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« La ville est à nous, qu’y disaient »

Cristina Moscini, OG duchesse de Beauport 2010 et maîtresse de cérémonie des vieux lancements


Photo : Francis Gagnon – Archives Revengeance

 

2010, en années web, c’est il y a un siècle déjà. Je faisais souvent la blague, lors de l’animation de lancements, qu’au début du blogue, on n’avait même pas Internet. C’était un peu vrai dans mon cas. J’avais comme possessions mes 22 ans, des bottes de cowboy qui prenaient l’eau et des travaux d’université en retard. J’allais dans les bars comme le Temps Partiel ou le Scanner, ou à Gabrielle-Roy pour utiliser leurs ordis et créer mes billets pour le blogue. C’était aussi une des premières fois que j’avais une tribune aussi effervescente pour m’exprimer sur ce que je voulais. Les médias nous trouvaient trash, délurées (je m’exprimais alors à coups de tabarnak, de câlices – ça a tellement changé), et c’était comme mes médailles.

Est-ce que c’est trash à comparer au contenu qu’on trouve sur toutes les plateformes aujourd’hui, de vlogueurs, blogueurs, d’Instagram-famous thots, d’ados qui mangent des Tide-Pods pour le fame ou pour le goût ? Peu. Le monde change rapidement, le paysage médiatique dépeint un reflet amplifiant ou déformant des bêtes de cirque qui le construisent (allo!). Mais la Revengeance conserve sa pertinence, avec des cohortes qui ont en commun un verbe pulsant, une dignité de cœur et de l’huile de bras pour valoriser, décrier leur quartier. Sans censure. Dans mon temps, je ne saisissais pas l’importance d’articuler sa pensée vers le mot, l’image. Je le faisais naturellement car je suis spéciale comme ça, mais reste que dix ans plus tard, même si les tribunes se multiplient, même si on peut écrire ses statuts Facebook sur le bol, le muselage est toujours là qui nous guette toutes si on ne fait pas attention, si on ne prend pas le temps de s’écouter, de se faire de la place, de se faire attention.

Ça a l’air de rien, mais chu rendue mature en crisse. En dix ans, plusieurs duchesses ont eu le temps de fonder des familles, de poursuivre ou changer de carrière, de créer de nouvelles alliances ou amitiés, de starter de nouvelles entreprises, de créer des expos, des spectacles, d’écrire des livres, de se raser la tête, de se montrer les boules, de quitter la ville de Québec, mais sans jamais perdre du lustre de cette couronne qu’on n’enlève pas. De cette idée d’harmonie comme de combat, de solidarité comme d’indépendance, de créativité et de ciel à agrandir. Parce que nos nuages sont déjà finis d’être pelletés.

À toutes les belles froides, vieilles comme nouvelles, bonne Revengeance!

XOXOX

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