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La revengeance des duchesses

Duchesse de ville, duchesse de campagne

Émilie Rioux, duchesse de Limoilou 2015

J’habite Limoilou comme on habite un village. Un petit village de région, où 400 quelques personnages, ayant à la fois tous les âges, se croisent dans les mêmes rues, entre deux allées d’épicerie, entre deux coups de pelle pour ouvrir leur cour enneigée. Ça prend des nouvelles de tout un chacun, ça potine, ça commère, ça s’aime ou ça aime se détester. Tournois de pétanque, festivités de ruelles, casse-croûte du coin. Dans mon petit village, entre parenthèses au milieu de la ville, on vit parmi les arbres comme s’ils étaient à nous.

J’ai grandi à Saint-Mathieu-de-Rioux, un territoire où les ondes cellulaires ne se donnent pas la peine de faire le détour. Une poignée de maisons qui ont toujours été là, habilement dissimulées par les montagnes, qui, elles, passent leurs journées à admirer leur reflet dans l’immense lac qui s’étire d’une extrémité à l’autre du village. Quand les eaux du lac se figent, le bourdonnement des abeilles fait place à celui des Ski-Doos. Dans les rangs, on cultive des champs de neige (c’est ben moins d’entretien), alors qu’au village, on prie le Bon Dieu pour la prochaine bordée qui ensevelira les pentes du mont Saint-Mathieu, haut lieu de tous les rassemblements, comme un nouveau perron d’église en altitude. À l’ombre d’un clocher qui ne sert plus qu’à indiquer l’heure, les hommes jasent autour de la machine à liqueur du garage, les femmes échangent leurs secrets au salon de coiffure et les enfants laissent traîner leur bicyclette et leur but de hockey au milieu de la rue. Je suis duchesse de grands espaces et tout ça, c’est chez nous.

Ceci dit, chez nous, il y a aussi les pistes de ski de fond brodées autour de la rivière Saint-Charles et les sportifs souriants qui s’y aventurent, beau temps, mauvais temps. Il y a aussi tous ces clochers abandonnés, qui ne demandent qu’à résonner. Il y a les mêmes potins de coiffeuses, les mêmes garagistes sympathiques, les mêmes caissiers colorés qui scannent mes légumes à l’épicerie. Chez nous, c’est la certitude de croiser des visages connus en descendant sur la 3e Avenue, un dimanche après-midi d’été. Chez nous, les balcons sont musicaux, on y joue pour faire lever le soleil. C’est là qu’ils sont aussi, les grands espaces.


À Limoilou ou à Saint-Mathieu-de-Rioux.

Chez nous, c’est aussi un peu chez vous.

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