Contactez-nous instagram twitter facebook courriel

Archives du mot-clé communauté

Gens de Limoilou : Hamed, le travailleur de milieu optimiste

Joëlle : Raconte-moi une histoire.

Hamed : Quand j’étais jeune, on restait à Saint-Pie X. On trouvait que ce quartier était une autre planète, contrairement à Beauport, là où nous nous étions installés à notre arrivée. Là-bas, les habitants viennent de partout. Quand on me demandait d’où je venais et que je leur répondais Saint-Pie X, on avait peur. Les gens avaient beaucoup de préjugés envers le quartier. Ça me dérangeait beaucoup. Les stéréotypes étaient intenses.

Avant d’arriver à Saint-Pie X, on s’est beaucoup déplacé dans Québec. En secondaire 3-4-5, je jouais au basket à Brébeuf, mais je m’intéressais majoritairement à tout ce qui était social. C’est à ce moment que je suis tombé amoureux de l’écriture. Ça commençait à prendre beaucoup de place. Mes amis jouaient au basket plusieurs fois par semaine et moi, je me réfugiais dans l’écriture. Ça me permettait de voir autre chose et de me poser des questions sur les gens, de connecter avec des émotions. Ensuite, j’ai fréquenté le Cégep Limoilou et je ne savais pas quoi faire. Pis quand tu sais pas quoi faire au cégep, le temps est long. Tu as l’impression de tourner en rond. Pendant cette période, je faisais beaucoup de bénévolat à l’organisme L’Évasion Saint-Pie X. J’ai tout de suite su que je voulais travailler dans le social et je me demandais comment je pouvais gagner ma vie de cette façon.

Parallèlement à tout ça, je sors un petit CD rap fait maison. Ça a super bien marché. Tellement, qu’on m’a proposé un voyage de trois semaines en France. C’était mon premier voyage consacré au rap. À Paris, ce qui m’intéressait, c’était pas nécessairement d’aller à la tour Eiffel, mais plutôt d’aller voir les quartiers où ça se passait moins bien. J’ai visité des quartiers où je me suis dit « Wow! Ça se passe pour de vrai! ». J’ai réalisé que c’était comme ça que les gens voyaient Saint-Pie X. C’est à ce moment que j’ai tout de suite su ce que je voulais faire : travailleur de rue ou travailleur de milieu pour défaire les préjugés face aux milieux moins favorisés. Je voulais me rendre utile, rencontrer des gens, parler de tout et de rien. Je suis un chiller!

Pendant que ça se passait moins bien au cégep, j’ai eu l’opportunité de faire un job de travailleur de milieu au Centre communautaire Ferland. C’était censé durer trois mois. Il y avait une problématique où les jeunes allaient traîner au Centre Ferland. Ça créait des problèmes avec la Ville. On m’a engagé pour voir ce qu’on pouvait faire dans le cadre d’un projet pilote. Ça s’est très bien passé! Les trois mois se sont allongés à deux ans. J’ai eu de gros projets. Avec les jeunes, j’ai fait une grande fresque. Leur visage est dessus. Ça a encore plus confirmé ce que je voulais faire.

La musique prend encore une place dans ma vie.  Il y a un rappeur que j’admire à Limoilou. Il s’appelle Webster. Il m’inspire. J’ai monté une conférence sur l’intimidation, le respect, croire en ses rêves. Je fais aussi des ateliers d’écriture dans les maisons des jeunes, centres jeunesse. Défaire les préjugés et dire aux gens « venez voir »!

– Hamed S. Adam, travailleur de milieu

Écouter la musique de Hamed ici

Un café bienveillant

Doux visage du Café la Mosaïque. Catherine Tremblay, qui a le cœur sur la main, Lévis à cœur, la communauté au cœur de sa mission. La bienveillance, un café à la fois.

Je ne serais pas une bonne guide touristique si je ne vous parlais pas de Catherine et de son café. À Lévis, le plus bel attrait touristique… c’est l’humain! Oui, le quai Paquet, la Terrasse, le Fort, les Chutes, les Choco Fav… Mais crime bine que l’humain vaut le détour! Pis Catherine est un ben beau spécimen.

 

 

En 2006, Catherine et son équipe commençaient à rêver le Café autour des valeurs qui les animaient et qu’on appelle encore aujourd’hui les quatre E : entraide, équité, écologie et esprit critique. C’est en 2009 que le projet est devenu concret et que le Café a ouvert ses portes. Petit café est devenu grand, il a 10 ans comme la Revengeance! Aux dires de celle qui tient encore le fort : « C’est encore mieux que ce qu’on avait imaginé, le Café a pris la forme des gens qui l’ont adopté! ». Son lieu de travail, sa mission, sa passion lui ressemble beaucoup, beau dehors comme dedans. Je dis souvent que le Café est mon QG, mon bureau, ma deuxième maison, et je ne suis pas la seule… On veut tous faire partie du projet signifiant qu’est le Café. Clients, bénévoles, employés, tous avons le sentiment de participer à quelque chose de plus grand que nous, d’être utiles et d’appartenir à cette communauté! Le Café est devenu notre Spot de Watatatow, un repère où aller chercher un câlin ou un café bienveillant quand les temps nous sont moins favorables. La Mosaïque est une expérience humaine, une initiative sensible qui brise la solitude et réunit les gens.

Plus ça rallie des gens différents, plus on est en santé!

En vrac, les multiples activités et gestes du café. La liste est non exhaustive et la plupart des animations sont programmées par et pour les usagers du Café.

 

 

 

  • Le pot-luck de Noël et la Fête des voisins, qui réunissent entre 70 et 100 personnes chaque année
  • Les cafés en attente, soupes en attente, repas en attente…
  • Le Restaure-café (repair coffee), où on combat l’obsolescence programmée un bidule à la fois!
  • Les soirées jeux, les expos, les spectacles, après-midi tricot
  • Les massages au suivant
  • Les jeudis-mamans
  • Caféine pour l’âme, où partager et échanger, philosophie et spiritualité
  • Insérez ici votre idée et proposez-la à Catherine!

Je profite de la tribune qui m’est offerte pour le dire haut et fort : Merci pour tout Catherine! Je vous aime, le Café et toi!

 

Tite plogue :

Catherine et moi-même sommes fières de vous convier le samedi 9 février à 10 h à notre déjeuner-spectacle. En partenariat avec Lévis, attache ta tuque, ce Show insolite (composé d’improvisatrices de tous les âges) sera animé par Laurent Maheux.

Les joueuses invitées  sont issues des trois équipes que j’ai le plaisir de coacher, du primaire à l’universitaire : Gabrielle St-Onge du Paradoxe de l’UQAR-Campus Lévis, Alexie Bilodeau de l’Escouade de Saint-Charles et Marianne Brault de l’équipe des 8-13 des Loisirs de Lévis.  À cette équipe du sud se joindra l’excellente Andréanne Fémini-Bof, duchesse d’Orléans, joueuse d’impro émérite.

Pour souligner l’événement, le Café la Mosaïque et Catherine vous proposent un menu spécial au nom particulièrement festif : « Le déjeuner des duchesses et des archi-duchesses est-il frette ou archi-frette », et offrira un café pimpé à tous ceux qui réussiront à le commander sans s’enfarger!

Réservez votre assiette au 418 835-3000.

Contributions volontaires, qui deviendront des cafés en attente.

http://cafelamosaique.org/

 

Fake notre identité insulaire, c’est des maisons de pierres pis le temps des pommes… Right?

Île d’Orléans, parlons tissu social et culture

Bon, un autre titre choc pour réussir à capter ton attention d’Orléanais.

Photo de Julie Nadeau

Je suis de retour chez nous en terre insulaire. Ma famille vient d’ici, j’ai grandi ici, pis mon dieu que je suis heureuse d’être de retour au cœur de ma communauté.

J’arrive d’un trois ans aux Îles-de-la-Madeleine, où le tissu social est tissé serré pis fait à la main. J’arrive aussi d’un an dans les territoires nordiques de Yellowknife, où la proximité entre francophones est essentielle pour l’épanouissement de l’identité franco-ténoise. Maintenant, ici sur l’île d’Orléans, nous avons quoi? Je veux dire mises à part les organisations de loisirs municipales (merci d’être là! Vous faites un travail génial!) et une politique culturelle qui date de 2005. Qu’est-ce qui aide à faire fleurir notre identité? Nos liens sociaux? Qu’est-ce qui favorise l’essor de nos artistes, entreprises et producteurs? Car il me semble que notre identité insulaire ne se résume pas à Félix Leclerc et à des maisons de pierres ancestrales.

Nous ne pouvons pas en vouloir à notre voisin individualiste qui bouge pas ou à l’entreprise privée d’à côté qui ne pense qu’à sa réalité financière. En fait, je pense que ça fait juste longtemps que personne n’a osé remettre sur la table publiquement que dans la vie, l’union fait réellement la force.

Nous avons six villages plus différents et riches les uns que les autres, mais, malheureusement, je trouve que nous avons peine à faire rayonner et à encourager nos forces et talents insulaires. Par talents, je parle de nos entrepreneurs, de nos producteurs, de nos artistes… Les connaissez-vous? Sur le site web de la MRC de l’île d’Orléans il y a certes beaucoup (beaucoup) d’informations à ce sujet. Par contre, concrètement, que se passe-t-il? Quels sont nos outils pour nous mettre en valeur, quelles sont nos organisations, nos stratégies? Vous ne pensez pas qu’un plus grand nombre de regroupements, d’organisations ou de comités par et pour les gens d’ici serait réellement mobilisateur, structurant et payant pour notre milieu de vie, et ce, pour n’importe quel domaine (agroalimentaire, culturel, affaires)?

Publication Facebook mettant en valeur le temps libre. Merci à Sarah Luce-Levesque, chevalière recherchiste du vortex social de Limoilou, pour la trouvaille de la publication nécessaire à article sociopolitique de la duchesse.

J’ai pas le temps!

Ça me tente pas!

Ce sont toujours les mêmes!

J’ai ben trop d’affaires à m’occuper!

J’ai mille enfants pis six tracteurs…

Ah oui, c’est vrai, je vous le concède, le temps se fait rare au cœur de notre époque. Toutefois, je crois que si nous ne bougeons pas, nous passons à côté de quelque chose de grand et de fort : nous passons à côté de la confection d’un tissu social, insulaire et identitaire unique. Un outil qui nous permettrait de vaincre vents et marées sur notre territoire.

C’est utopique, ton histoire de tissu social! Comment on peut réussir à faire ça?

Une population, un milieu de vie doit apprendre l’importance de la concertation et de la mobilisation. Les municipalités, les MRC et les autres institutions doivent travailler toutes ensemble pour favoriser l’engagement et l’éveil citoyens. Ce n’est pas un petit mandat. Cela ne se fait pas en deux mois non plus. Pour réussir à réveiller et mobiliser une population sur son milieu de vie, cela prend des stratégies adaptées aux enjeux et aux objectifs de développement du milieu. Il faut réussir à gagner le cœur des gens avec des actions, des événements ou des causes qui les concernent. Il faut travailler avec les forces du territoire, il faut prioriser le plaisir dans l’action et, surtout, il ne faut jamais baisser les bras.

Pis sinon quoi?

Eh bien, si nous ne nous impliquons pas, nous laissons le plein pouvoir aux institutions politiques sur notre milieu. Elles font de l’île d’Orléans ce qu’elles veulent de l’île d’Orléans. Bien sûr, elles le font du mieux qu’elles peuvent avec les ressources qu’elles possèdent. Toutefois, mon expérience me dit que plus la population est loin des processus décisionnels, plus les décisions sont loin des besoins réels de la population. Les priorités des gens d’ici ne sont pas toujours les mêmes que celles des institutions politiques.

SébaZtien Girard photographe : www.sebaztiengirard.com

Quelle est votre position sur le troisième lien? Sur le projet de la Pointe d’Argentenay? Pis le pont? Pourquoi nous avons pas de marché public?

Je sais pas….

Exemple : Le renouvellement de la Politique culturelle de la MRC 

Le 12 octobre dernier, la page Facebook de la MRC de l’île d’Orléans publiait un communiqué de presse afin d’informer la population du renouvellement de la Politique culturelle de la MRC : La MRC entame le renouvellement de la Politique culturelle et patrimoniale de l’Île d’Orléans. Cette démarche d’actualisation s’accompagnera de consultations du milieu, via un comité dédié. Au terme du processus, le portrait du territoire sera actualisé, les besoins du milieu seront recueillis et les nouvelles tendances seront prises en compte afin que de nouvelles orientations et priorités soient élaborées […].

Qu’est-ce qu’une politique culturelle?

La politique culturelle est un geste politique et public de reconnaissance de l’importance de la culture dans le développement d’une collectivité; elle constitue le pivot de la stratégie d’action de la municipalité en ce qui a trait au développement de la culture et des communications, en vue d’assurer une plus grande intégration et une meilleure planification des activités dans une perspective d’amélioration de la qualité de vie. – Ministère de la Culture et des Communications du Québec

En janvier, j’ai fait un appel téléphonique à la MRC pour en savoir davantage sur sa stratégie de consultation. Aucune consultation du milieu ne sera faite. Le comité dédié, composé d’acteurs clefs du domaine culturel, a pris la décision de ne pas aller vers ce type de démarche puisque la population ne participe pas à ce genre d’événement. Il est en effet facile de jeter le blâme sur une population complète plutôt que de remettre en question les façons de faire et outils utilisés pour concerter et mobiliser les gens.

Une politique culturelle qui a 14 ans…

La Politique culturelle actuelle date de 2005. Cela fait exactement 14 ans que la première politique fut mise en place. Depuis, le portrait social, économique et culturel a tellement changé : la population semble s’être rajeunie, les familles foisonnent de partout, il y a de nouvelles entreprises, plus d’artistes et d’artisans… Bref, les enjeux locaux ne sont probablement plus ce qu’ils étaient en 2005. Difficile de comprendre pourquoi le comité dédié ne ressent pas plus le besoin de consulter son milieu. Cela demanderait probablement trop de temps, d’énergie, d’argent et d’innovation. Je leur concède que nous partons de loin.

Toutefois, selon moi, c’est le travail de la MRC de faire tout en son pouvoir pour aller à la rencontre des gens et tâter le pouls de la population afin d’essayer de la comprendre et de la connaître. Le comité dédié pourrait travailler avec les organisations fortes du milieu (comités de loisirs municipaux, centre d’action bénévole, page Facebook Insulaire, etc.) pour diffuser des sondages papiers ou électroniques. Il pourrait mettre en place des événements familiaux le fun! où les enfants pourraient s’amuser pendant que les parents s’expriment. Bref, ce ne sont pas les idées ou les pistes de réflexion qui manquent; par contre, il est vrai que ce type de démarche demande du temps, de l’argent, de l’énergie et de l’innovation.

Et maintenant?

L’objectif de cet article est d’ouvrir les yeux de quelques Orléanais. C’est d’illustrer le besoin d’un tissu social plus fort au cœur de notre milieu de vie et c’est d’inviter la MRC à réfléchir sur comment elle pourrait travailler à éduquer et faire cheminer sa population pour favoriser une meilleure implication sociale des gens d’ici.

J’aimerais aussi croire que quelques consultations publiques pour la refonte de la Politique culturelle se verront inscrites à l’agenda 2019.

Parce qu’une communauté qui a à cœur son milieu de vie et ses richesses, c’est fort. Parce qu’une communauté qui s’implique et s’investit pour le rayonnement de son identité, c’est inspirant.

Et maintenant toi, qu’est-ce que tu crois que nous pourrions faire ensemble pour stimuler la participation citoyenne au cœur de notre milieu de vie?

Merci à nos partenaires