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Fil de pensée…

« La duchesse s’engage pour la soirée d’ouverture du 1er février 2018 à confectionner une écharpe affichant son nom et le nom de son quartier. »

Code d’honneur de la duchesse 2018

20180122_135853J’ai décidé de faire appel à des experts en ciseaux afin de m’aider à confectionner mon écharpe. Je suis donc allée dans la classe de 2e année de madame Mélanie, où j’ai rencontré 18 copains débordant d’enthousiasme et assez généreux pour embarquer dans me idées de grandeur.

L’ambiance est belle, on se permet de jaser en travaillant.

Eyden et Gabrielle préparent la lettre L

Eyden et Gabrielle préparent la lettre L

— Dites-moi, les  copains, qu’est-ce qu’il y a de bon à faire dans Maizerets?

— On peut faire du patin au parc Bardy! Pis il y a une piscine aussi, mais juste l’été. Il y a l’autre parc, tsé lui qui est loin…

— Le parc Maizerets?

— Oui, oui! Le module de jeux là-bas est vraiment cool!

 

Mme Mélanie donne un coup de main pour coller des morceaux.

Madame Mélanie donne un coup de main pour coller des morceaux.

— La bibliothèque aussi c’est l’fun. On est allé avec madame Mélanie, mais on peut y aller avec nos parents aussi. Et il y a plein de magasins, pour faire l’épicerie.

 

 

 

 

— Qu’est-ce qui ferait, selon vous, qu’une personne qui déménage dans le quartier se sentirait bien ici?

— Ici à l’école on se fait plein d’amis. Il pourrait jouer avec nous dans la cour.

— Moi je pourrais les inviter à venir souper chez nous. Mais faudrait que je demande à ma maman avant.collage enfants

Notre écharpe est le résultat d’une collaboration internationale. Parmi les 18 élèves de la classe, il y en a qui ont des racines en Côte d’Ivoire, au Kosovo, en Ouganda, au Maroc, en Angleterre, en Somalie, en France, aux États-Unis, au Sénégal… Et qui sont ici aujourd’hui chez eux.

Ils ont tous un grand cœur, bel et bien québécois. Notre écharpe, elle n’est pas pure laine, elle est faite de toutes sortes de tissus, de textures, de couleurs. À notre image.

Ce n’est pas pour rien que cette école de Maizerets s’appelle Jeunes-du-Monde. Certains voudront vous faire croire que c’est une école défavorisée. Moi je vous garantis que c’est l’école la plus riche de la ville.

La première sortie officielle de notre écharpe. Crédit photo: Daniel Tremblay

La première sortie officielle de notre écharpe.
Photo : Daniel Tremblay

Merci à :

Prence, Jordan, Eyden, Stacy, Léanne, Laura, Nathan, Othniel, Promesse, Gabrielle, Jérémie, Aulon, François, Milana, Allecks, Abdoulaye, Archibald et Rima.

Et un énorme merci à madame Mélanie d’avoir accepté de m’accueillir dans sa classe pour ce projet d’envergure! ;)

#Tranche de vie #archives familiales #opinion

En 1968, ma grand-mère recevait le prix de mère-modèle de l’année de la part des Dames Auxiliaires de l’Hôtel-Dieu Notre-Dame de Beauce. Selon l’article de journal de l’époque (voir photo), elle « eut cet honneur en raison de ses qualités qui font d’elle le prototype de la femme canadienne active, sereine et épanouie. » Et la photo nous montre « la Mère de l’année 1968 en compagnie de son mari et de ses 12 enfants ». Si on fait une recherche sur ces Dames Auxiliaires et cette tradition de la mère de l’année, voici ce que le site de l’Association des Bénévoles du CHBE nous apprend que « […] son but était de promouvoir les intérêts spirituels, sociaux et matériaux de l’hôpital […]. La fête des Mères est soulignée chaque année par la désignation parmi les membres de la mère de l’année et le nombre d’enfants semble important dans ce choix. En 1975, l’heureuse élue avait 14 enfants! »

Archive familiale. Crédit : Marjolaine Turcotte

Archive familiale. Crédit : Marjolaine Turcotte

À l’époque, la valeur d’une femme était donc proportionnelle au nombre d’enfants qu’elle avait mis au monde. Ma grand-mère a porté à terme 13 grossesses, et a failli y laisser sa vie. On peut considérer que le monde a bien changé depuis. Mais dans les conversations du quotidien, combien de fois une femme doit répondre à « Pis, c’est pour quand, les enfants? » Combien de fois verra-t-elle le léger plissement d’yeux de l’interlocuteur en répondant que ce n’est pas au programme? Alors que j’expliquais les problèmes d’infertilité que j’avais éprouvés, que je n’aurai fort probablement jamais d’enfant, mais que j’étais en paix avec ça, on m’a déjà dit que je n’étais « pas bonne ». Oui, tel quel. « Ah, t’es pas bonne. » C’était en 2017.

Alors, oui, le monde a changé. Mais n’empêche qu’il reste encore un peu de travail à faire pour que la femme ne soit plus autant définie par son rôle de mère, ou de non-mère.

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