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Gens de Saint-Jambe : Marc Boutin

Un poète de Saint-Jambe se consacre aux luttes urbaines du centre-ville depuis des lustres. Il m’a dit : « J’y suis né, j’ai vécu plus de vingt ans dans une ville d’une densité démographique à faire rêver et, à partir de 1965, j’ai assisté à un massacre, à un exode et à un détournement de sens dont je ne me suis jamais remis ».

Depuis, il s’est battu pour ou contre la zone 2 (quartier chinois), l’îlot Berthelot, le Mail et la Grande Place dans Saint-Roch, le Patro Saint-Vincent-de-Paul, les îlots Irving ou Esso, le Centre Durocher…

Marc Boutin, dessin de Hélène Matte

Les premières fois que j’ai vu Marc Boutin, c’était dans les années 1990 à l’Université populaire du Com pop. Puis, je l’ai suivi à travers le journal Droit de Parole, dont il était l’un des fondateurs, il y a plus de quarante ans. Enfin, j’ai croisé Marc dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste comme j’ai croisé d’autres militants vifs et authentiques pour qui j’ai beaucoup de reconnaissance. Ce qui fait la particularité de Marc cependant, c’est la quantité de ses traces : plans, maquettes, contre-projets d’architecture, écrits et dessins forment un important corpus. C’est ce qui a motivé l’exposition dont j’ai été commissaire au Lieu en 2017. Bien qu’individuelle, son œuvre jette la lumière sur les luttes populaires et la solidarité. Elle manifeste une volonté de vivre-ensemble, de mieux-être collectif et d’autodétermination. Lui rendre hommage, c’est saluer la communauté des citoyens critiques et impliqués, concernés par les délires et incongruences urbanistiques de notre petite ville, de notre grand village de Québec.

Plan de Saint-Jean-Baptiste, dessin de Marc Boutin, photo de Patrick Altman

Quand j’ai visité son atelier, j’ai été happée par la finesse du dessin et compris que, bien qu’officiellement urbaniste ou journaliste, Marc est un véritable artiste. Non seulement il a la capacité de saisir la beauté du quotidien par des scènes urbaines ou de banlieue lointaine – et par là, ne jamais être vaincu par le désenchantement –, mais aussi ses principaux matériaux sont la critique et l’imagination. Et son œuvre, c’est la communauté : une « communauté affrontée », une communauté dissidente, une communauté utopique mais néanmoins réelle, une « communauté qui vient », comme diraient certains philosophes.

De ses dessins à ses plans de géographe, l’art de Marc est populaire. Il redéfinit néanmoins la conception du terme « art populaire ». Il ne s’agit pas d’une candeur esthétique retrouvée dans certaines représentations figuratives, mais d’un art alternatif qui a l’audace d’espérer, sinon de dénoncer, et qui se réalise par, à propos de, et pour le populaire : bref, un art citoyen.

Marc a toujours de bonnes idées en vue d’améliorer l’espace collectif. Son truc, c’est de penser aux piétons plutôt que de s’abêtir au tout-à-l’automobile.

 

Ici, on voit le croquis d’un projet de passerelle permettant de traverser en sécurité du centre Lucien-Borne jusqu’au quartier.

 

 

Patro Saint-Vincent-de-Paul, dessin de Marc Boutin

Sa proposition pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul comprend des logements sociaux et des espaces publics verts permettant de longer la falaise. Plus récemment, à la suite d’une consultation publique, il a dessiné un plan pour ajouter des « rues partagées » dans le faubourg et proposer aux ingénieurs de la ville de changer la direction de certaines voies de circulation pour ce faire.

Plan rues Sainte-Madeleine et Saint-Augustin, dessin de Marc Boutin

Marc fait aussi d’excellentes caricatures : l’éléphant blanc (fig. 06) vous rappelle-t-il quelque chose?

Centre Vidéotrompe, dessin de Marc Boutin

 

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