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La revengeance des duchesses

Modèle recherché – la suite [rire diabolique ici]

Québec, le 10 février de l’année en cours

Cher journal,

Mon texte sur mes grosses fesses a fait quelques vagues (de gras), donc j’en profite pour en rajouter une couche (pas de gras, de mots!).

Un homme m’a confié, sous le couvert de l’anonymat, dans le noir, caché derrière un masque, avec un modulateur de voix, qu’il y a certains d’entre eux qui aiment les rondes (oh, le beau mot!).

Je corrigerais avec : les hommes aiment les femmes. Point. Tous types de femmes. C’est juste qu’ils ne le savent pas tout le temps. Ou ils ne l’avouent pas tout le temps. Faut dire qu’ils n’ont pas eu de modèles taille forte pour brainwasher leur cerveau depuis leur plus tendre enfance.

Je les entends déjà lutter dans leur sommeil. Non…non… pitié…

Mon anonyme interlocuteur a même ajouté : « Non seulement y’en a qui aiment les femmes rondes (oh, le beau mot!), mais y’en a aussi qui aiment les obèses morbides. »

Là, c’est moi qui l’ai coupé. C’en était trop. Les gens ne sont pas prêts à entendre ça. Lady Gaga s’étoufferait dans son toupet! Hugh Heffner serrerait ses lapins un peu plus fort, et Abercrombie perdrait connaissance.

Même moi, je ne pouvais pas l’entendre. Entendre aimer et morbide dans la même phrase est troublant.

On a de la misère à dire « aveugle » (non-voyant, pardon!) et « handicapé » (personne à mobilité réduite, je suis désolée…), mais utiliser « morbide » pour décrire la taille de quelqu’un, ça, ça passe. C’est médicalement et littérairement acceptable.

Parce que c’est pour son bien.

Elle doit savoir que sa vie est en danger et qu’elle risque la mort.

Même si elle est en pleine forme (c’est vrai, ça se peut pas, veuillez m’excuser).

La personne grosse, ronde (oh, le joli mot!), obèse, pige dans le tas, DOIT maigrir.

Pourquoi?

Parce que. C’est de même. On va dire que c’est pour sa santé, ça va bien paraître.

Elle DOIT rentrer dans le moule. Le moule de qui, ça, l’histoire ne le dit pas, mais il faut être comme les autres.

Sinon les autres vont faire des cauchemars, ils vont être dégoûtés. Posh Spice va hyperventiler, tout Hollywood va s’effondrer, et Vogue ne saura plus où mettre ses kodaks.

Collectivement, on va se trouver un autre mot, OK? Pour permettre l’amour d’entrer chez tout le monde et d’y laisser la morbidité loin, loin.

Pis non je ne finirai pas celui-ci avec un finger

Quoique…

À demain, si Dieu le veut…

A.

 

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