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En as-tu vraiment besoin? (2e partie)

… d’un an d’essence à gagner?

Quel cadeau empoisonné! La granola en moi vous parle. Je reprends ici les mots de la duchesse de Limoilou 2017 :

« … je me suis inquiété pour mes concitoyens et concitoyennes. Comment une personne peut-elle garder sa santé mentale tout en affrontant, tous les jours, deux fois par jour, même, ce damné trafic?

C’est complètement inhumain. C’est de la torture. Coincé dans une boîte de métal, bien souvent seul, donc sans chaleur humaine, sans réconfort, sans discussion, à se battre pour chaque maudit centimètre… »

Pas assez écœurée du temps que tu passes dans ta voiture? Tiens, davantage! Et je ne dis pas que ce sont des méchantes, les personnes qui roulent en char. Il est souvent question des horaires ou des parcours pas possibles en transport en commun (ou simplement des zones mal ou pas desservies) qui poussent les personnes à choisir l’auto. C’est une drôle de situation : acheter un char pour aller travailler… pour se payer un char (et toutes les dépenses associées).

Qu’est-ce que j’aurais aimé à la place, comme cadeau? Quelque chose pour ma personne, pas pour ma bagnole! Quelque chose qui sort de l’« auto(bus)/boulot/dodo ». Pas besoin de feux d’artifice non plus. De la culture, mettons :

– Un abonnement croisé pour les théâtres de Québec. Combien de personnes, pour différentes raisons, vont moins d’une fois par an au théâtre? (Question reprise de la pièce « Le No Show » – quelle pièce!)

– Un abonnement au Clap. En passant, à partir du 9 mars, « Bras de fer », le documentaire des frères Seaborn sur la poussière rouge à Limoilou, sera à l’affiche. À ne pas manquer!
Bon, au moins, il était possible de gagner des billets et abonnements pour le MNBAQ. Je salue, partiellement, l’initiative du Carnaval.

 … d’un troisième lien?

Tsé, les messieurs qui parlent de ça comme l’avenir… ce sont clairement des gens jaloux de notre beau Limoilou! Parce que nous, un troisième lien, on l’a déjà, depuis longtemps! Checke ben ça :

  Crédit : Stéphane Groleau, Vegane Québec

Détrompez-vous, chiffres à l’appui : « vivre en périphérie [n’est pas] nécessairement une meilleure affaire, financièrement, que vivre en ville ». Et si l’on reprend les mots de Lewis Mumford, « ajouter des voies de circulation pour faire face à la congestion du trafic, c’est comme desserrer sa ceinture pour soigner l’obésité ».

Et je pourrais continuer avec :

… d’une tour à condos à Limoilou?

… d’un incinérateur en 2018?

Mais la Revengeance achève, malheureusement. Je vous salue royalement, et j’espère qu’on se reparlera de vive voix!

Dénonciation du condo de banlieue

Il y a un côté de Neufchâtel que j’ai de la misère à sentir, pour le dire poliment.

Ses condos.

Et tous les condos de banlieue. J’entends par là ces constructions en série, à l’apparence moderne et neuve, en vérité bas de gamme, inaccessibles en transport en commun et, surtout, tous à vendre. Dans un rayon de deux kilomètres autour de chez moi, j’en trouve… 159. Pour les nerds de mathématiques (lire : moi), c’est 25,32 condos à vendre par kilomètre carré.

Condos à l'infini

Images de pixabay.com

Oui, je suis une hypocrite : j’habite un de ces monstres. Pas par choix, mais parce que mon conjoint était déjà propriétaire quand nous avons décidé d’habiter ensemble. Consultez le marché et la statistique ci-dessus et vous comprendrez qu’un condo à Neufchâtel, c’est invendable. C’était donc habiter là avec lui, ou demeurer seule à Saint-Roch.

Avoir su…

Au début, je trouvais que c’était cool, comme un appartement dont tu es le propriétaire. J’avais le droit de peinturer à mon goût! Changer la cuisine et les planchers! En plus, tout le monde sait qu’être propriétaire, c’est le rêve, le summum du capitalisme, la preuve parfaite de notre réussite sociale. Un « bon move » financier, un actif sous la ceinture, un penchant dans la Grande Balance Bancaire des prêts et du crédit.

Sauf les condos invendables de Neufchâtel. Il m’a révélé sa vraie nature de fardeau financier, de boulet immobilier qui tombe en ruines un gros neuf ans après sa construction.

Et j’ai découvert les règlements et les frais de condos.

Ces règles qui m’empêchent d’embellir mon balcon à mon goût, ou d’avoir un gros chien. C’est connu, plus la force d’attraction qu’exerce la gravité sur un chien est élevée, moins vos voisins sont contents.

Ces frais qui couvrent un déneigement de stationnement à peu près inexistant et l’entretien de deux plates-bandes rabougries où pisse le minuscule chien du voisin (au poids réglementaire).

Ces frais qui ne couvrent pas les infiltrations d’eau, ni la toiture qui s’égrène au moindre coup de vent, ni la dégénération effrénée d’un investissement immobilier.

Notre condo se trouve dans un bâtiment identique aux mille autres qui l’entourent, et la plaque numérotée à notre adresse, aux couleurs assorties à la façade (il ne faut surtout pas que ce soit laid), est difficile à discerner. Notre condo est une case parmi d’autres cases.

Pour moi, le choix est clair. Banlieue : petite maison. Centre-ville : condo. Il me semble qu’un quartier résidentiel entièrement composé d’immenses tours et de blocs beiges identiques, presque sans commerce, transport en commun, vie de quartier, même sans humanité, c’est…

Déprimant.

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