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La revengeance des duchesses

Bienvenue à la Cour des grandes, la première saison du projet de baladiffusion de Diadème!

(Revenez nous voir à compter du 1er mars 2021! Une surprise vous attend!) 

La Cour des grandes

Vestiges du passé

Toujours à la recherche d’anecdotes amusantes qui nous feraient voyager dans le temps, j’ai contacté David Gagné, l’historien de la Ville de Lévis. Malheureusement, il nous était impossible de nous rencontrer, mais il a eu la gentillesse de me référer à son livre paru en 2018 Curiosités de Lévis. J’ai suivi son conseil, me le suis procuré le jour même puis l’ai dévoré d’une couverture à l’autre. Quelle lecture intéressante, concise et illustrée, mettant en vedette des curiosités historiques de mon hood!

J’ai eu envie de faire ma Indiana Jane et d’aller capturer, c’est-à-dire photographier, certains de ces artefacts. J’ai motivé mon ami Martin à m’accompagner dans cette aventure, nous qui avions fait ce genre de périple par le passé, à Montréal, à Sherbrooke. On s’est donc embarqués pour un road trip matinal dans le grand Lévis. On a essayé en vain de trouver la Rotonde à Charny : terrain privé, amende, gnagnagna… On a aussi cherché le dernier mur du Fort no 3 (enseveli sous la neige), moi qui trippe ben raide sur l’histoire de nos forts qui n’ont jamais fait la guerre! On y a mis des animaux en quarantaine, fait pousser des champignons et même joué au baseball!

Lévis étant ben pieuse, la plupart du patrimoine qu’on a chassé est religieux. Rien qu’à voir on voit ben… entre les grottes de la vierge, les chapelles de procession, les chemins de croix, le Patro de Lévis (un ancien monastère), l’Anglicane (une ancienne église anglicane), la bibliothèque Pierre-Georges-Roy (une ancienne église catholique), l’école Marcelle-Mallet (un ancien couvent), Jésus est partout. À l’époque où on vend nos églises pour en faire des condos… je me permettrai de dire que je trouve ça beau quand ces bâtisses restent accessibles à la communauté, des lieux où se retrouver, apprendre ou se cultiver. À défaut de prier, être ensemble! Oui, je sais, y en a encore qui prient, j’en connais!

 

****** SPOILER ALERT *********** ALERTE AU DIVULGÂCHEUR ******

 

Si tu veux lire le livre de messieurs Gagné et Lahoud, je vais te gâcher quatre pages… ou te donner envie de lire tout le livre, c’est selon! Voilà, sois averti avant de poursuivre ta lecture!

Sincèrement, un 25 $ bien investi! Sinon, c’est sûr qu’ils l’ont à la bibliothèque…

 

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Curiosité no 15 : Les croix de chemin en fer de Pintendre

Croix de chemin à Pintendre

Ok, là, ce qui est hot, c’est que deux des quarante-trois croix de chemin qu’on retrouve partout à Lévis sont fait des mêmes retailles de découpes de lames de patin qu’on voit orner régulièrement les balcons et les escaliers de Québec. Ces retailles de métal proviendraient de la St.Lawrence Company Inc, qui était située dans Saint-Roch puis ensuite à Beauport.

J’étais si contente de retrouver chez nous ce détail qui fait le charme des balcons de Limoilou!

« (…) ces œuvres sont d’un grand intérêt puisqu’elles allient à la fois la pratique de la dévotion d’antan avec des traces de la passion des sports d’hiver. »

 

Avenue DES Églises à Charny

Curiosité no 76 : Les mitaines de New Liverpool et Charny

Une mitaine, c’est l’adaptation en joual de « meeting house », les églises protestantes. Ces églises sont des signes de la présence des anglos à Lévis. Ici, on a trouvé celle de Charny! C’est à cause de cette chapelle si l’avenue DES Églises est plurielle! J’y ai habité cinq ans, je le savais même pas. Construite en 1921, c’est devenu une résidence en 1986. Le parc adjacent s’appelle le parc de la Chapelle.

« En raison de la faible population à desservir, la chapelle alterne de confession de semaine en semaine. »

 

 

Curiosité no 71 : Monument-épitaphe aux victimes du pont de Québec

Bon, y a des curiosités plus accessibles que d’autres, mais je voulais trop y aller! Peut-être parce que jeune ado, je me promenais devant ce cimetière, frenchant à chaque lampadaire… Mon premier chum habitait juste en face! Besoin de vérifier que tout ce temps, il était là…

Ce monument qui commémore la mémoire des victimes de l’effondrement de 1907 est une partie de la structure du pont. On en retrouve une similaire derrière l’hôtel de ville et la bibliothèque Lauréat-Vallière.

« Cette pièce rappelle la mémoire de ces travailleurs, victimes d’une course à l’exploit et d’une ambition démesurée des concepteurs. »

Église de Saint-Nicolas

Curiosité no 95 : L’église de Saint-Nicolas

J’ai toujours trouvé spéciale l’église de Saint-Nic… À la suite d’un incendie dans les années soixante, on a rebâti l’église en s’inspirant de la tradition maritime du village.

« Le clocher évoque à la fois la voile d’un navire et la mitre de saint Nicolas, il est surmonté de la croix de métal provenant de l’église incendiée. »

Le temple neuf fait rupture avec l’ancien temps, Même l’intérieur surprend avec sa forme ovale, le prêtre au centre et les fidèles autour… comme un théâtre grec, comme un improvisoire!

 

Pis je sais pas si tu l’as reconnu, mais c’est l’église dans Paul à Québec, la BD de Michel Rabagliati! Le film aussi. Fait que c’est ça… désolée, mais moi, je l’appelle Paul à Lévis!

On a fini ça dans la rue de mon enfance… Mais je trouve pus ma maison!

Nulle trace de mon enfance. Place de la Vanoise, Saint-Romuald Photo : Martin Drouin

 

 

 

Il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon SDF

Terminus.

Station de Charles de Gaulle–Étoile.

Chaque matin.

Il y est.

Sur son matelas du couloir de la sortie Avenue de Wagram, le lit brillamment fait, les couvertures de la nuit délicatement relevées. Blanches immaculées : pas de sleeping bag défraîchi.

Il s’assoit, boit parfois un café qu’on lui offre, regarde les passants, leur sourit.

Le matin, lorsque quelquefois je me décide à rentrer avant tout le monde au bureau, il dort à poings fermés.

Les 200 000 personnes par jour qui arpentent le sous-terrain menant aux Champs-Élysées ne le dérangent pas : il dort, fait sa toilette, mange, sort.

Quelques fois, lorsque je reviens du boulot, il est sorti, je ne sais où…

Il a donc une vie…

Pas de maison….

Mais une vie.

À Pâques, les gens lui laissent des œufs en chocolat.

D’autres fois, d’autres d’offrandes se trouvent sur ses draps : pain, fromage, cigarette, ticket de restaurant…

Ce qu’il y a de particulier avec mon SDF, et la raison pour laquelle il me captive autant, est troublant, dans ces conditions…

Il est beau comme un dieu.

En fait, je crois que c’est un dieu.

Une sorte de dieu de la mythologie perse ou autre qui doit faire neuf épreuves ou se mêler aux mortels.

Certains diront que son principal atout dans la quête est donc ce désir qu’il déclenche chez les hommes et femmes sortant du métro et du RER.

Quelques langues perverses diront qu’il devrait tirer profit de cette beauté.

Les deux fois par jour où je le croise, juste avant de m’engouffrer sous terre, une sensation étrange m’envahit.

Un regret, une curiosité malsaine, je ne sais.

Je ressens un frémissement de larve de papillon lorsque son regard croise le mien, lorsqu’il me demande une pièce la main tendue vers moi, ou lorsqu’il mime le geste de fumer pour me quémander une cigarette. J’ai honte de me dire que je suis au sommet de cette perversité capitaliste puisque je juge mon intérêt, ou même un certain désir, dirigé vers un maillon faible de la chaîne sociale. C’est quand même un être humain de mon âge, pourquoi cela me dérange? Son statut social le déshumanise tant que ça? Notre première date serait certainement un peu compliquée et non approuvée par mes parents.

Mais, plus qu’autrement, cette idée m’amuse et je m’imagine des scénarios romantiques où nous aurions notre premier rendez-vous à la soupe populaire. Probablement comme les dizaines de jeunes femmes qui sursautent en le voyant chaque matin leur sourire de ses dents droites, blanches, le regard perçant, le teint parfait, tendant la main pour une petite pièce ou un ticket de restaurant.

Ce jour-là, je m’arrête, une cigarette au bout des doigts, je la lui tends :

– C’est pour toi.

– Thank you, mééci!

– Oh! Tu parles français?

– (Me pointant) France?

– Non! Ne m’appelez plus jamais France! (Je ris, en chantant…) You?

– You… France?

– Québec.

– K-bec! (Trouve ça drôle, apparemment!)

– Canada!

– Canada! Snow! Cold! Wow!

– Well, a lot. Bye! Have a nice wonderful sunny day!

– Thanks miss! Bye!

Je reprends ma route remontant aux pieds de l’Arc-de-Triomphe.

***

Un peu avant mon retour pour Saint-Roch, je suis repassée souvent par ce couloir du métro.

Un matin, il n’y était plus.

À sa place, une grande flaque d’eau…

J’espérais que le réveil n’ait pas été trop brutal.

Qu’on l’ait laissé se lever avant de l’asperger avec les boyaux ou les sceaux en guise d’expulsion.

***

Depuis mon retour, je repense parfois à lui…

Lorsque je vois une main tendue vers moi, ou que j’entends un timide « une tite piasse svp ».

Chaque fois que je vois un homme sapé comme un pape dans un costar à 1000 balles refuser un Itinéraire à 4 piasses…

Entre les froides rues Saint-Joseph et du Pont, quand la glace tombe des toits…

Je repense au soleil qui émanait de la peau du prince du couloir Wagram.

Aujourd’hui, il fait -40.

On annonce l’ouverture de plus de lits d’urgence à l’Auberivière.

 

On a gagné

Il y a quelque chose de significatif dans le fait que les duchesses « officielles » ne font plus partie de la programmation du Carnaval de Québec. Quelles leçons peut-on tirer de leur re-disparition? Qu’on se le dise, la Revengeance semble avoir gagné une victoire symbolique en atteignant sa dixième édition!

On est des personnalités plus que juste des « beautés ». On a du style sans être commanditées par Place Laurier.

Photo : Claudia Genel/Radio-Canada, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/807352/duchesses-carnaval-quebec-devoilement

Pourquoi on a fini par gagner?

On peut philosopher, spéculer et s’épivarder durant des heures, voire même produire une thèse de doctorat sur le sujet et on n’aurait même pas fini de comprendre toute l’affaire.

En attendant, l’ethnologue en moi s’avance à analyser un brin du phénomène.

Du monde ’à messe pour visiter les monuments de la rue Sainte-Thérèse

Mémoire

On creuse dans de la matière pas facile, car on joue dans de l’intangible, avec tout ce que ça comporte de feeling, de souvenirs et de nostalgie. On sait bien que la mémoire est une faculté qui oublie et que nos perceptions sont souvent trompeuses. Nos histoires et nos souvenirs se bricolent et se transforment à force d’être racontés. Qui n’a pas d’images un peu idéalisées de son enfance, de ces soirées de parades magiques malgré le froid ou de l’enthousiasme débordant des enfants qui reçoivent la visite de Bonhomme dans leur école? J’espère que ces mots vous font sourire, qu’ils vous rappellent des moments joyeux. Cette connexion entre les souvenirs et les émotions est puissante, elle permet de marquer notre imaginaire.

Peut-être est-ce parce qu’on a puisé dans la mémoire, dans les traditions et la culture populaire. Peut-être que c’est en étant collées avec les gens de nos duchés qu’on avait de la légitimité auprès du monde. Sans un gros appareil de relations publiques pour nous formater, je pense que les gens ont surtout aimé notre authenticité. Ce sont nos expériences sincères et nos particularités qui nous ont fourni la street cred nécessaire pour bien les représenter.

Notre présence, originale et subversive, rappelle que la vie n’est pas toujours un conte de fée. Être duchesse, c’est aussi être un être humain dont le quotidien n’est pas toujours glamour. On s’attache à la formule, à ce format différent qui inspire et fait rêver tout en restant proche de la réalité des gens.

Être duchesse de la Revengeance, c’est entrer aussi en mode performance, présenter une version de soi qui est un peu plus festive, flyé et soignée dans ses apparats. Notre identité s’ajuste au contexte et aux circonstances de la fête. C’est le principe du carnaval qui nous offre un moment pour l’excès et pour vivre la vie avec full d’intensité.

Nous avons un rôle à jouer en tant qu’actrices principales durant cette fabuleuse pièce de théâtre quest la 10e édition de la Revengeance. Nous serons des créatrices, des activistes, des féministes, farouchement revendicatrices de nos beaux duchés. Notre destin est changé par la Revengeance. C’est une plateforme unique et précieuse, car elle nous offre l’opportunité de nous dépasser, de nous surprendre et de nous faire entendre sur toutes sortes d’enjeux qui nous tiennent à cœur. Je me sens déjà grandie par cette expérience et ces belles rencontres.

Même si la fête est temporaire, nous serons duchesses pour l’éternité.

On rêve tous d’être duchesse

On va continuer de vous inspirer et de nous étonner avec nos belles initiatives. Les projets vont venir de nous et de nos collaborations avec des super partenaires. C’est une démarche citoyenne et artistique, un geste d’engagement civique revendicateur pour montrer à nos décideurs que nous avons des aspirations différentes pour l’avenir de notre ville.

Vraiment, on peut se dire avec fierté que « la ville est à nous! »


Le but de ce texte n’est pas de faire une boutade gratuite contre le Carnaval et les feues duchesses. C’était chouette de voir les efforts mis dans la nouvelle formule pour recruter des belles personnalités qui pouvaient devenir de bonnes ambassadrices pour la Ville et le Carnaval. Peut-être que le leadership et le dynamisme qui entourent la Revengeance a pu aider à vendre leur retour. Maybe?

Je pense surtout que notre démarche a permis de ramener un intérêt pour le développement d’une programmation d’activités festives dans les quartiers.

Si on veut se renouveler, on doit prendre des risques et essayer des idées, sans avoir de garanties que ça va marcher. Lorsque ça ne fonctionne pas, ce n’est pas la fin de monde et on doit apprécier les bons coups avec humilité. La vie nous apprend que l’échec n’est pas une finalité; c’est surtout une opportunité pour apprendre à se relever.

Qui nous aime, nous suive!

 

Vies de quartier

Aujourd’hui poésie. Aujourd’hui dystopie.

Dystopie

Dans mon cauchemar

Les corridors de vents créés par les tours font tourbillonner les poussières toxiques

Et viennent nourrir un smog de plus en plus dense

Dans mon cauchemar

On se ruine à construire un troisième lien

Et j’ai honte d’habiter un village d’arriérés

Dans mon cauchemar

Les grosses poches et la mafia des agents immobiliers transforment la vie de quartier en labyrinthe individualiste.

Dans mon cauchemar

Il n’y a plus de coopérative ni de logement, les familles sont contraintes de louer des chambres à la petite semaine comme des touristes.

Dans mon cauchemar

Les radio-poubelles sont jouées non seulement dans les maudits autobus mais aussi dans les cours d’école.

Dans mon cauchemar

Les humoristes envahissent toutes les scènes et l’argent public réservé à la littérature finance des torchons populistes et sexistes.

Dans mon cauchemar

Des fonctionnaires décident de remplacer les jeux d’adresse et d’équilibre dans les parcs pour enfants par des masses en plastique et des écrans hystériques.

Dans mon cauchemar

Tous les artistes se sont convertis au numérique et les entrepreneurs créatifs n’ont d’intelligent que leurs outils de communication.

Ce n’est qu’un cauchemar

Quand j’ouvre les yeux pis que je te vois, gens de Saint-Jambe

C’est encore possible de rêver

Tout en gardant l’œil ouvert

 

Le bandeau du projet Vies de quartier est une œuvre collective d’Hélène de Saint-Jambe, en collaboration avec Malcom Reid, Pishier, Xavier Bélanger-Dorval, Marc Boutin et Edmé Étienne

En 2016 j’ai initié et dirigé un projet de médiation culturelle nommé Vie de quartier. Un journal éponyme, écrit et illustré par les résidents de Saint-Jambe et à propos de leur quartier, a été distribué gratuitement, de porte en porte, à près de 6 000 exemplaires.

J’y avais publié quelques poèmes et dessins. Je les partage avec vous, accompagnés de quelques gravures de Bill Vincent, l’un des artistes de Saint-Jambe y ayant participé.

La maison bleue dans Saint-Jean-Baptiste, gravure de Bill Vincent, 1976 (courtoisie)

Espaces sonores

Instant de grâce

hors de l’église

La cloche sonne

Par-dessus le tumulte

de la cour d’école

*

Piaillement multiple

L’arbre rue Saint-Olivier

a pour feuillage

Cent mille oiseaux

*

En arrière, gravure de Bill Vincent, 1979 (courtoisie)

Point d’ordre

au conseil de quartier :

Veuillez cesser le vacarme

Réveillez sur-le-champ

l’homme qui ronfle

à tout rompre

*

Est Sainte-Anne de Beaupré, gravure de Bill Vincent, 1977 (courtoisie)

Coulée de phares

Inversion du volcan

au petit matin

Vrombissement des périphéries

Mouvement de la banlieue

vers le centre

L’hémorragie des voitures

phares grand ouverts

Lave de lumière aux sillons des routes

Le jour éclate sur la ferraille peinte

La radio fait état

de la circulation

Frise de bâtiment, selon les dessins de Marc Boutin (courtoisie)

Pour voir l’ensemble du projet Vies de quartier :

Je frencherais Félix Leclerc

Photo de couverture : Sébastien Girad Photographe

Bon, voilà, je vous ai déjà choqué avec mon titre. « Mais voyons, frencher Félix Leclerc!!! Elle a pas de bon sens, cette duchesse. C’est hard core, comme approche… et dire qu’elle provient de l’île d’Orléans… »

Ah la la! Eh oui, je sais, mais… Mesdames (ou Messieurs), cessez de refouler cette passion intime, artistique et charnelle pour cet artiste auteur-compositeur-interprète, poète, écrivain, animateur radiophonique, scénariste, metteur en scène et acteur québécois. Il est craquant un point c’est tout!

Mise en contexte

Certes, il est mort, mais pas tout à fait au cœur de notre communauté insulaire. En fait, il est partout dans nos maisons de pierre, près des clochers pointus, et on se surprend souvent à siffloter un air de P’tit bonheur.

Moi, chaque fois que je lis ses écrits, que j’entends sa voix ou que je l’aperçois en photo ou en vidéo (ouff), j’ai comme un frison artistique qui me shake la féminité comme gros rush de culture et de sex-appeal. Dire qu’il est décédé exactement cinq mois après ma naissance.

L’homme

Je frencherais Félix Leclerc!

Un regard sérieux, un sourire taquin et un rythme à tout casser. Il avait le mot juste et la prose infinie. Je ne peux m’empêcher de l’imaginer à accompagner mes longs bains, ici sur le chemin Royal, à Saint-Laurent. Il pourrait être là avec sa guitare et nous pourrions écrire, rire et chanter… Nus.

Ce qui est intéressant quand tu fantasmes sur un artiste mort, c’est que toute sa vie est écrite et disponible pour être savourée et découverte. Je trippe ben raide sur des photos de lui jeune et fringant et je voue littéralement un culte aux pattes d’oies et vestiges de fous rires qui se dessinent sur ses photos des années 50. Je trouve que sa peignure poivre et sel lui confère un air mature et profond (en fait, c’est peut-être juste que la photo est en noir et blanc, mais bon…).

Je dois toutefois avouer que ce que je préfère par-dessus tout, chez Félix Leclerc, c’est sa voix. Forte, portante, réconfortante qui communique les émotions, les histoires et les enjeux sociaux comme personne. Parfois, je rêve d’entendre une voix similaire lorsque je me promène au cœur de l’île au Familiprix, chez Spence ou encore au café La maison Smith à Sainte-Pétronille… Ce serait si beau, si inspirant… si renversant. Je pense que je frencherais cette voix-la!

Excusez-la (ou pas).

Le rituel pour faire rayonner son quartier

Qui n’a jamais ressenti une mauvaise énergie dans son quartier? Terminé, ce sentiment qui vous empêche d’aller prendre une bonne marche au soleil! Je vous propose ce petit rituel qui permettra de faire fuir les mauvaises énergies et reconnecter avec votre quartier. Je ne garantis pas qu’il y aura moins de bonhommes cochons assis sur le banc au coin de la rue, mais peut-être que cette fois-ci, ils ne vous parleront même pas! Rappelez-vous que tout le matériel est facultatif, l’important c’est votre propre énergie que vous mettrez dans le rituel. Une sorcière ne se définit pas par le nombre de bébelles qu’elle détient, mais par la force qu’elle possède en elle-même.

Photo pris en fin de journée, où on voit à gauche des arbres sans feuilles et à droit un bout d'immeuble à logements du Vieux-Limoilou et un clocher.

Photo : Fre

Vous aurez besoin de :

  • Sauge séchée (prenez-la à l’épicerie, ça devrait faire).
  • Un bol résistant au feu.
  • Une chandelle verte pour manifester l’équilibre avec votre voisinage, ou blanche si c’est plus simple pour vous.
  • Un quartz rose pour apporter le calme, l’amour et la confiance.

Pour débuter le rituel, mettez-vous face au nord.

Tracez un cercle avec votre doigt tout autour de l’espace que vous utiliserez pour créer votre cercle magique.

Placez le quartz devant vous et allumez la chandelle en vous concentrant sur votre intention.

Fixez la flamme en pensant à votre quartier, ses rues, bâtisses, parcs. Pensez à vos voisins, aux inconnus que vous croisez souvent, aux commerçants. Concentrez-vous sur les émotions que ces pensées vous font vivre.

Au moment d’éteindre la chandelle, faites sortir toutes les émotions négatives que vous avez accumulées par rapport à votre quartier. Éteignez la flamme à l’aide de vos doigts humectés de salive.

 

Prenez le quartz avec vous, la sauge et le bol résistant au feu et sortez à l’extérieur ou sur votre balcon.

Faites brûler la sauge en soufflant sur la fumée pour la diriger vers votre quartier et ainsi le purifier.

 

(Attention, la suite du rituel s’adresse aux initié∙e∙s.)

Rendez-vous dans la rue et soufflez la fumée de la sauge sur les passant∙e∙s.

Dites-leur : « Nous sommes solidaires » et/ou « Nous sommes uni∙e∙s ».

Faites-leur tenir le quartz et criez : « NOUS SOMMES FORT∙E∙S »

 

Clore le rituel en rentrant chez vous, satisfait∙e, et profitez dans les jours qui suivent de votre quartier, maintenant soudé et apaisé.

De roc et de pierre : l’Amérique latine au cœur de Saint-Roch

À la lecture de ce titre, vous vous êtes certainement dit que j’allais vous parler d’un nouveau restaurant latino-américain dans Saint-Roch et que vous sauriez désormais où manger les meilleurs enchiladas en ville. C’est très mal me connaître, Saint-Roch!

Je voulais plutôt vous parler du parc de l’Amérique-Latine, cette fabuleuse porte vers le Sud des Amériques, à même notre quartier. Il est situé tout près de la piste cyclable, de la rivière Saint-Charles, derrière le palais de justice.

Position du parc de l’Amérique-Latine. Photo : Google Maps et cell de la duchesse de Saint-Roch 2019

La duchesse de Saint-Roch jouant les révolutionnaires devant la statue de Bernardo O’Higgins. Photo : Christian Baron

Visiter ce lieu, c’est découvrir une tonne d’histoires au cœur de Québec. C’est s’ouvrir à certaines figures méconnues des manuels d’histoire nord-américains. C’est voir flotter tous les drapeaux des Amériques au cœur d’une tempête de neige.

Ce jardin est jonché de statues toutes bien alignées représentant les conquistadores et héros de la libération de l’Amérique latine.

Que des hommes, essentiellement…

Sauf la magnifique révolutionnaire bolivienne Juana Azurduy de Padilla, véritable exception!

Des héros…

L’héroïsme….

Lors d’une résidence de création à La Havane, en 2016, j’ai exploré lors d’une performance mêlant corporalité, chant et art vidéo la mémoire commune entre La Havane et le Québec. J’ai, entre autres, travaillé sur le personnage de Pierre Le Moyne d’Iberville. J’invitais les gens à se questionner sur la figure de héros versus celle de criminel. Les Cubains étaient fascinés par cette question, eux qui connaissent très bien ce paradoxe! Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un criminel notoire peut devenir héros pour les uns, criminel pour les autres, et vice-versa?

Le vidéo expérimental qui accompagnait la performance était une manière pour moi de faire un parallèle entre ma marche et mes rêveries dans le quartier Saint-Roch et ma déambulation dans les rues de La Havane. Il raconte à sa manière et poétiquement le périple d’une jeune Québécoise et sa quête d’indices, sur les traces d’un des héros de la Nouvelle-France, mort dans des conditions mystérieuses à La Havane.

Je vous laisse le découvrir à travers mes yeux de petite Saint-Rochienne à La Havane! Vous reconnaîtrez certainement des scènes de vie hivernale du quartier, superposées aux chauds palmiers du pays de José Mati.

https://youtu.be/9CmVVZKlN_Q

Michel Côté, un homme d’exception

C’est un bonheur de côtoyer ce Saint-Jambien originaire de Beauport, du temps où il y avait encore là-bas des champs d’aubépine magiques. C’est un homme polyvalent mais unique, un créatif d’une grande profondeur, un être d’exception. Probablement un des meilleurs jazzmans du Québec, avec son frère Pierre Côté. Celui-là, quand il joue de la contrebasse, il nous emporte illico. Ça vibre jusqu’à loin, au tréfonds de l’existant. Rien de moins. La musique, ça génère des liens entre les personnes, mais ça crée aussi de l’espace à l’intérieur des individus. Eux, ils créent de vastes espaces de liberté, notamment quand ils improvisent. Tous deux, en compagnie du saxophoniste Alain Boies, ils forment le CBC Trio depuis les années 1970. Aussi, avec Michel Lambert, ils sont le Maïkotron Unit, un projet intemporel de musique actuelle autour d’instruments inventés. Vous les avez peut-être entendus aux Mardi-Jazz du Fou-Bar, ou sur la scène de la Maison de la littérature, où ils accompagnent parfois les poètes, ou encore vous avez l’un de leur nombreux disques (ou cassettes!). Sinon je vous plains, je vous prie d’accueillir votre chance. Une telle qualité à notre portée, c’est rare.

Photo de Michel Côté tenant une guitare, habillé de noir, barbe blanche

Michel Côté, photo de Jean-Christophe Blanchet (courtoisie)

Compositeur et multi-instrumentiste, Michel Côté est un musicien éclectique. Sa musique est originale et sans compromis. Il a participé à de nombreuses tournées nationales et internationales et a joué avec des musiciens d’envergure, notamment au sein du Bill Dixon Orchestra à New York, avec qui il a collaboré plusieurs années et contribué à cinq albums. Michel est constamment à l’affût des expériences inédites. Présentement, il poursuit assidûment des recherches et développe un projet nommé Herbievore, un hommage essentiel au pianiste méconnu Herbie Nichols (1919-1963).

Michel ne fait pas que dans le jazz. Il mêle ses notes à la littérature vivante, pratique la musique contemporaine et se nourrit de musiques traditionnelles d’ici et d’ailleurs. Il joue de la clarinette basse, du saxophone, de la batterie, de la guitare, mais aussi, il est un as des flûtes et des percussions en tous genres… sans compter les instruments inventés. Comme cette « guitare de barbarie » conçue en 2018.

Photo d'une guitare de barbarie, qui ressemble à une guitare ordinaire, mais perchée tête en bas sur un trépied.

Guitare de barbarie, création de Michel Côté, photo de Jean-Christophe Blanchet (courtoisie)

Michel est par ailleurs un fin réparateur d’instruments. Dernièrement, il a ressuscité une vielle à roue et l’a apprivoisée. Elle est née en 1889 à Jenzat, un village d’Auvergne. Son père, Jacques-Antoine Pajot dit le Jeune, est le dernier d’une lignée de neuf générations de facteurs de vielles. La voilà, je vous présente Elvira Manivella, une grande dame nouvellement arrivée dans Saint-Jambe après une traversée mouvementée du temps et de l’océan Atlantique. Au début elle chantait comme une arrière-grand-mère en phase terminale, mais grâce aux soins minutieux de Michel (et plus de 75 heures d’ouvrage), elle a retrouvé sa voix. Elle est notamment vocaliste au sein d’un autre projet de création, celui-ci nommé ZumTrobaR.

Photo de la vielle à roue sur fond blanc

Elvira Manivella, photo de Jean-Christophe Blanchet (courtoisie)

ZumTrobaR est un projet que j’ai fondé et que je déploie auprès de Michel. Notre titre salue le médiéviste Paul Zumthor, le poète que nous interprétons. Il conjugue son nom au mot trobar, qui signifie « troubadour » dans la langue de ceux-ci, l’occitan.

Vous êtes les bienvenus au lancement de ZumTrobaR, et du CD L’oeil nu, le 14 mars 2019, lors du Mois de la Poésie.

http://www.moisdelapoesie.ca/prog2019/2019/2/5/lil-nu

ZumTrobaR remercie le sympathique Café Bistro Au Bonnet d’Âne pour sa magnifique échelle!

 

Entrevue avec les souliers de Sol Zanetti (3/3)

Voici tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les souliers de Sol Zanetti (voir la première partie, puis la deuxième partie).

Sur quoi ça les énerve le plus de piler?

Parizeau disait que la politique, c’est un océan d’orteils. Où que tu mettes le pied, tu piles sur des orteils tout le temps. Fait que ce serait de piler sur des orteils. En même temps, je pense que c’est inévitable, Il n’y a aucune action politique qui peut potentiellement plaire à tout le monde en même temps. Tu peux faire du surplace et les gens vont arrêter de crier. Faut juste choisir sur quel orteil tu vas piler.

Ont-ils déjà trompé leur propriétaire?

Non! Elles sont fidèles. Mais à moins que dans mon dos, quand j’étais pas là, je le sais pas. Ça serait surprenant parce que quand je m’en vais, je retire la semelle qu’il y a à l’intérieur. Ce serait donc vraiment une mauvaise expérience pour quelqu’un qui voudrait les essayer.

Dans leur identité de genre, s’identifient-ils comme souliers blancs?

Oui. Ils s’assument! Pour les souliers, la blancheur n’est pas un critère d’identification de la classe dominante. C’est le contraire, en fait. Ils sont un peu ostracisés. Ici, ils sont seuls. Il y a près d’un millier de personnes qui travaillent ici et ils n’ont jamais vu de leur semblable. Parmi l’aile solidaire, les souliers sont vraiment très ouverts d’esprit. Les Dr. Martens et mes souliers s’aiment beaucoup. Ensemble, ils forment un clan d’oppressés. Les minorités se ramassent entre elles et se soutiennent.

Pensent-ils piétiner le troisième lien un jour?

Ils espèrent que non. Ils espèrent vraiment que non. Faudrait pas que ce soit piétinable. Faudrait pas que ça existe. Faudrait pas que ça arrive. Peut-être qu’en fin de vie, lorsqu’ils ne seront plus portables dans cette noble institution, je pense qu’ils vont aimer aller dans les transports en commun.

C’est quoi leur blague préférée?

Il y a deux semaines, dans le journal, il y avait une réaction d’un type que j’aime bien, Jean-Pierre Charbonneau, un ancien parlementaire qui s’est beaucoup intéressé à la réforme du mode de scrutin. Il disait que quand il est entré député dans ses jeunes années, il existait une phobie des sandales dans le Salon bleu. On spécifiait que « les sandales même pas de bas » étaient à proscrire. Et là, la question qui se pose c’est est-ce que c’est pire des sandales pas de bas ou c’est pire des sandales avec bas? Ça, c’est la blague préférée de mes chaussures.

Comment se sont-ils sentis face à la controverse qu’ils ont causée par leur existence à l’Assemblée nationale?

Ils se sont sentis jugés. Ils se sont dit : « Si les gens me rencontraient pour vrai, ils trouveraient vraiment qu’il n’y a rien là ». Mais c’est comme si l’image projetée par eux dans les différentes chroniques a fait véhiculer bien des préjugés à leur égard. À entendre les chroniqueurs qui ne les ont jamais rencontrés, ils ne sont que des godasses, à la limite du portable. Que de viles chaussures.

Ce sont des chaussures philosophales.

Je te passe la plume!

Cher Gustave,
J’ai quitté le couvent ce matin, en douce après la messe. Ma cousine devait passer par le chanquier pour vous informer. Vous n’êtes pas venu à l’Intercolonial, j’ai attendu autant que j’ai pu. M’aimez-vous? Je ferai suivre de mes nouvelles à votre sœur à Bytown.
Tendrement, Sœur  Thérèse

Bonjour Lévis,

On commence à se connaître… Ça fait quelques jours déjà que tu me lis! Sache que dans les virgules qui composent mon CV, il y a animatrice littéraire… Ça mange quoi en hiver, une animatrice littéraire? Ça organise des soirées de poésie, des expositions, des lectures animées en CPE ou en CHSLD… Mais ce que j’aime plus que tout, c’est animer des ateliers d’écriture! J’en ai animé partout : en bibliothèque, en résidence, du primaire à l’universitaire, en passant par le Marathon d’écriture intercollégial, et même à la radio, un défi lancé Mickaël Bergeron, la duchesse barbue de Limoilou.

Aujourd’hui, voici ton défi d’écriture (si tu l’acceptes parce que moi aussi j’ai envie de te lire) :

Rédige une carte postale du passé et place ton texte en commentaire. Quelques lignes suffiront. Merci au Secteur des archives privées de la Ville de Lévis pour la belle collection et à Olivier Bolduc, archiviste-historien, pour la permission de les utiliser!

Inspiration pour ta carte postale :

1- Tu es un voyageur du temps…

2- Message important ne s’étant jamais rendu et qu’on ne retrouve qu’aujourd’hui

3- Voyageur venu d’un autre continent qui raconte Lévis (dans sa langue, si tu veux)

4- Réponds à ma carte à moi, si ça te dit, Gustave!

Pour en voir plus, voici l’album complet!

 

Merci à nos partenaires