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La revengeance des duchesses

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  • Karine Fortin (Île d'Orléans) (50%)
  • | 7 727 Votes
  • Odile Pelletier (Grand Portneuf) (23%)
  • | 3 544 Votes
  • Jimena Pacheco (Vieux Québec) (13%)
  • | 1 953 Votes
  • Alix Paré-Vallerand (Roch City) (5%)
  • | 839 Votes
  • Plaquie (Santa-Rocka) (3%)
  • | 429 Votes
  • Mickaël Bergeron (Limoilou) (2%)
  • | 358 Votes
  • Estelle Lacourse-Dontigny (Saint-Sauveur) (1%)
  • | 209 Votes
  • Nancy Martel (Saint-Jean-Baptiste) (1%)
  • | 180 Votes
  • Émily Wahlman (Lévis Beach) (1%)
  • | 141 Votes

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Estelle Lacourse-Dontigny

Saint-Suave (Saint-Sauveur)

 

 

La reine

Mélanie Sauvage rêve. Elle rêve d’une porte laissée entrouverte.

Une occasion de se dorer la couenne au soleil, sans fenêtres ni rideaux. Mmmm, les rayons du soleil incendiant sa longue tignasse.

Elle rêve de doucement paresser à l’ombre des arbres du parc Durocher. Observer les passant.e.s qui vont et viennent au marché Saint-Sauveur. Elle écoute les conversations tout en passant inaperçue. Lorsqu’elle se lasse des cris des enfants s’amusant dans les jeux d’eau, elle part sur Saint-Vallier. Elle salue les habitué.e.s de la Taverne Le Duck qu’elle connaît bien après toutes les soirées arrosées qu’elle y a passées.

Mélanie Sauvage rêve de liberté. Elle enfourche alors sa bicyclette pour longer la rivière Saint-Charles, un vent de fraîcheur drette dans le visage. Elle s’arrête au pont en allumettes, et décide de retourner vers la ville. Ses instants de liberté sont comptés, elle désire faire des provisions au restaurant Kalimera. Elle aime tellement l’ambiance conviviale qui y règne. Mais ce qu’elle adore par-dessus tout, c’est la grosseur des portions qui y sont servies.

Lorsque rassasiée, elle se souvient qu’elle doit observer une diète obligée. Pour se donner bonne conscience elle décide de monter et descendre à répétition les escaliers de la rue Victoria en compagnie d’autres athlètes haletants.

C’est enivrant, prendre une pause en haut. Prendre le temps d’observer le clocher de l’église Saint-Sauveur qui s’érige au milieu du quartier. Le mieux, c’est au moment du coucher du soleil. Mélanie Sauvage est la reine, son royaume est Saint-Sauveur. Elle arpente ses rues, décidément pas construites pour les voitures. Ces rues si chaudes en été par manque de verdure. Ces rues impraticables en hiver à cause de l’accumulation infinie de neige.

Mélanie Sauvage se réveille, c’est l’heure de manger alors qu’Albert n’arrête pas de la taquiner. Les deux comparses ont les mêmes rêves de liberté, de fuite partagée. Peut-être y parviendront-illes, peut-être qu’une porte restera entrouverte. D’ici là, c’est le temps de retourner à la sieste, aux rêves félins de liberté suave.

Crédit photo: votre dévouée

Crédit photo : votre dévouée

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Ode à Saint-Suave

Pour mes deux dernières publications, je présente des textes plus longs sur le quartier que je représente dans le cadre de la Revengeance 2017.

Aujourd’hui, je vous offre le texte que j’ai lu lors de la soirée d’ouverture à L’Anti.

Bonne lecture!

 


Source: Daniel Tremblay

Source : Daniel Tremblay

Ce soir, j’me sens toute petite,
C’est parce que je dois remplir de grands souliers.

Dans ma lignée de duchesses
Y’a des grandes poétesses, des raconteuses, des sorcières.
Je tenterai donc de reprendre ce flambeau ce soir
Et prononcerai ma supplique pour toi Saint-Suave.

Époque glauque et triste.
Montée du racisme,
Montée aussi de cette peur si « légitime » que vivent les blancs,
Montée de l’anti-féminisme.

Époque en guerre contre ce qui est différent
Qui ne parle pas français, n’a pas les mêmes traits,
Qui n’a pas les mêmes capacités, le même point de départ dans la vie.

Guerre contre les possibles,
La possibilité d’aimer qui on veut, d’aimer qui on est.
La possibilité que ma différence légitimise mon existence.

Ça fait peur, hein?
La perspective que ton expérience ne soit pas le centre de l’univers, n’aurait jamais dû l’être en fait.

Cette époque me donne mal au cœur,
Méchant mal à l’âme.
Et si peu pour nous rassurer.

[…]

Fake j’ai besoin de toi, Saint-Suave.
J’ai besoin de tes idées, de tes projets,
J’ai besoin qu’on rêve ensemble.

À toi, comme t’es.
Avec tes escaliers, ouvertures sur la Haute,
mais surtout sur la Basse.
Avec tes maisons toutes croches
pis tes trottoirs où empiètent les porches.
Avec ta moitié de quartier qui ondule au rythme de ruisseaux disparus,
et l’autre toute droite, bin fière.
À ton manque de verdure et de fraicheur,
d’espaces publics et de services de proximité.
Ce manque qui s’oublie toutefois derrière la présence enracinée de tes habitantes et habitants.

À ton irrégularité
À tes particularités et ton sang ouvrier
Ton histoire dite « modeste ».

À toi,
À ta diversité grandissante,
À ton accueil de la dissidence.

Maintenant que j’tai dessinée pis que t’es là,
Parfaite dans ton imperfection,
Rêvons à toi en version améliorée.
Écoute bin ça!

Un quartier où les piétonnes et piétons règnent,
Notre duché, notre royaume!

Un quartier où les arbres et la verdure envahissent le béton petit à petit
Un quartier qui abrite dorénavant un marché public permanent
Fuck les stationnements!

Un quartier qui a deux ou trois fruiteries à bas prix.
Et où la densification des condos et sa copine la gentrification réfléchissent avant de débarquer.
Tsé, te laisser tranquille, le temps d’un respire.

Saint-Suave, donne-nous ta chaleur humaine.
Continue à te tisser serrer.
Laisse-nous continuer à rêver.

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