Contactez-nous instagram twitter facebook courriel

Archives du mot-clé Engramme

Saint-Roch, ça électrise

À la découverte d’une artiste

Gabrielle

J’ai eu la chance de croiser le chemin de Gabrielle par des amis communs il y a de ça quelques années. J’ai beaucoup aimé son art et je voulais vous la présenter, car les artistes féminines sont parfois sous-représentées. Elle est une artiste visuelle et a la chance de travailler de son art depuis quelques années, et elle se promène entre les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur.

Q- En quelques mots, quel est ton parcours artistique? Pourrais-tu nous parler plus précisément également de ton investissement avec Sherpa dans le quartier Saint-Roch?

R- J’ai tout d’abord étudié en art à l’université, mais je me suis rapidement rendu compte que je voulais être avec les gens. J’ai donc complété un baccalauréat en travail social tout en démarchant pour développer ma carrière artistique. Après avoir travaillé quelques années en intervention sociale, c’est avec la posture de l’artiste visuelle que je suis revenue m’insérer dans différents milieux communautaires en proposant des projets artistiques rassembleurs, des processus de co-création qui deviennent significatifs pour la communauté que je côtoie. À Sherpa, par exemple, j’ai tout d’abord proposé le projet ATTENTES, une démarche où on s’interrogeait sur le moment d’attente en cabinet médical. Le groupe était constitué de citoyens de différents milieux, dont des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Puis, je suis devenue professeure avec un cours en art social que j’ai créé, qui s’appelle le Collectif PLONGER, où j’invitais les participants, à travers le développement d’habiletés artistiques, à plonger dans leur propre existence.

Q- Tu as également réalisé plusieurs expositions/happenings dans le quartier Saint-Roch; je me rappelle de celle pour la Nuit des sans-abri. Pourrais-tu nous en présenter quelques-unes?

R- L’année dernière, je me suis investie plusieurs mois auprès des hommes sans abri de la Maison Revivre avec le projet RE-lier et je voulais vraiment que l’exposition à l’issue de ce processus soit présentée à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. Je voulais donner une place plus formelle à des personnes qui fréquentent déjà la bibliothèque et parler d’eux pour sensibiliser l’ensemble des usagers à la réalité méconnue de ces hommes. En effet, cette démarche m’a amenée à travailler avec la Nuit des sans-abri (NSA) cette année. Une des installations de l’exposition s’est retrouvée sur l’affiche de la NSA, puis j’ai offert aux passants un atelier de sérigraphie durant la soirée! Ça a été un réel succès! Je travaille également en atelier chez Engramme, dans Méduse. Je faisais d’ailleurs partie en avril dernier de l’exposition REFUGE, l’aboutissement d’un projet de médiation culturelle avec les jeunes réfugiés de l’École secondaire Vanier.

Q- Ton art est accessible à tous. Ainsi, je sais que certaines de tes sérigraphies peuvent être louées à l’Arthothèque de la Bibliothèque Gabrielle-Roy de Saint-Roch. Comment t’est venue cette idée?

R- La question de la démocratisation de l’art est importante pour moi. Par exemple, à la Maison Revivre, j’ai imprimé sur les napperons qui sont placés sur les tables lors des repas. En effet, deux de mes sérigraphies sont disponibles en location à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. Puis, je fais partie de la Virée des fêtes. Quelques-unes de mes œuvres sont présentement en vente chez Engramme. Passez voir!

Q- Si tu avais un autre artiste ou œuvre de Saint-Roch à nous faire découvrir, ça serait lequel?

R- Elle n’est plus à présenter, mais j’ai plusieurs affinités avec l’artiste Giorgia Volpe qui a fait partie des Passages insolites cet été. Sinon, j’aime beaucoup le travail d’Ilana Pichon, qui travaille en atelier chez Engramme et qui investit aussi des processus avec la communauté.

Q- Quelle est la part de féminité dans ton art?

R- Le corps, celui de la femme en particulier, est très présent dans mon travail. Parfois, il est représenté de façon figurative; d’autres fois, j’évoque sa présence. Je suis féministe. Sans être une militante active, mon travail auprès des femmes est toujours nourri par un souci d’égalité hommes/femmes et d’empowerment des femmes dans la société.

Q- En conclusion, quelle est ta définition de l’art? (Question empruntée à Léa Salamé dans Stupéfiant sur France 2)

R-  L’art, pour moi, c’est le langage de la sensibilité.

Présentation d’une œuvre de Gabrielle

Intimité

Titre : « Juste l’intimité qui me manque », 2017

Gabrielle Bélanger, avec la collaboration de Benoit Genest-Rouiller, Jules Painchaud, René Thomassin, Géraldine Seny, Jean-Pierre Roy, Richard de Laplante et Stéphane Bussières, 2017

Lit d’acier, matelas, oreiller, cyanotype sur draps de coton

111 X 188 X 97 cm

À propos

Dans le dortoir de la Maison Revivre, l’artiste a découvert un lit identique à celui qu’elle avait enfant. De façon intime, elle a voulu illustrer le passage de plusieurs vies dans un même lit. Pour cette œuvre, elle a collaboré avec plusieurs hommes qui ont participé à la production de photogrammes en cyanotype.

Merci à nos partenaires