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Sauvons la vocation (agricole) des terres (version visionnaire)

À mon tour d’être visionnaire. Je consulte les étoiles.

Je m’habille en toge.

Je mets un masque qui, au temps de la tragédie, servait aussi de porte-voix.

Me voici qui proclame en gesticulant :

« Sauvons! Sauvons-nous. Pas dans le sens de fuir.

Sauvons-nous dans le sens de : sauvons notre honneur et notre histoire, sauvons ce qui nous reste. Cueillons les possibles pour réaliser une suite, pas une fuite, une suite.

Pour la suite du monde.

Sauvons la vocation. Une « vocation », c’est un appel. L’entendez-vous?

Le chant de la terre s’élève à travers le vrombissement des moteurs et des systèmes de climatisation. La terre nous parle, elle nous parle de nous.

Son chant remue les cycles de vie et de mort au fil des saisons.

Elle digère le temps, comme nous digérons ce qu’elle prodigue.

La terre a une vocation : celle d’être prodigieuse.

À ceux qui veulent bâillonner la terre. À ceux souhaitant la couvrir vivante, dans un sarcophage doré de statistiques et de fausses promesses progressistes. Entendez-vous? Son frère le vent porte des prophéties, il annonce secousses et inondations, poison industriel et famine sociale. Entendez-vous ce qu’il vous siffle à l’oreille : soyez maudits! »

Et là, effet spécial : il y a un nuage de boucane. Disparaît la chorale de sopranos qui jouait le vent. Deus Machina, voilà que je m’envole dans les airs et me transforme en hologramme, karaoké des paroles du chant de la terre, qui est une simple chanson à répondre, en Fa dièse.

Terres des Sœur de la Charité, dessin de Marc Boutin, 2016

Sauvons la vocation (agricole) des terres des Sœurs de la Charité (finale)

Les terres des Sœurs de la Charité, j’en ai parlé et j’espère que vous en parlerez à votre tour. D’autres en parlent. Notamment, je vous invite à vous intéresser au groupe Voix citoyenne et à visionner ce reportage d’une dizaine de minutes sur le sujet.

https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/90425/terres-agricoles-developpement-urbain-soeurs-charite

www.facebook.com/voixcitoyennequebec

www.citylab.com/environment/2019/01/quebec-city-new-homes-for-sale-agricultural-land-sprawl/580402/?utm_source=fbb&fbclid=IwAR0lkdyrbualLDqMaGVM5cxF1iwuRwr3UL7d7kUp2QRqYNMV4aveyixBzJE

 

Gens de Limoilou : Jimmy Hamel, l’hurluberlu personnage

Joëlle : Raconte-moi une histoire.

Jimmy : Je suis nouvellement arrivé à Québec. Je suis travailleur social de formation. Pis là, j’ai décidé en juin dernier de me lancer en humour comme humoriste et conteur d’histoires avec un personnage que j’ai créé il y a déjà neuf ans, un fermier de vaches laitières du nom de Marcias Portelance.

Mon objectif, c’est vraiment d’axer mon contenu sur l’agroalimentaire. Mes clients sont autant des entreprises et des initiatives agroalimentaires que des agriculteurs.

Il y a différentes façons dont je les mets en lumière. Par exemple, par des capsules personnalisées que je fais passer sur mes réseaux sociaux. Ce sont des capsules très courtes, humoristiques, avec des liens faits avec leurs produits et l’humain derrière en utilisant le storytelling. On engage aussi mon personnage pour animer des événements maraîchers et mettre les entreprises présentes en lumière auprès des passants.

Mon travail est un exercice d’improvisation. C’est une structure en squelette avec quelques punch lines thématiques que je construis et avec laquelle je joue en incarnant Marcias. Tout se construit dans mon imaginaire avec tout ce que je vois. Je partage avec le client et le marchand. J’ai besoin de peu pour faire beaucoup. Tout est dans les détails.

Mon personnage est à ma couleur. Il parle beaucoup. Mon côté travailleur social se dépeint à travers Marcias qui se veut un peu hurluberlu, mais en même temps sensible à l’humain, à tout ce qui est agroalimentaire, proche de la nature et du soin des animaux.

J’essaie de saisir cette effervescence qui est là à Québec depuis une dizaine d’années. L’achat local, l’autosuffisance, les enjeux autour de l’agriculture et aussi les enjeux sociaux reliés. J’ai longtemps été militant. J’ai été membre de Greenpeace.

Un petit pas pour le fermier et un grand pas pour l’humanité!

Joëlle : Pourquoi Limoilou?

Jimmy : Ce qui m’a charmé dans Limoilou, c’est vraiment cette effervescence-là d’initiatives agroalimentaires qui poussent comme une tale de champignons. Pour moi, de pouvoir shtroumpher leurs idées en quelque chose d’humoristique et de charismatique, ce serait quelque chose de beau à faire valoir ici.

Puis, d’ailleurs, le marché public de Limoilou est quelque chose qui est très en vogue durant la période maraîchère. C’est l’un de mes objectifs d’essayer d’aller les charmer avec mon personnage à l’été 2019 prochain.

  • Jimmy Hamel, humoriste et conteur d’histoires sous le nom de Marcias Portelance

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Sauvons la vocation (agricole) des terres (version terre-à-terre)

Sauvons la vocation (agricole) des terres (version lyrique)

Paroles, voix et figuration : Hélène de Saint-Jambe, duchesse de la Revengeance 2019

Photographies : Wartin Pantois

Montage : Olivier Breton

Sauvons la vocation (agricole) des terres (version terre-à-terre)

La rue Saint-Jean a perdu de sa vitalité. Plusieurs échoppes sont vides. La boucherie pue la moisissure. Son bâtiment est barricadé par les panneaux publicitaires d’agents immobiliers qui présentent une vision vaudevillesque de ses futurs appartements. Le poissonnier d’en face a déménagé. Heureusement, pas loin, il y a Langlois, l’épicerie asiatique qui dépanne en fruits et légumes. Pas facile d’en trouver de bons. Avez-vous remarqué la qualité décroissante de ce qui se vend dans les grandes surfaces? Heureusement qu’existe le Marché de proximité1.

En passant, les terres agricoles sont une ressource non renouvelable. Depuis 1971, le Canada a perdu plus de quatre millions d’hectares de ses terres agricoles, principalement en raison de l’étalement urbain.

Les terres des Sœurs de la Charité constituent une enclave urbaine située dans le secteur Bourg-Royal, à Beauport. Leur superficie de 200 hectares (2 km2) offre un territoire agricole d’exception. Cela prend des milliers d’années à la Nature pour en générer de tels. Véritable matrimoine, elles sont cultivées depuis les débuts de la Nouvelle-France. Les sols de ces terres retiennent les eaux. Comment réagiront les rivières Montmorency, Saint-Charles ou Lorette si les terres des Sœurs sont bétonnées par un projet immobilier?

Ces terres sont plutôt l’occasion d’élaborer un projet d’agriculture locale. Non pas un projet visionnaire, mais un projet terre-à-terre. Un projet écologique pour réduire les transports, pour accéder à une autonomie alimentaire, surtout pour contrer l’insécurité alimentaire de tous; l’insécurité alimentaire des personnes démunies certainement, mais aussi celles des personnes en général : consommateurs à qui on vend des produits louches, transformés et regorgeants de pesticides. L’insécurité alimentaire finalement, c’est de ne pas savoir ce qu’on mange en sachant qu’on nourrit notre cancer.

Les terres des Sœurs de la Charité pourraient devenir une FUSA, une Fiducie d’utilisation sociale agricole, où chacun y aurait sa part en bouffe biologique, sauf les agents immobiliers.


1 Le Marché de proximité de Québec propose un accès à des aliments produits localement via une plateforme de commande web et des points de chute hebdomadaires.

Lien : www.marchequebec.org

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