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La revengeance des duchesses

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Votez pour votre duchesse!

  • Karine Fortin (Île d'Orléans) (50%)
  • | 7 727 Votes
  • Odile Pelletier (Grand Portneuf) (23%)
  • | 3 544 Votes
  • Jimena Pacheco (Vieux Québec) (13%)
  • | 1 953 Votes
  • Alix Paré-Vallerand (Roch City) (5%)
  • | 839 Votes
  • Plaquie (Santa-Rocka) (3%)
  • | 429 Votes
  • Mickaël Bergeron (Limoilou) (2%)
  • | 358 Votes
  • Estelle Lacourse-Dontigny (Saint-Sauveur) (1%)
  • | 209 Votes
  • Nancy Martel (Saint-Jean-Baptiste) (1%)
  • | 180 Votes
  • Émily Wahlman (Lévis Beach) (1%)
  • | 141 Votes

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N'oubliez pas que vous avez droit à
un vote par personne, par jour. À demain!

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Karine Fortin

Île d’Orléans

 

 

Petites histoires de sorcières

« Et dans les fonds des pâturages
De silence
Des enfants blonds nourris d’azur
Comme les anges »
Ainsi parle encore Félix le Grand, dans son « Tour de l’île », des enfants. Sauf que les trois miennes, nées à l’île, sont brunes comme « chocolat » et n’ont rien de bien calme. Graines de Revengeance? Qui sait… Dans ce billet, à leur manière, les p’tites Caron conversent avec des bribes de patrimoine, les deux pieds bien ancrés dans le présent. Petite rencontre effrontée entre « enfants du passé » et « futures ancêtres »… Les enfants grandissent vite, mais l’Enfance, elle, est éternelle.

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La déserteuse

(Inspiré de la chanson Le déserteur de Boris Vian, 1954)

             Le mardi 15 juin 2027

Monsieur Gouvernement,
je vous fais une lettre
que vous lirez peut-être
si vous avez le temps.

Je viens de recevoir
l’acte de saisie bancaire :
je dois quitter ma terre
avant la fin du mois.

Monsieur Gouvernement,
je ne veux pas la perdre.
Cette belle maison que j’aime,
je ne veux pas la vendre.

Ce n’est pas pour vous fâcher,
il faut que je vous dise,
ma décision est prise :
je m’en vais déserter.

Depuis que je suis à l’île,
j’ai cultivé mes rêves,
j’ai vu fleurir ma terre
et naître mes enfants.

Mais elle a tant souffert,
ma maison, que je manque
de fonds pour bien la rendre
selon tous vos critères.

Nous étions prisonniers
de longs délais d’attente,
de fonctionnaires sans âme,
de tant d’échecs passés.

Demander un permis
pour rénover une porte…
et ces matériaux nobles
qui nous coûtait grands frais…

Je dirais à mon île
qu’« Exiger ces dépenses,
sans subvention décente,
c’est abuser des gens.

Refusez d’obéir.
Refusez de le faire.
Vous êtes propriétaires :
refusez de subir. »

S’il faut donner de l’argent,
allez donner le vôtre;
vous êtes bon apôtre,
Monsieur Gouvernement.

Si vous me poursuivez,
prévenez vos avocats
que je rendrai les armes,
car je ne peux plus payer.

Silhouette de femme qui se tient debout, brandissant une pancarte sur laquelle est inscrit: "Pas encore à vendre"

Dessin de Karine Fortin

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La Tirade d’une île

(Adaptation de la « Tirade du Nez » de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, 1897)
En réponse aux instances gouvernementales qui considèrent l’île comme étant « un projet ».

Ah! Non! C’est un peu court, jeune homme!
On pourrait dire, sur l’île, bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :

Agressif : « Moi, Monsieur, si j’avais un tel pont,
Il faudrait sur-le-champ que l’on me l’réparasse! »

Amical : « Mais tout ce trafic doit vous rendre lasse :
Pour choir, faites-vous fabriquer un hamac! »

Descriptif : « C’est une roche!… c’est un schiste… c’est un quartz!
Que dis-je, c’est un quartz?… c’est un diamant brut! »

Curieux : « À quoi servent ces érables à sucre?
D’étendard, Monsieur, ou de boîte à sirop? »

Gracieux : « Aimez-vous à ce point les badauds
Que mercantilement vous vous préoccupâtes
De tendre ce présentoir à leurs petites pattes? »

Truculent : « Ça, Monsieur, lorsque vous cultivez,
La vapeur du purin vous monte-t-elle au nez
Sans qu’un voisin ne crie “Odieux, ces jardiniers”? »

Prévenant : « Gardez-vous vos maisons, mal aimées
Par ces lois, de tomber en débris sur le sol? »

Tendre : « Faites-lui faire une petite coupole
De peur que les vendeurs des touristes ne se tannent! »

Pédant : « L’histoire veut, Monsieur, que cette île
S’appelle hippopotameîledebacchusminigo
Pour avoir sous le ciel tant de terre sur tant d’eau! »

Cavalier : « Quoi, l’ami, cet îlot est à la mode?
Pour prendre des photos c’est vraiment très commode! »

Emphatique : « Aucun vent ne peut, île magistrale,
T’enrober tout entière, excepté le mistral! »

Dramatique : « Plus rien n’y bouge quand il neige! »

Admiratif : « Pour un grand rêveur, quelle enseigne! »

Cynique : « Ce n’est pas Maguire ni le Plateau »

Naïf : « Ce musée flottant, quand le visite-t-on? »

Respectueux : « Souffrez, Monsieur, qu’on accourut,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur vue! »

Campagnard : « Hé, r’gardez! Ça s’rait-y là? Ben quin!
Icitte, el GPS s’rend pas, j’crée ben! »

Militaire : « Parez contre banlieuserie! »

Pratique : « Voulez-vous la mettre en solderie?
Assurément, Monsieur, ça plaira à Pineault! »

D’ailleurs, citant Félix en quelques mots :
« Quarante-deux miles de choses tranquilles »
Dont vous brisez l’harmonie! C’est une honte, traître!

Voilà ce qu’à peu près, Ministre, vous m’auriez dit
Si pour nous vous aviez un tant soit peu de souci.
Mais pour l’île, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de fait
Vous n’avez que des lois qui nous sonnent faux!

Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour prévoir le poids de vos fantaisies
Sur nos rénos car il est dur d’en assumer le prix.
Que vous nous soûliez à propos du patrimoine
De nos maisons n’est que boniment nul, car
Nous les protégeons nous-mêmes, avec assez de zèle,
Que l’on n’a nul besoin que les autres s’en mêlent.

 

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J’accueille et je nourris

Qu’est-ce qu’il y a l’hiver à l’île? Mais… la paix! La sainte paix… C’est en effet à la saison blanche que l’île aux Sorciers reprend son souffle, se recueille, se retrouve au calme derrière les portes closes. Pourtant, c’est à ce moment-là, où tout repose, que deux touristes ont décidé de faire un saut de l’autre côté du pont. Allez! Un p’tit tour de l’île vite fait bien fait avant d’aller au Biodôme. Pourquoi pas?… Justement, pourquoi… pas…

(Âmes sensibles s’abstenir)

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Dessin d'une silhouette de sorcière qui déménage qui qui peine à soutenir une pile de boîtes

Guide de survie à ton arrivée à l’île d’Orléans

Tu viens t’installer à l’île? Hé bien, bienvenue, l’étrange! Je ne t’offrirai pas de tartes ou de jolie courtepointe. Non! Ce dont t’as vraiment besoin, c’est ça :

Le « Guide de survie à ton arrivée à l’île d’Orléans »

D’abord, sois…
• HUMBLE! T’as acheté un terrain, pas l’île au complet.
• DISCRET! La paix que tu recherchais, elle dépend de toi aussi maintenant.
• PATIENT! L’île a tenu debout pendant 350 ans avant que t’arrives alors attends avant de vouloir tout changer.
• SOCIABLE! Quand on te jase, jase.
• RECONNAISSANT! Les Orléanais sont bons; pas bonasses.
• HONNÊTE! La confiance, ça se perd plus rapidement que ça se gagne… pis l’île a la mémoire très, très longue.
• OBLIGEANT! Un jour, tu vas être content qu’un service en attire un autre.
• DÉCONTRACTÉ! À l’île, il vente tout le temps, il y a du trafic, l’eau vire « ambrée » quand il pleut et tes amis vont trouver que tu restes « donc ben loin!! ». Reviens-en!
• DÉBROUILLARD! Tout est plus difficile d’accès : épicerie, serrurier, tes amis, ta mère… Tout!
• CONCILIANT! Pour clôturer ton terrain, planter des arbres, avoir un coq… demande l’avis de ton voisin avant… même juste pour la forme.
• PRÉVOYANT! Pars pas voir un film en ville en fin d’après-midi l’été… sauf si t’es pas trop regardant sur ton heure d’arrivée.
• COURAGEUX! Pour avoir un permis, ça prend 3 mois pour réparer une niaiserie, 6 mois pour rénover avec des matériaux nobles, 5 ans pour rénover avec du « non-noble » (même si c’est ce que t’avais déjà) et une éternité pour changer n’importe quoi chez toi… pis ils se foutent de ce que ça va te coûter.

Aussi, deviens un peu…
• TRAPPEUR! À l’île, y’a des mulots… beaucoup de mulots…
• NINJA! Dépasser une filée de chars de touristes en vacances, c’est tout un art.
• COWBOY! Pour sortir par n’importe quel temps ou dompter un Ski-Doo, faut être fait solide.
• PIRATE! Le GPS rentre pas tout le temps alors sors ta « boussole intérieure ».
• SORCIER! Apprends à faire lever le brouillard, à marcher sur l’eau et à réparer ta fosse septique « comme par magie ».

Mais, surtout…
• SOIS FIER DE TES ORIGINES! T’es « pas de l’île », à vie, pis c’est pas plus grave que ça.

Bon, faque c’est pas mal ça. Prends l’temps de t’installer. T’as 2 ans pour t’y faire. Moi, ça fait 10 ans que… Quoi? Tes ancêtres viennent de l’île? Aaaah! T’aurais pu l’dire plus tôt… Bon retour alors! T’as vraiment besoin de mon guide?

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Cours du Cégep de la Revengeance

La vraie fausse histoire vraie de l’Île d’Orléans

Chers étudiants du Cégep de la Revengeance, ici votre très estimée professeure, Mme Duchesse. Face à l’insistance de certains d’entre vous qui n’auront pas su prendre suffisamment de notes lors du dernier cours, que je vous ai dispensé le 26 au soir, je daigne vous faire parvenir ce document. Vous y trouverez toute la matière, images d’archives incluses, portant sur « La vraie fausse histoire vraie de l’Île d’Orléans ». Je ne saurais trop insister sur le fait que les fautes comptent et qu’une omission de vote de votre part vous vaudra la note de zéro à votre prochain test. Bonne étude, les enfants! Que ma sagesse vous éclaire!

* Âmes sensibles, s’abstenir.

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Dessin de Karine Fortin

L’Île d’Orléans est un gros chat

N’en déplaise aux amateurs de chiens, l’île d’Orléans est un gros chat.

Sensuelle… Longue, alanguie et ondoyante… Tout évoque en elle la grâce et l’art de se faire aimer. Chacun de ses mouvements est un élan mêlé de raffinement et d’aisance. Rien ne la trouble… Un rien l’agace. À son flan, elle invite au silence, au repos, à l’attente d’absolument rien… Son essence échappe aux balourds.

Introvertie… Comme ces anciens qui n’ont plus à répondre de rien et pour qui tout a déjà été dit, elle observe. Elle mûrit sa pensée longuement. Jamais elle n’émet un son en vain; elle instruit. Perchée à distance, elle toise les canins qui jappent fort, branlent queue, donnent patte, quêtent caresses, acceptent laisse ou exposent besoins aux yeux de tous… Elle ne souffle mot mais, en elle-même, elle jauge : « Navrant… Décourageant… Quelle pitié… Mais où est donc ta fierté? Étrange… »

Chasseresse… Les secrets des bois, elle les connaît. Les rayons du soleil, elle les déjoue ou s’en baigne à sa guise. L’humeur labile du vent, elle s’en moque. La terre… Sa terre… elle y devine toute trace de vie. Toutes les caches, tous les terriers, le moindre abri, elle les connaît. Tout lui appartient et son espace est sans limite. Sur quiconque pénètre son univers, elle a droit de vie ou de mort. Elle ne craint rien. Rien… sauf peut-être d’être envahie.

Insoumise… De qui aurait-elle besoin, elle, si nécessaire? Elle n’est pas domestique : elle règne. Elle offre et retire par décret. Si elle frôle, elle en dispose. Si elle daigne qu’on la touche, elle dicte le rythme et la manière. Elle n’admet rien de moins que délicatesse, mesure et respect. Elle répugne qu’on la force. Elle abhorre l’insolence. Si elle t’aime, tu es. Si elle te hait, tu peines. À la première faute, pardon, mais à la seconde… Griffes, crocs, regard fatal, sans merci, c’est la fin. Ni Dieu. Ni maître.

Dessin : Karine Fortin

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Rallye-photo – Première partie

Trois saisons par année, l’île d’Orléans se fait croquer le portrait par des flots de visiteurs. Peut-être cultivent-ils l’espoir légitime d’en ramener un petit bout avec eux… C’est vrai que l’île a tout pour inspirer des thèmes à l’infini. Et si on inversait les rôles? Et si l’île devait se tirer elle-même le portrait? Et si l’inspiration provenait de gens ne l’habitant pas? Invitée à l’ego-portrait, auxquels de ses secrets l’île nous donnerait-elle accès?

En décembre, 14 personnes provenant des quatre coins du Québec ont proposé 23 thèmes à explorer par des amateurs de photographie provenant d’un peu partout sur l’île d’Orléans. Neuf intrépides volontaires ont accepté de relever ce défi « Rallye-photo ». C’est donc en prenant en chasse, caméra à la main, l’inaccessible essence de leur univers insulaire qu’ils sont parvenus à soulever les jupons de l’île et à révéler un peu des dentelles hivernales dont se pare leur coin de pays… quand la visite est partie.

Bon tour de l’île!

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