une vie affective qui évolue rapido-presto, faites donc attention de ne pas vous oublier durant ces jours passionnés. Le 4 février, lors de la nouvelle lune, ce sera votre moment de gloire. Sortez les paillettes et allez danser! Il y aura ensuite un retour vers la stabilité à la mi-février qui permettra un retour sur soi plus clair, mais d’ici là, pour vrai, prenez du temps pour vous, ça peut juste faire du bien.

 

PoissonSymbole du Poisson
Du 20 février au 20 mars

Entre le 3 et le 12, vos proches vont vous soutenir comme jamais! C’est le moment parfait pour avancer vos projets, vous aurez l’énergie pour. Écoutez votre intuition, elle ne vous amènera que du positif. Par contre, Mars en Taureau vous rappelle qu’il faut calmer le stress ce mois-ci. C’est bien beau les projets, mais faut pas oublier d’avoir une bonne hygiène de vie. Petit truc facile : trainez-vous une bouteille d’eau (réutilisable) pour ne pas oublier de bien vous hydrater!

 

Symbole du BélierBélier
Du 21 mars au 20 avril

 Clin d’œil à Andréanne Fémini-Bof d’Orléans

Vénus se fait sentir en ce début de mois, car vous avez un charme de ouf! Vos ambitions sont à leur apogée et Jupiter vous offre tout ce qu’il faut pour réussir dans tous les domaines. En plus de tout ça, avec les énergies du Verseau, ce sera le moment idéal pour développer des partenariats. Ce sera un mois où vous n’aurez pas trop le temps de réfléchir à ce qui se passe, mais comme on dit : « go with the flow » et vous dormirez le mois prochain.

 

Symbole du TaureauTaureau
Du 21 avril au 20 mai

Cher Taureau, l’amour est dans l’air dès le 1er février! C’est un mois où il fera bon rêver, mais également agir. Ce début de mois de février vous sera le moment idéal pour oser. Pourquoi ne pas réactiver son profil Tinder? Mais il faut garder en tête l’importance du consentement, parce que votre impatience peut parfois faire peur à votre entourage. Sans oui, c’est non! Sur ce, profitez de ce surplus d’énergie, car après la mi-février, Mars en Taureau fera ralentir vos ardeurs…

 

Symbole du GémeauxGémeaux
Du 21 mai au 21 juin

Ce mois-ci, il sera important de canaliser votre énergie sur vous-même. Limitez les excès et la recherche d’attention, c’est le moment de la jouer plus incognito. Ce sera un mois plutôt stressant et Mars en Taureau ne cessera de vous le rappeler. Contrez les effets négatifs en utilisant votre charme sur votre entourage. Certain∙e∙s apprécient votre vision du monde et vous suivront dans vos projets les plus fous. Probablement le moment idéal pour partir une secte, mais je ne prends aucune responsabilité là-dessus.

 

CancerSymbole du Cancer
Du 22 juin au 22 juillet

Clin d’œil à Mélissa Roch-City et à Joëlle de Limoilou

Février a un climat astral très créatif à vous offrir. Plusieurs projets vous trottant dans la tête depuis un moment pourraient se concrétiser. Une vie sociale intense s’annonce à l’horizon, mais Mars en Taureau vous apportera un équilibre qui vous permettra de gérer le tout comme sur des roulettes. Vénus et Mars vous chuchoteront à l’oreille des mots doux qui vous donneront envie de resserrer les liens avec un être cher. Il fait peut-être frette en février, mais clairement pas chez vous!

 

Symbole du LionLion
Du 23 juillet au 22 août

De nouvelles rencontres se pointent le bout du nez, mais vous avez besoin d’y mettre un frein, de prendre du recul. Ce sera un début de mois plein de bonne volonté… mais bon, bel effort. C’est juste pas le bon moment pour se lancer dans de gros projets. Mars en Taureau va vous obliger à la modération à la mi-février de toute façon si vous ne le faites pas tout de suite. Fait que slaquez la patate et attendez que les astres s’alignent mieux pour vous.

 

ViergeSymbole de la Vierge
Du 23 août au 22 septembre

Clin d’œil à Hélène de Saint-Jambe

Attention, les Vierges « are in the house » en ce début de février. Votre aura et votre charme en font fondre plus d’un∙e! Vous utilisez vos atouts à bon escient et tout ce que vous entreprendrez sera acclamé. Ce sera tout de même un début de mois un peu stressant, mais Mars en Taureau vous apaisera dès le 15 février, donc d’ici là, profitez-en, vous avez un bon karma!

 

Symbole de la BalanceBalance
Du 23 septembre au 22 octobre

Clin d’œil à Andréanne Virgule duchesse de Lévis

Des rencontres hautes en couleur vous attendent, ami∙e∙s Balances. Vénus et Saturne vous accompagneront pour rendre ces contacts d’autant plus exaltants. C’est plus précisément votre humour qui permettra la création de nouveaux partenariats. Ce sera par contre un mois très épuisant, n’oubliez pas de prendre soin de vous. Une petite virée à la pharmacie pour acheter des chandelles et un masque pour le visage? Ça pourrait vous faire du bien. Et n’hésitez pas à en parler à une personne de confiance.

 

Symbole du ScorpionScorpion
Du 23 octobre au 22 novembre

Clin d’œil à Myriam de Saint-Sauveur et à moi-même, Fre du Vieux-Limoilou

Vénus est très présente dans votre signe, chers Scorpions, elle vous apporte conciliance et bienveillance. Votre cote de popularité montera en flèche au début du mois de février, mais il ne faudra pas oublier vos proches. La nouvelle lune du 4 février sera l’occasion idéale de se lier avec ses êtres chers. Un stress vous sera transmis par Mercure en Verseau, mais le plus efficace sera de vous en débarrasser en étant dans l’action. #YOLO, vous gèrerez les conséquences plus tard!

 

Symbole du SagittaireSagittaire
Du 23 novembre au 21 décembre

Vous êtes extrêmement dynamique en ce début de mois. Entre le 3 et le 12, ce sera un moment propice pour découvrir un nouveau don qui sommeille en vous. Commencer le ski? Le hula-hoop? Partir un band hommage aux Colocs? Rien ne vous arrête. La nouvelle lune en Verseau vous obligera à faire des choix, mais attention, défendre vos idées sans compromis pourrait occasionner des conflits. Ne soyez pas trop égoïste!

 

Un énorme merci à Marika Rodrigue-Bergeron, qui m’a apporté beaucoup d’aide pour ce billet, ainsi que beaucoup d’énergie positive et magique.

Images : Fre, duchesse du Vieux-Limoilou

Bio

Fre est une sorcière de salon, c’est-à-dire que ses activités ésotériques se limitent à dire à ses ami·e·s leur horoscope et à mettre ses cristaux au soleil. Iel est une personne non binaire, ce qui ne change pas grand-chose à sa vie, à part avoir un sujet de conversation lors d’une première rencontre avec iel. Social justice warrior dans l’âme, iel aime s’impliquer (et chialer) pour qu’on vive juste dans un monde meilleur.

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