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La revengeance des duchesses

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  • Karine Fortin (Île d'Orléans) (50%)
  • | 7 727 Votes
  • Odile Pelletier (Grand Portneuf) (23%)
  • | 3 544 Votes
  • Jimena Pacheco (Vieux Québec) (13%)
  • | 1 953 Votes
  • Alix Paré-Vallerand (Roch City) (5%)
  • | 839 Votes
  • Plaquie (Santa-Rocka) (3%)
  • | 429 Votes
  • Mickaël Bergeron (Limoilou) (2%)
  • | 358 Votes
  • Estelle Lacourse-Dontigny (Saint-Sauveur) (1%)
  • | 209 Votes
  • Nancy Martel (Saint-Jean-Baptiste) (1%)
  • | 180 Votes
  • Émily Wahlman (Lévis Beach) (1%)
  • | 141 Votes

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Alix Paré-Vallerand

Roch City

 

 

Duchessement vôtre…

Estimés sujets, votre duchesse tire sa révérence après deux semaines, neuf articles, beaucoup de café et peu de sommeil; comme lorsqu’elle fréquentait les bancs d’école, votre grâce carbure à l’adrénaline et aux rencontres dans le feu de l’action! C’est maintenant l’heure des remerciements bien sentis…
J’ai toujours entretenu une fascination pour la royauté, spécialement pour la reine Élisabeth II. Le côté protocolaire, les robes, les costumes, les écharpes et les tiares me séduisent : la Revengeance c’était l’occasion pour moi de jouer baveusement avec les codes de la duchesserie.

Les duchesses 2017

Les duchesses 2017. Photo : Daniel Tremblay

En tant que féministe notoire, me suis lancée dans la Revengeance pour faire partie d’un girl squad, d’une gang de filles irrévérencieuses qui me représentent en se positionnant loin des diktats et des normes sociales. Plaquie, ton vécu m’inspire, ce fut un honneur de partager le duché de Saint-Roch avec toi, j’ai adoré tes textes merveilleusement écrits sur ton enfance au 201, rue du Roi. Jimena, la rassembleuse du groupe, continue de m’instruire sur les expressions mexicaines! Odile, j’ai admiré ton énergie consacrée à couvrir ton immense duché, bonne retraite : j’aurais aimé être ton étudiante! Karine, la belle de l’île excentrique, j’ai senti dès le début qu’on était faites pour être amies. Mickaël, c’est un plaisir de te côtoyer quotidiennement à CKIA, mais encore plus de découvrir tes talents cachés de bédéiste! Émily, tu m’as épatée avec ta comédie musicale, au lancement, put the funky back in Lévis! Nancy, tes capsules historiques tombaient dans mes cordes, en plus, tu es hilarante! Estelle, votre dévouée, ta poésie et ton engagement envers Saint-Suave m’ont touchée.

Je souhaite remercier tous les intervenants rencontrés dans le cadre du blogue : Réjean Lemoine, Wartin Pantois, François Gosselin-Couillard, Marc Grignon et le Comité Citoyen de Saint-Roch. Bien sincèrement, au début, je pensais n’écrire que des poèmes pour le blogue… Je suis sortie de ma zone de confort poétique pour le mieux. Ces échanges autour d’un café furent pour votre duchesse un éveil citoyen, une tape dans le dos pour continuer à militer, à m’insurger et surtout à écrire sur Saint-Roch et son histoire!

Merci au C.A. de la Revengeance et à la Reine-Mère, Marjorie Champagne.

Pour finir, les véritables reines de la Revengeance, ce sont mes correctrices! Sophie Martineau et Claudine Boucher, je vous salue bien bas.

Duchessement vôtre,

Alix

Votre duchesse et sa meilleure amie

Votre duchesse et sa meilleure amie

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Wartin Pantois : le Banksy de Saint-Roch

Coin Charest-Dorchester, un matin d’août, la température est clémente. Fidèle à votre habitude, vous traversez diagonalement l’intersection – un thermos de café à la main. Au coin de la rue, près de l’édifice de la Fabrique, quelques piétons ont les yeux rivés au sol; ils observent cette silhouette en craie blanche qui n’était pas là la veille. C’est votre premier contact avec le mystérieux Wartin Pantois. Vous manquez votre autobus…

Frappe la mort, Peinture aérosol sur asphalte, Saint-Roch, 2016, Wartin Pantois

Frappe la mort, peinture aérosol sur asphalte, Saint-Roch, 2016
Wartin Pantois

Ces interventions que vous avez croisées en déambulant…

Un sentiment d’indignation, d’injustice : c’est ce qui meut Wartin Pantois lorsqu’il conçoit ses fameuses interventions dans la Basse-Ville de Québec. Résidents de mon duché, vous connaissez probablement l’artiste pour ces silhouettes blanches au sol apparues l’été dernier aux endroits où il y eut des décès dans les rues de Saint-Roch. Par cette intervention artistique , Pantois souhaitait inciter les automobilistes du quartier à faire attention aux piétons et aux cyclistes. Le projet Frappe la mort fut qualifié de « coup d’éclat artistique » par une journaliste du Soleil. Parmi les interventions récentes de Pantois, adorables sujets de la Basse-Ville, vous avez probablement remarqué les sans-abris dormant à la place de l’Université; les expulsés sur la rue Christophe-Colomb Est et les clins d’œil à Dialogue avec l’histoire à l’îlot Fleurie (voir les photos ci-bas). En 2014, l’artiste avait également décoré quelques bâtiments de Saint-Roch de photos d’habitants du quartier afin de sensibiliser la population et la Ville à l’abandon des immeubles. L’art de rue est d’ailleurs bien souvent éphémère : point de gardiens de musée pour surveiller les œuvres! L’intervention de Pantois au coin Saint-Joseph et Monseigneur-Gauvreau n’existe plus puisque qu’entre temps, le bâtiment fut rénové et transformé en bar à champagne (#lol).

Le Banksy de Québec?

Un peu comme le célèbre artiste britannique Banksy, Wartin Pantois désire garder l’anonymat en se cachant sous un pseudonyme. Je ne suis certes pas la première à dresser un parallèle entre sa pratique et celle de Banksy; l’artiste trouve d’ailleurs la comparaison très flatteuse! Précisons cependant que contrairement à Banksy, les interventions artistiques de Pantois sont intrinsèquement in situ, c’est-à-dire conçues pour un lieu précis.

De son propre aveu, Wartin Pantois fait un art « populaire », c’est à dire accessible à tous. Chez l’artiste, il n’existe point de distinction entre le high-art et low art; il se plaît d’ailleurs à mélanger les genres. Avec Sans-abris, Pantois s’est amusé à coller des feuilles dorées sur ses personnages pour « questionner la valeur que l’on attribue aux gens et aux choses ». 

Cette planche de Calvin & Hobbes représente bien ce débat stérile!

Cette planche de Calvin & Hobbes représente bien ce débat stérile!

Quelques citations visuelles

Certes, l’artiste se plait à glisser des références à l’histoire de l’art çà et là dans ses œuvres, mais celles-ci ne doivent pas occulter le message derrière ses interventions. En d’autres mots, elles doivent être comprises d’un seul coup d’œil par tous et toutes!

Votre duchesse formée en histoire de l’art s’est tout de même plu à déceler quelques citations… Hommage à Jean-Pierre Raynaud, par exemple, fait référence à la défunte œuvre Dialogue avec l’histoire (le fameux cube blanc de la place de Paris), dont la destruction en 2015 avait, avec raison, semé la controverse dans le milieu artistique de Québec. Pantois cite également souvent l’un de mes artistes préférés : Keith Haring. Les silhouettes caractéristiques de l’œuvre de Haring entourées par des sortes d’exclamations se retrouvent citées dans Hommage à Jean-Pierre Raynaud et Frappe la mort (ouvrez l’œil, chers sujets!). Pour finir, Expulsés est plus qu’une citation visuelle puisque ce collage reprend directement Expulsions, une œuvre de l’artiste niçois Ernest Pignon-Ernest, précurseur du street art.

De jour ou de nuit?

En terminant l’entretien, je demande à Wartin s’il prépare ses interventions de nuit. J’ai déjà eu un colocataire artiste qui partait la nuit avec son skate, dessiner sur les murs des bas quartiers. J’entretiens sans doute une vision romantique du graffiteur! Au contraire, dit-il, Wartin pose ses interventions à l’aube, vers 4 heures du matin, juste avant que la ville ne s’éveille et grouille de monde. Présenter des réalités qui existent mais que l’on a tendance à occulter, éveiller les consciences, voilà la démarche de Wartin Pantois. Pensez-y, la prochaine fois que vous croisez l’une de ses œuvres dans le quartier, et ce, avant même  d’avoir pris votre premier café!

Wartin Pantois est en résidence au Cercle pendant le mois de février. Il présentera prochainement Horizons, son nouveau projet, le jeudi 2 mars en formule 5 à 7 au sous-sol du Cercle. Ce sera l’occasion pour l’artiste de travailler en intérieur et de faire des collages plus élaborés. Ses nouvelles interventions porteront sur les femmes, la nordicité, les Premières Nations et l’inquiétante étrangeté; on veut déjà en savoir plus! Vous trouverez le lien vers l’événement Facebook ici. Merci l’ami de m’avoir accordé le dernier entretien du blogue!

Horizons, Wartin Pantois, 2017

Horizons, Wartin Pantois, 2017

 

 

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Un entretien avec Marc Grignon : Saint-Roch, c’est de la brique!

En 2012, j’étudiais tant bien que mal en histoire de l’art à l’Université Laval (#connoissance). Monsieur Grignon, c’était le prof sympa qui nous offrait des meringues lorsqu’on piquetait son cours d’Architecture de la Renaissance à 1900 (situé dans un amphithéâtre du pavillon De Koninck). Après ces quelques semaines mémorables de grève, ce cours s’était clos par une visite architecturale des quartiers Saint-Jean-Baptiste et Saint-Roch. Cette incursion avait contribué à m’intéresser au patrimoine urbain de ce quartier de la Basse-Ville où je n’habitais pas encore. Après avoir croisé monsieur Grignon devant la Boîte à Pain, je lui ai proposé une petite révision au café le Nektar…

Marc Grignon me le dit d’emblée : le patrimoine urbain de Saint-Roch est plutôt un ensemble. Alors que l’on connaît le Vieux-Québec pour ses monuments, Saint-Roch se caractérise par son architecture dite « mineure »; ici, point de Château Frontenac ou de place Royale, mais plutôt une trame de bâtiments. Saint-Roch s’est développé dans la seconde moitié du 19e siècle alors que des manufactures de chaussures s’y sont établies. À une époque où la construction navale était en déclin à Québec au profit du Port de Montréal, il fallut trouver un autre pilier économique : la chaussure! Petit quiz : qu’ont en commun les quartiers Pointe-Saint-Charles, Hochelaga-Maisonneuve, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Roch? Ce sont bien sûr des quartiers ouvriers au patrimoine unique!

Les employés d'une manufacture de chaussures dans l'Îlot des tanneurs

Les employés d’une manufacture de chaussures dans l’îlot des Tanneurs. Source : Philippe Gingras BANQ; 585.

Pour Grignon, Saint-Roch, architecturalement parlant, c’est avant tout de la brique! L’esthétique de l’ancienne manufacture Bresse, devenue par la suite la Dominion Corset a fait école dans le faubourg. Dans le quartier, les ouvriers vont s’en inspirer pour construire leurs habitations. Vous trouverez donc dans Saint-Roch tant des maisons que des manufactures reproduisant ce style en brique rouge avec de jolies ouvertures de fenêtre jaunes ou beiges (voir image ci-bas). Chers sujets, habitez-vous dans un immeuble au style semblable?

Bâtiment coin Dorchester et St-Joseph empruntant à l'esthétique de la Dominion Corset.

Bâtiment coin Dorchester et Saint-Joseph empruntant à l’esthétique de la Dominion Corset.

Les habitations à logement multiples : un patrimoine à préserver! 

Les manufactures situées dans l’îlot des Tanneurs firent l’objet d’un phase de revitalisation dans les années 1990. Pensons aux nombreuses anciennes usines converties en atelier d’artistes (la Chambre blanche, le Roulement à billes, l’édifice de la Fabrique) ou encore en lofts. La prochaine fois que vous voyez une poutre en bois dans un loft du quartier, dites vous que le choix de ce matériau n’est pas anodin : c’est le seul matériau qui pouvait résister au tremblement des machines!

Selon Grignon, ce type de patrimoine est moins en danger que celui des maisons à logements multiples. Ce qui préoccupe le professeur en histoire de l’art, c’est qu’on puisse raser sans conséquences le tissu urbain caractéristique de Saint Roch, soit des maisons en bord de rue avec des cours-arrières. Grignon s’est d’ailleurs levé contre la destruction de maisons de ce type sur de la rue de la Reine près de l’hôtel Best Western. Estimés sujets, surveillez vos propriétaires afin qu’ils ne détruisent pas vos précieux appartements qui font le charme du quartier!

Illuminer la Main de la bonne manière

Si je vous demandais de me nommer un bâtiment emblématique de mon duché, vous mentionneriez probablement l’église Saint-Roch. Ce qui frappe Marc Grignon, c’est le fait que celle-ci soit plongée dans l’obscurité la nuit : c’est triste à en mourir! Pour illuminer la rue, la Société de développement commercial (SDC) Centre-ville  a préféré installer des lumières D.E.L. qui s’allument de soir. L’intention est certes louable, mais ces néons ne mettent pas en valeur le patrimoine bâti de cette rue qui a fière allure; quasi conçues pour des automobilistes, ces tiges lumineuses ramènent la vision du piéton au ras du sol! 

Les fameuses lumières D.E.L de la rue Saint-Joseph

Les fameuses lumières D.E.L de la rue Saint-Joseph

Sujets de Roch City, la prochaine fois que vous arpentez la Main, de grâce, LEVEZ LA TÊTE et admirez le haut des magasins. Au début du 19e siècle, les bourgeois de la Haute-Ville descendaient dans Saint-Roch par les escaliers Lépine et de la Couronne pour aller magasiner sur Saint-Joseph, rue commerciale par excellence. Ces vitrines cossues s’étendaient parfois sur deux, voire trois étages. Pourquoi la SDC ne choisirait-elle pas d’éclairer le haut de ces anciens grands magasins la nuit? Aviez-vous remarqué que l’église de Scientologie est une merveille d’art déco? Vous êtes vous déjà attardés à observer de près la grandiloquence du bâtiment de la station de radio CKIA?

Estimés sujets, après cette rencontre avec Marc Grignon, je rêve d’une Main éclairée à sa juste valeur! Insurgeons-nous! On s’en reparle à la prochaine rencontre du Comité citoyen de Saint-Roch? Merci monsieur Grignon pour cet entretien des plus « éclairants » (!).

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Gabrielle

Gabrielle et ta machine à café (deux laits sans sucre). Gabrielle et tes toilettes (une femme s’y lave les cheveux, une autre s’y pique). Gabrielle et tes planchers blancs, ton odeur de piscine. Gabrielle et ceux qui viennent chez toi, la tuque enfoncée pour saluer le gardien bienveillant. Gabrielle et tes gens qui parlent rough, ceux qui viennent ici pour regarder ton lustre faire des jeux de lumière.  Gabrielle et ce blues qui te berce dans une allée au deuxième étage (près de Marguerite Duras). Gabrielle et ton musicien silencieux au piano (il joue du Bach). Gabrielle et tes internautes (vidéos de chat en continu). Gabrielle et ton centre d’archives plein de secrets (ne le dites pas, prenez l’ascenseur caché). Gabrielle et tes films de répertoire (un homme, aux écouteurs jaune moutarde écoute le dernier Xavier Dolan). Gabrielle et ceux qui feuillettent sans cesse, tes revues, tes journaux, tes bouquins (pour comprendre l’indicible). Gabrielle et ces cinq personnes à ta table le visage éclairé au néon : ils lisent les grands titres. Gabrielle et tes âmes esseulées en ce matin de carnage (six corps, ils disent).

Gabrielle je lirais et j’écrirais même plus, des poèmes, du beau du laid assise sur ton siège bleu, près de la fenêtre.

Troisième étage

Troisième étage

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Pour une place Jacques-Cartier soucieuse de son histoire!

Votre duchesse fut très flattée dans le sens du manteau de poil lorsqu’elle reçut un message Facebook de la part d’un sujet royal qui souhaitait la rencontrer pour parler de la vocation populaire de la place Jacques-Cartier. Je me suis donc entretenue dernièrement avec François Gosselin-Couillard, le crinqué derrière le site Saint-Roch, une histoire populaire (N.D.L.D. : Ce site web est ma bible) et également administrateur de la page Facebook Pour une Place Jacques-Cartier fière de son histoire populaire.

Selon François, la place Jacques-Cartier (N.D.L.D. : Au coin des rues de la Couronne et Saint-Joseph) fut historiquement un lieu important de rassemblement populaire dans le quartier Saint-Roch. Il déplore qu’on n’ait gardé aucune trace de cette vocation!

Au fil des ans, la place fut notamment un marché nommé les Halles Jacques-Cartier avec une salle de spectacle et un espace communautaire où se déroulaient des rassemblements syndicaux. Les fameuses émeutes de la conscription de 1918 se sont amorcées à cet endroit, pour se terminer tragiquement dans le quartier Saint-Sauveur (quatre morts). La place Jacques-Cartier fut également un lieu de rassemblement pour les communards français lors de la grève de la construction de 1878. C’est difficile aujourd’hui d’imaginer que, près des sapins enfermés de la tour Fresk, il y a près de 140 ans, des citoyens en colère y paradaient furieusement avec des drapeaux rouges! Je vous invite à vous faire une image mentale la prochaine fois que vous prenez un café à la Brûlerie St-Roch…

On fait quoi maintenant que la Tour Fresk est déjà construite? Selon lui, on peut encore honorer cet événement par une plaque, un monument ou une murale semblable à celle de Léa Roback, à Montréal. Il lui reste un mince espoir d’en faire une place publique qui a du bon sens, à moins que le corridor de vent ne gâche tout!

François a lu mon premier billet de blogue grinçant sur la tour Fresk : il me propose d’aller y cogner, juste pour voir. Adepte du gonzo journalism, je prends notre courage à deux mains afin d’aller saluer le fameux Garda, « le nouveau Jacques Cartier ». Finalement Jacques Cartier était plutôt sympa. Il nous proposa même sa carte de visite…

* N.D.L.D. : Notes de la duchesse.

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Le Comité citoyen de Saint-Roch : une parole citoyenne

Le 22 janvier dernier se déroulait la première rencontre de l’année du Comité citoyen de Saint-Roch. La réunion prenait place dans un appartement aux jolies poutres de bois situé dans l’îlot des Tanneurs. Après s’être assurés que je n’étais ni une espionne russe, ni une duchesse officielle du Carnaval, ni une sbire du maire Labeaume, les sympathiques membres du Comité ont accueilli à bras ouverts leur duchesse revengeressse munie d’un carnet…

Le logo du Comité citoyen de Saint-Roch

Le logo du Comité citoyen de Saint-Roch

Si vous êtes résidents de la Basse-Ville, peut-être avez-vous déjà entendu parler du Comité citoyen de Saint-Roch. Le Comité se réunit certes rarement, mais il n’en est pas moins important symboliquement. En effet, malgré les rencontres plus ou moins fréquentes du Comité, celui-ci est une force importante pour la prise de parole citoyenne puisqu’il crée une terreur chez les élus simplement par le fait d’exister! Parlez-en à Chantal Gilbert, conseillère municipale du district Saint-Roch–Saint-Sauveur…

Les membres du Comité le décrivent comme un groupe de citoyens à géométrie variable avec une structure plus ou moins anarchique. Son but : sensibiliser les élus à des enjeux importants et, à l’occasion, faire des actions. Pour participer aux réunions du groupe, nul besoin de carte de membre ou de cotisation, tout se fait à la bonne franquette! On peut s’y joindre en tout temps.

Les immeubles abandonnés

Peut-être connaissez-vous la mobilisation du Comité contre le grand nombre d’immeubles abandonnés dans le quartier Saint-Roch (notamment celui de l’ancien Omer DeSerres sur la rue Caron).  En 2014, le Comité organisa une marche qui se voulait un inventaire de ces bâtiments oubliés par la Ville ou laissés à l’abandon par des promoteurs immobiliers. Le Comité déplore d’ailleurs être parfois instrumentalisé par les médias de la capitale qui tentent de lui faire dire qu’il est contre les squatteurs, par exemple! Précisons-le : les membres du Comité sont progressistes, ils ne sont pas contre les squatteurs, mais bien contre la conjoncture qui fait en sorte qu’ils sont obligés d’y aller! En 2017, le Comité aimerait refaire cette marche de sensibilisation pour voir ce qui a changé depuis; quels immeubles sont encore placardés?

L’îlot Dorchester

Selon le Comité, le projet à surveiller en 2017, c’est l’îlot Dorchester. Sous la mire de Kevlar, ce projet immobilier regroupant des logements, des commerces et des espaces publics ne doit pas reproduire le gâchis de la Tour Fresk, un exemple déplorable de privatisation de l’espace public. Le Comité propose également de prolonger la rue Belleau dans l’îlot Dorchester afin d’en faire la rue Marcel-Landry. Pourquoi une rue Marcel-Landry? Si vous empruntez l’escalier Badelard, vous connaissez probablement le fameux poteau de Marcel Landry,  celui-ci est décoré au gré des saisons depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui, monsieur Landry – figure connue de l’îlot des Tanneurs – souffre d’Alzheimer : il serait temps de lui rendre hommage avant qu’il n’oublie tout.

Si vous souhaitez participer aux rencontre du Comité, sachez qu’ils prévoient une rencontre saisonnière, tenez-vous le pour dit! Pour en savoir plus, vous pouvez les suivre sur leur page Facebook ou encore leur écrire un courriel.

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Une entrevue avec Réjean Lemoine partie 2 : le futur et l’affect d’un quartier

Je vous présente la suite de mon entretien avec l’historien Réjean Lemoine, sur la piste de Saint-Roch…

Photo de Réjean Lemoine, attablé devant son thé

Photo : Alix Paré-Vallerand

Alix : Quelles sont tes aspirations futures pour Saint-Roch?

Réjean : On constate depuis les années 90 un retour des jeunes familles et des jeunes professionnels au centre-ville. C’est un phénomène contraire aux années 1950 à l’époque où la classe moyenne souhaitait vivre en bungalow! Les pauvres se ramassent maintenant dans le beigne, en banlieue dans les appartement dans Limoilou à Saint-Rodrigue, par exemple. Les moins fortunés ne sont plus nécessairement à Saint-Roch et dans Saint-Sauveur, mais en dehors du centre! Le dynamisme urbain se déplace…

Alix : Quelle serait ta priorité pour Saint-Roch?

Réjean : La priorité serait de refaire la bibliothèque Gabrielle-Roy au lieu de la laisser se détériorer. La Ville de Québec l’a laissée à l’abandon malgré le fait qu’elle ait cinquante millions d’inscrits dans son budget pour la refaire! Je déplore qu’on ait construit à côté une immense tour [N.D.L.D. : la tour Fresk] au lieu de la rénover. C’est un manque flagrant de vision! C’est ce qui à mon sens nuit en ce moment au développement du quartier. Il ne faut pas poursuivre l’erreur du Centre Durocher dans Saint-Sauveur qu’on a démoli au lieu d’y construire une maison de la culture.

L’entretien se poursuit et nous nous égarons à parler du temps, de sa vieille maison dans Limoilou, des chantiers navals du 19e siècle qui bordaient ma rue…

Alix : Tu as raison Réjean, le temps c’est comme une pelure.

Réjean : Les astrophysiciens se demandent en ce moment s’il y a plusieurs univers. En d’autres mots, est-ce que les événements qui eurent lieu plusieurs années auparavant sont vraiment passés? En résiste-t-il de l’affect? Qui te dis que les couches ne sont pas quelque part? Juste dans ton temps présent, on est influencés par beaucoup de choses qui se sont passées avant.

Alix : J’ai envie de mettre la musique de The X files! En effet, l’affect est prédominant dans la construction d’une ville, d’un quartier.

Réjean : C’est ce qui fait l’intérêt, que j’aime l’histoire. Quand tu apprends l’histoire, tu apprends des dates, des faits, certes, mais des fois tu te replonges dans des situations qui sont significatives en terme d’émotions. Sont-elles réellement perdues?

Quand je prends mon café le matin, je regarde par la fenêtre et je vois ces travailleurs de chantiers maritimes qui s’échinent près de la Saint-Charles. Merci Réjean Lemoine de m’avoir permis de revisiter ces pelures d’histoire.

* N.D.L.D. = Note de la duchesse.

 

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Une entrevue avec Réjean Lemoine partie 1 : la revitalisation de Plywood City

La Dominion Corset, maintenant connue sous le nom d'édifice de la Fabrique. Source : Archives de la Ville de Québec 1942 - Fonds Compagnie limitée Dominion Corset (N026787)

La Dominion Corset, maintenant connue sous le nom d’édifice de la Fabrique.
Source : Archives de la Ville de Québec 1942 – Fonds Compagnie limitée Dominion Corset (N026787)

Je connais Réjean Lemoine depuis ma plus tendre enfance. Ma mère et lui travaillaient ensemble à Radio-Canada, à la défunte émission CBV Bonjour. C’est avec émotion que je rencontre mon vieil ami à la Brûlerie Saint-Roch, un jour de semaine. Mon but : vous faire découvrir Roch City sous un angle historique. Pour moi, posture habituelle : petit filtre sans lait, sans sucre servi par ma barista préférée, Daphné Roy (future duchesse de Saint-Roch 2018, j’en suis certaine). Pour lui : posture thé, il sort des archives de la bibliothèque Gabrielle-Roy la tête pleine d’histoire(s). Réjean est un historien et chroniqueur bien connu dans la ville de Québec. Né à Vanier, il réside dans Limoilou et garde une passion intacte pour Saint-Roch.

Alix : Quelles sont les particularités de Saint-Roch?

Réjean : Si tu regardes la carte du quartier, c’est vraiment des îlots, c’est un quartier qui a été stratifié sur le plan routier à cause de l’autoroute, à cause de Dorchester, à cause de Charest, donc à ce moment-là tu as des îlots très particuliers. D’une part, tu as l’îlot des tanneurs [N.D.L.D. : la portion entre le cap et Charest*], la partie la plus bourgeoise du quartier, un endroit avec des lofts d’artistes aujourd’hui. Ce qui s’est restauré plus récemment c’est toute la portion de Saint-Joseph qui couvre l’ancien Mail. Par contre il reste encore dans Jacques-Cartier [N.D.L.D. : la portion sous la rue Saint-Joseph, l’endroit où j’habite dans le duché!] une portion assez pauvre.

Alix : Il y a beaucoup de proprios qui ont acheté pour une miette de pain et qui rénovent

Réjean : Ce fut un bel investissement pour plusieurs artistes qui ont acheté dans le quartier dans les années 1980 et 1990 et qui contribuent encore aujourd’hui à la vitalité artistique de Saint-Roch.

Alix : Peux-tu me parler de la Dominion Corset, mon bâtiment préféré de Saint-Roch?

Réjean : La Dominion Corset [N.D.L.D. : La Dominion Corset fut jusqu’aux années 1980 une usine de sous-vêtements féminins.], c’est le plus beau projet du maire L’Allier, qui l’a achetée à l’époque dans le but de recycler le quartier. Il a réussi à convaincre les fonctionnaires de la Ville de s’y établir ainsi que l’école des arts visuels de l’Université Laval, tout un défi!

Alix : Donc l’idée fut de revitaliser le quartier en passant par l’école des arts visuels et par la construction du parc Saint-Roch?

Réjean : Dans les années 1970, cette portion du quartier, au-dessus de Charest, était densément peuplée. On voulait y déplacer le Cégep Garneau, une gare et la bibliothèque principale tout en faisant passer l’autoroute en dessous. Le cégep a refusé de s’établir en dessous d’une autoroute, ce fut la fin du projet. Par contre, on avait déjà commencé à exproprier tous les habitants de cette zone. On avait divisé le quartier en zones, cette partie s’appelait l’« aire dix zone deux ». Par la suite, on décida d’y créer un immense parc pour réhabiliter le pourtour. L’idée du parc nous vient de Marc Boutin, c’est lui qui a dessiné les plans. Le projet fut ensuite financé par le maire L’Allier.

Le parc Saint-Roch avant sa revitalisation.

Le parc Saint-Roch avant sa revitalisation. Source : Le Soleil

Alix : Dès la fin des années 1950, on considérait déjà le quartier comme un taudis?

Réjean : Oui, effectivement, l’idée c’était de tout démolir! Au début des années 1970, plus personne ne vivait au centre. On travaillait au centre-ville sans réellement y habiter. Avant les fusions, la population de la ville ne représentait que 35 pour cent de sa population totale, le tiers de la population vivait dans la ville même, les autres vivaient tous dans d’autres villes…!

(À suivre…)

* N.D.L.D. = Note de la duchesse.

 

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TOUR FRESK

Photo montrant la grue vue du sol

Photo : Alix Paré-Vallerand

Je t’ai observée te faire construire à l’aide d’une grue pendant un an et du jour au lendemain, la grue a disparu. Je ne sais pas exactement quand, à la fin de l’hiver, peut-être. J’effectuais une promenade dans le quartier, il faisait froid, probablement moins quinze degrés, assez pour marcher la tête baissée les mains enfoncées dans les poches. Je constatais l’absence de ta grue en levant les yeux pour m’imprégner d’un éventuel nuage reflété dans la fenêtre d’un commerce. Dès lors, j’ai su que le rituel du café ne serait plus le même. La fenêtre de ma cuisine donnant sur ton chantier situé près de la bibliothèque Gabrielle-Roy, j’avais acquis, au fil des mois, la certitude que ta grue ferait partie de mon quotidien indéfiniment (qu’elle allait de soi au même titre que le café reposant dans le percolateur ou le pain qu’on fait griller le matin). Par un après-midi de février, nous avions assisté, mes colocataires de l’époque et moi, au spectacle du grutier qui descend de ta grue. Nous pensions aux marches glissantes, au potentiel périlleux d’une telle entreprise, grisés comme si nous venions d’assister au parcours d’un funambule entre deux tours. Le soir, sa lumière nous éclairait comme un phare dans la nuit, un spectacle de fiction. L’hiver de Saint-Roch exige de telles distractions, croyez-moi.

Photo de l'Hôtel Pur pris de soir, surmontée de la mention "LOL"

Photo : Alix Paré-Vallerand

À l’hiver, tu surpassas de quelques étages l’Hôtel Pur situé à ta gauche. Dès lors, tu devins un animal particulier à apprivoiser, un peu comme le python d’un colocataire. La permanence de ton existence me perça quand j’aperçus une publicité vantant les mérites de tes appartements de ville à partir de 995 dollars par mois. Parfois, je vois de la lumière et des ombres au sommet de ton vingtième étage. J’imagine tes 169 unités de luxe tout compris « mettant en valeur un design épuré où baigne une lumière abondante », habitées par des gens à la recherche d’espaces épurés, d’une vue sur le Centre Vidéotron.

C’est une journée de milieu de semaine, sans histoire. Sur de la Couronne, je lève la tête et je pense au corridor de vent qui n’était pas là avant ta construction. Je fais un clin d’œil au gardien de sécurité qui te garde derrière son socle, c’est lui le nouveau Jacques Cartier.

Ta grue n’est plus là au même titre que le couvent, l’Hôtel Saint-Roch et le marché de la place Jacques-Cartier.

La place Jacques-Cartier n’est plus qu’un arrêt d’autobus où défilent les passants.

Mes pensées se perdent jusqu’à l’autoroute Laurentienne…

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