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Rencontre avec Catherine Monna de Cassis Monna et filles

Photo gracieuseté de Catherine Monna

Photo gracieuseté de Catherine Monna

Dans les locaux de la Monnaguette, le resto de l’entreprise Cassis Monna et filles, Catherine Monna m’accueille. Dans ce décor légèrement hétéroclite d’où se dégage une atmosphère chaleureuse, elle me sert un café au lait. On échange sur l’agriculture, sur l’année qui vient de se terminer, les joies et défis qui l’ont meublée, sur la place des femmes en agriculture et en entrepreneuriat, sur le patrimoine… La pièce s’emplit de partages, de rires, de confidences, d’espoirs.

« Catherine, peux-tu me parler un peu du cheminement qui t’a menée à prendre la relève de l’entreprise familiale? »

« Avec des parents ayant des entreprises agricoles, en grandissant, l’entrepreneuriat c’est le seul modèle que j’ai eu. Ça m’a imprégnée. Déjà petite, je fabriquais des choses en me disant que je pourrais les vendre. »

Catherine a vu son père vivre ses deux passions : les arts et l’agriculture. Elle aimait le suivre dans toutes les activités de l’entreprise. Catherine a étudié en arts visuels avec spécialisation en photographie, pour la liberté et la créativité de ce domaine. Au début des années 2000, son père lui a proposé de s’impliquer dans l’entreprise. Elle est plongée dans l’aventure en créant la Monnaguette. Avec son copain de l’époque, elle a contacté des fournisseurs et créé un menu, bref, elle a inventé le resto d’un bout à l’autre. En 2004, l’arrivée de sa sœur Anne dans l’entreprise et la prise de relève officielle par les filles a obligé la famille à repenser les rôles chez Cassis Monna. Catherine a alors pris en charge l’aspect production aux champs ainsi que la transformation, et on a changé le nom de l’entreprise pour Cassis Monna et filles.

Crédit : Marjolaine Turcotte

Crédit : Marjolaine Turcotte

« Est-ce que, selon toi, le fait d’être une femme a influencé ton parcours, que ce soit de façon positive ou négative? »

« J’ai eu la chance d’avoir un père féministe, qui croyait que l’avenir appartenait aux femmes. Il m’a toujours dit que j’étais capable de faire n’importe quoi si je le désirais. »

Cela dit, elle a dû faire face à l’incrédulité de fournisseurs qui « demandaient à voir le boss… le vrai boss… » Elle a dû aussi composer avec des clients qui retardaient des paiements en ayant comme seul argument : « C’est comme ça que ça marche, les petites filles. » Catherine et Anne ont travaillé fort pour faire leur place dans des milieux (celui de l’agriculture, celui de l’entrepreneuriat et celui des liquoristes) qui sont majoritairement masculins. Catherine déplore d’ailleurs que peu de femmes se trouvent à la tête d’entreprises. « On répète aux femmes qu’elles ne peuvent pas tout avoir, qu’elles devront choisir entre avoir une famille ou une entreprise. Mais c’est pas vrai, l’entrepreneuriat permet un équilibre, de se faire une vie à notre image, si nos valeurs dirigent nos choix. »

« Catherine, l’île d’Orléans, ça représente quoi, pour toi, en quelques mots? »

« C’est les paysages de mon enfance… C’est une terre que j’aime d’amour, un endroit où je suis en sécurité. En même temps, quand je la regarde, j’ai une pointe de tristesse, parce que je considère qu’elle n’est pas développée à sa pleine valeur. Le défi, c’est de développer sans dénaturer… C’est un joyau fragile avec un grand potentiel. »

Crédit : Marjolaine Turcotte

Crédit : Marjolaine Turcotte

Merci, Catherine, pour cet échange enrichissant. Merci de faire rayonner le savoir-faire local jusqu’à l’international. En 2017, Cassis Monna célébrait ses 25 ans et la Monnaguette, ses 15 ans d’existence. C’est inspirant de voir qu’une entreprise peut grandir et être prospère tout en restant alignée sur des valeurs humaines fortes.

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