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Avoir 5 ou 28 ans à Neufchâtel

Quand j’étais petite, mes grands-parents nous gardaient tout le temps. En avant de leur maison, rue Henri à Baie-Comeau, à l’époque où je croyais que c’était la rue En Riz, le riz étant évidemment caché sous l’asphalte, il y avait un parc. Un terrain de jeux pas de nom, à côté du centre de loisirs, la patinoire et l’école préscolaire que je fréquentais.

C’est là que mon amour des parcs a débuté. Ma sœur et moi, on se balançait côte à côte en chantant les chansons de l’heure à tue-tête. Genre la chanson-thème des schtroumpfs. Certains adultes nous trouvaient drôles. (D’autres moins, mais franchement, un enfant qui chante la chanson des schtroumpfs à tue-tête sur une balançoire, si ça te met en tabarouette, tu devrais te remettre en question.)

Plus vieille, sur mon cul-de-sac de Pointe-Lebel, à soixante pas de la maison familiale, ils ont bâti un parc. Notre parc! J’étais rendue un peu vieille, mais le soir, la gang de la rue des Pins et moi, c’est là qu’on allait chiller. Et jouer à la bouteille en cinquième année. Et se chuchoter nos kicks en gloussant dans le tunnel en plastique rouge qui reliait les deux parties du module Jambette.

Peu de gens le savent, mais je régresse à l’âge de cinq ans quand je suis dans un parc. Je trippe sur les glissades. Et comme c’est un peu creepy de me tenir là l’été, à l’âge que j’ai, je les préfère l’hiver, quand ils sont tristes et abandonnés. Quand les couleurs criardes des modules de jeux contrastent avec la blancheur de la neige à peine piétinée qui en tapisse les fondations. Quand les enfants vont y jouer une demi-heure le matin avant de passer à autre chose parce qu’il fait moins trente et qu’ils ont perdu une mitaine.

Cette année, pour vous, j’ai décidé de faire le tour des parcs de Neufchâtel. Pas tous, parce que coudon, je fais semblant d’avoir une vie, mais quand même.

 

Nous avons commencé par un dîner bien tassé au fameux Boston Pizza L’Ormière, toujours tranquille le dimanche midi. Côté resto-bar, à part deux filles dans une autre banquette, il n’y avait que nous – les cheveux aplatis par les tuques et les culottes de soute faisant squick-squick, deux véritables régionaux sortis dans grand’ville. J’y ai dégusté l’excellent burger végétarien de quinoa (une belle alternative aux haricots noirs habituels) assorti d’un Bloody Ceasar bien piquant. Histoire de profiter de mes vingt-huit ans avant de régresser à cinq.

 

Lunch de duchesse

Photos par Joannie Morissette-Dupuis

 

 

 

 

Premier arrêt, parc de Mexico. Le nom m’a donné envie de profiter du soleil, alors je me suis

Bain de soleil au Parc de Mexico

Photo par Steeven Lambert

étendue sur le banc enneigé et j’ai profité des doux rayons, malgré la morsure du moins trente sur mes joues. De beaux modules, une glissade juste assez recouverte de glace pour trop glisser (c’est plus le fun de même) et une grosse roche pleine de graffitis, signé nos renommés bums de Neufchâtel. De Mexico : dix sur dix.

« Overwhelmed » par la maison en plastique du Parc d’Évora

Photo par Steeven Lambert

Par la suite, le parc d’Évora, plus récent, dans un des racoins cossus du quartier. Je me sentais un peu bête, entourée de baraques à huit cent mille (neuf cent? un million?), pendant que des monsieurs passaient la souffleuse en ignorant la débile qui se plantait dans le banc de neige. Des aires plus enfantines ici, moins criardes (pour ne pas jurer avec lesdits châteaux, probablement). Même la maison en plastique était trop intense pour moi. Quand même, dix sur dix.

Parc Saint-André, alors là, on s’est laissé aller. Situé juste à côté du centre des loisirs, des

La corde à linge de Saint-André

Photo par Joannie Morissette-Dupuis

terrains de sport et d’une patinoire; et pas un chat, puisque les glissoires étaient encore ensevelies sous la neige! J’y ai trouvé le plus adorable module style corde à linge urbaine avec un arrêt de bus au bout. Et un truc auquel on s’accroche et qu’on fait tourner. Mon chum n’y a pas survécu. (À six pieds trois, c’est pas évident à faire fonctionner.) Dix sur dix.

 

Le paradis Prévert

Photo par Steeven Lambert

Arrêt final au parc Prévert, en longeant la patinoire enneigée et les terrains de tennis hors-service. Nous avons été accueillis par un module gigantesque et je suis devenue folle. Quatre-cinq glissoires, des passerelles, des murs d’escalade dont l’utilisation en bottes de Ski-Doo était vouée à l’échec hilarant. On commençait à se les geler, mais tant pis. J’avais trop de plaisir pour arrêter. Dix sur dix.

À Neufchâtel, la meilleure façon de terminer une tournée hivernale des parcs, c’est au

Chocolats chauds coconut & caramel fleur de sel du Chocolato

Photo par Joannie Morissette-Dupuis

Chocolato, coin Chauveau et Robert-Bourassa. Cette franchise a succédé au défunt Menchie’s l’été dernier, et, heureusement pour mes papilles (malheureusement pour mon portefeuille), il se trouve presque à côté de chez moi. L’été, on y déguste de divines crèmes glacées trempées dans l’or aztèque. L’hiver, on le fréquente pour ses chocolats chauds exquis, comme ce jour-là.

Ai-je besoin de répéter, dix sur dix?

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