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De roc et de pierre : l’Amérique latine au cœur de Saint-Roch

À la lecture de ce titre, vous vous êtes certainement dit que j’allais vous parler d’un nouveau restaurant latino-américain dans Saint-Roch et que vous sauriez désormais où manger les meilleurs enchiladas en ville. C’est très mal me connaître, Saint-Roch!

Je voulais plutôt vous parler du parc de l’Amérique-Latine, cette fabuleuse porte vers le Sud des Amériques, à même notre quartier. Il est situé tout près de la piste cyclable, de la rivière Saint-Charles, derrière le palais de justice.

Position du parc de l’Amérique-Latine. Photo : Google Maps et cell de la duchesse de Saint-Roch 2019

La duchesse de Saint-Roch jouant les révolutionnaires devant la statue de Bernardo O’Higgins. Photo : Christian Baron

Visiter ce lieu, c’est découvrir une tonne d’histoires au cœur de Québec. C’est s’ouvrir à certaines figures méconnues des manuels d’histoire nord-américains. C’est voir flotter tous les drapeaux des Amériques au cœur d’une tempête de neige.

Ce jardin est jonché de statues toutes bien alignées représentant les conquistadores et héros de la libération de l’Amérique latine.

Que des hommes, essentiellement…

Sauf la magnifique révolutionnaire bolivienne Juana Azurduy de Padilla, véritable exception!

Des héros…

L’héroïsme….

Lors d’une résidence de création à La Havane, en 2016, j’ai exploré lors d’une performance mêlant corporalité, chant et art vidéo la mémoire commune entre La Havane et le Québec. J’ai, entre autres, travaillé sur le personnage de Pierre Le Moyne d’Iberville. J’invitais les gens à se questionner sur la figure de héros versus celle de criminel. Les Cubains étaient fascinés par cette question, eux qui connaissent très bien ce paradoxe! Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un criminel notoire peut devenir héros pour les uns, criminel pour les autres, et vice-versa?

Le vidéo expérimental qui accompagnait la performance était une manière pour moi de faire un parallèle entre ma marche et mes rêveries dans le quartier Saint-Roch et ma déambulation dans les rues de La Havane. Il raconte à sa manière et poétiquement le périple d’une jeune Québécoise et sa quête d’indices, sur les traces d’un des héros de la Nouvelle-France, mort dans des conditions mystérieuses à La Havane.

Je vous laisse le découvrir à travers mes yeux de petite Saint-Rochienne à La Havane! Vous reconnaîtrez certainement des scènes de vie hivernale du quartier, superposées aux chauds palmiers du pays de José Mati.

https://youtu.be/9CmVVZKlN_Q

Lumière sur Saint-Sauveur

Saint-Sauveur, tu m’inspires la créativité.

J’aime t’illustrer, te prendre en photo, te dessiner et te bricoler. Ton décor m’amène des idées surprenantes, de couleurs et de textures qui trouvent des façons originales de se mélanger. Tu offres des couchers de soleil fabuleux entre tes rues étroites, bordées de maisons dont les façades semblent danser et se prendre par la main avec les fils des poteaux électriques.

Illustration à l’aquarelle avec encre de Chine
Myriam Nickner-Hudon


Ce billet rappelle ma performance sur scène lors de la soirée de lancement de la Revengeance. Malgré la peur et les tabous, j’ai choisi de m’exprimer sur mon parcours difficile avec une allégorie sur le vitrail. Dans toute ma vulnérabilité, j’ai décrit comment j’ai pu réparer mon esprit avec beaucoup d’efforts et de patience, comme le requiert cette pratique artistique.

Vitrail représentant Saint-Sauveur, par Myriam Nickner. 2017

D’un projet à l’autre, la réalisation de ces œuvres m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi-même. J’ai pu cultiver ma patience et exprimer toute ma sensibilité dans ce loisir magnifique. Le vitrail m’a montré ce dont j’étais capable et davantage. J’ai pu grandir à travers les rencontres, les échanges, les apprentissages et les défis de chaque projet. Si je n’avais pas fait du vitrail avant, je n’aurais pas eu la préparation mentale suffisante pour me donner le courage de participer à la Revengeance.

Je dessinais beaucoup avant, mais j’ai arrêté de créer en arrivant au cégep et à l’université. Même si je brouillonnais encore un peu dans mes notes de cours, j’ai été longtemps déconnectée de ce côté de ma personnalité. La découverte du vitrail m’a permis de me remettre « sérieusement » à l’art, car le dessin que je débutais allait se transformer en une œuvre durable et un objet physique précieux. J’investissais dans la création d’une œuvre dont je voulais être fière et qui allait m’accompagner dans ma vie. 

J’en ai appris beaucoup sur la santé mentale depuis les dernières années. J’ai beaucoup souffert, mais j’en suis ressortie grandie. Je suis plus forte qu’avant, entre autres car je suis plus consciente et compatissante face aux difficultés et aux limites des autres. J’ai des cicatrices de sagesse, un peu comme les plombs qui connectent ensemble des morceaux de verre aux couleurs variées et qu’une fois soudés en place, en révèlent toute la beauté. J’ai fait ma place en assumant davantage mon authenticité, ma sensibilité et ma vulnérabilité pour arriver à connecter avec les gens.

J’ai aussi réalisé que j’avais du talent. Ça m’a pris un moment pour me faire confiance ou du moins, à moins douter de la qualité de ma création. J’ai eu la chance de recevoir des beaux commentaires sur mes créations, que ce soit le vitrail, l’écriture, le dessin ou la peinture. 

Je ne suis pas allée en arts au cégep ou à l’université. Je n’ai pas le vocabulaire intellectuel ou les notions techniques sur l’esthétique. Des fois, je me dis que je manque de légitimité académique pour me qualifier comme une artiste. J’aimerais ça postuler pour des projets de médiation culturelle, mais j’hésite. Je suis peut-être pas encore prête, pas encore rendue là dans ma démarche.

Pour le moment, l’essentiel et la joie, c’est d’apprendre au contact de personnes extraordinaires et inspirantes. Mes professeurs, Carole et Armelle, mais aussi Diane et les autres mamies, me guident dans cette discipline complexe et mes réflexions personnelles. J’ai appris à développer de nouvelles perspectives et à voir le monde autrement. Je ne vois plus l’espace, les sujets et les lignes comme avant. Je vois des morceaux qui peuvent être travaillés et texturés pour rappeler les détails et les mouvements. Il y a quelque chose dans les couleurs, la matière et la lumière qui me touchent et qui me parlent.

C’est jouer avec l’abstraction et l’ambiguïté de ces idées. Dans l’art comme dans la vie, on peut repousser la limite de ce que l’on croit être possible.

Je suis autonome et je sais me débrouiller, mais on a toujours besoin d’un peu de soutien et d’un regard expérimenté pour t’aider à persévérer quand tu es prise ou coincée. J’apprends en étant accompagnée et soutenue dans ma démarche. Ça me donne la base solide pour sortir de ma zone de confort et innover dans ma manière de concevoir mes prochains projets. Je sais que ça va être difficile, mais que je vais avoir de l’aide pour y arriver.

J’essaye d’exprimer toute ma gratitude en partageant mon savoir-faire et ma sagesse en retour. J’encourage les gens à essayer de créer, tout simplement, et à faire le premier pas pour réaliser quelque chose de nouveau. On se surprend tellement. Au pire, on aime pas ça et c’est correct aussi.

L’important, c’est d’entreprendre et de se permettre d’échouer pour apprendre comment on est capable de faire des choses, car on s’est donné la peine d’essayer.

Voici des images de mon processus créatif dans le local de l’école de vitrail. Merci à Michaël Gosselin pour les belles images.

 

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