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Archives du mot-clé féminisme

Délivrée, libérée!

Ce qui est beau avec la Revengeance, c’est qu’on nous offre un espace de parole qui n’est pas déjà formaté. Un safe space où chacune peut présenter ce qu’elle a à dire de la manière dont elle a envie de le dire. On accorde une importance capitale à la liberté d’expression et à la liberté de création. C’est précieux. Comme toute liberté vient avec une responsabilité équivalente, je me suis longuement questionnée sur le contenu et la forme de mes articles de blogue.

QUELQUES PRÉTEXTES

Plusieurs savent que j’entretiens une relation amour/haine avec mon duché : le Vieux-Québec, c’est une espèce de Disney Land avec son lot de magie et de désillusions, et j’avais envie d’aborder ça avec une bonne dose d’humour. Mais par-delà cette observation maintes fois corroborée par mes prédécesseures, vient le constat personnel que mon quartier et ma duchesserie sont en fait de magnifiques prétextes pour aborder la question féministe – sur le blogue de la Revengeance et dans le cadre des activités (soirée de poésie, conférence, table ronde, prescription de livre et tournée des duchés) ainsi qu’en amont et en aval de toute cette aventure. Je n’ai jamais eu autant de discussions sur le féminisme (qui plus est, avec des gens qui ne se sentent pas concernés par cette lutte) que depuis qu’on me demande si je vais être élue reine du Carnaval et parader avec Bonhomme. Vous dire à quel point j’aime ces moments, où des proches, des ami.e.s ou de nouvelles connaissances finissent par s’écrier : « Ah ben, je suis féministe pis je le savais même pas! » ou encore « Ah ouin, il y a plusieurs manières d’être féministe? » Rien que pour ça, je ne regrette pas de m’être prêtée au jeu.

POURQUOI LA POÉSIE?

Quant à la forme, la question s’est résolue presque d’elle-même. Je savais que mes articles aborderaient la poésie. Dire que j’écris de la poésie surprend davantage les gens que lorsque je leur dis que je suis féministe (cette affirmation a été testée sur un petit échantillon pendant le temps des Fêtes). Comme pour le féminisme, les gens ont souvent une conception archaïque et caricaturale de la poésie. En plus, m’a-t-on dit, « il n’y a pas de marché pour ça ». Ah et puis : « On n’y comprend rien ».
Non, on ne devient pas riche avec la poésie. Oui, lire un poème exige plus de concentration que lire son horoscope ou une recette de gâteau. Les belles choses sont souvent inutiles et les bonnes choses, difficiles. La poésie est une forme de résistance. Résistance au monde, résistance au langage même.
La prose répond davantage aux conventions : il y a la ponctuation, la syntaxe, la structure d’un paragraphe ou d’un chapitre… le lecteur y trouve le sens qu’il cherche et oublie aisément que sous les mots se trame le véritable enjeu. La poésie déconstruit la prose, elle la triture et la casse, la plie et la retourne sur elle-même dans l’espoir que le lecteur y surprenne la multiplicité de sens que recèle sa sonorité, son rythme, les images qui en émanent comme d’une caisse de résonance. La poésie est toujours là où on ne l’attend pas. Elle refuse de nous donner ce que nous attendons du langage. Elle est à la fois le jeu et le détraquement de toutes ses règles. Elle pointe la faille par laquelle le réel nous échappe. La poésie nous résiste. C’est une force face à laquelle nous constatons notre sottise, mais aussi notre grandeur. C’est l’arme que j’ai choisi d’utiliser pour résister aux raccourcis, aux préjugés, aux facilités; pour résister à la banalité, à la norme, à la majorité; pour résister à tout ce qui, en moi et à l’extérieur de moi, étouffe la liberté et l’altérité. La poésie est une résistance. Une résistance rougeoyante. Comme le tungstène des veilleuses. La poésie est une féministe qui veille. Une féministe qui veille en attendant que les princesses émergent elles-mêmes d’un sommeil qui dure depuis trop longtemps déjà.
***

Les collègues du blanc temple des Lettres m’ont confectionné
une couronne pour chaque occasion!

Crédit couronne : Nadia Morin

Conseils d’espionne (numéro de lancement)

À la demande générale – bon, OK, peut-être juste à la demande de Mickaël (ou Karine? Je les mêle toujours, ces deux-là…) – voici le texte de mon numéro de lancement.

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Crédit photo : Daniel Tremblay

Présentation :
La prochaine duchesse a été recrutée depuis sa plus tendre enfance pour suivre une exigeante formation à la solde de l’Organisation. Elle fabrique des bombes fumigènes et décrypte les petits mots des contrats pendant que de la main gauche elle conduit un yacht qui fuit une armée mongole. On l’a surprise suspendue au plafond d’un hôtel de Dubaï et elle a pris la fuite en deltaplane. Elle a infiltré la Revengeance et brigue maintenant la couronne, la duchesse de l’Aéroport : Anouchka!

Mesdames les Duchesses, mon message s’adresse à vous. Vous qui accédez maintenant à la notoriété et à la monarchie, laissez-moi vous faire part de mon expérience. Vous croyez probablement que les hommes de la haute société sont plus civilisés. Oh que non!

Mesdames, en ces temps d’inconduites sexuelles, vous vous devez d’être fière, forte et autonome. Voici donc quelques conseils d’auto-défense version Revengeance.

Si vous vous retrouvez coincée dans un endroit restreint avec un individu aux mains longues et aux dents pointues, criez!

Vous pouvez opter pour le cri strident habituel, mais je vous dirais que tant qu’à y aller, profitez de la tribune :

À bas le capitalisme sauvage!

Fuck Trump!

Je préfère le beurre!

Une femme qui s’affirme, généralement, ça fait fuir!

Si l’importun ose y aller d’une main aux fesses, Mesdames, ne vous gênez pas, pétez!

L’homme de ce genre a tendance à croire que la femme n’est que douceur et fleurs. Un fumet bien odoriférant lui fera ramener ses doigts sur sa cravate à pois.

Un jour que je revenais de mission entre Québec et Montréal sur le top d’un truck, un individu a profité de mon étourdissement pour tâter la rondeur de mon arrière-train.

Encore aujourd’hui juste ma vision lui donne un haut-le-cœur en souvenir de mon odeur.

Les hommes aiment bien aussi discuter de leurs engins de guerre. Alors que j’étais avec Berlusconi et qu’il me disait de long en large combien il en avait une longue et large, je lui coupai sec l’élan en lui faisant un résumé de ma capacité à faire une vasectomie avec mes dents et deux bouts de ficelle. Ça lui a passé.

D’ailleurs à ce sujet, plusieurs me demandent si j’ai eu des contacts avec Trump. Lorsque l’organisation s’est posé la question sur cette mission, elle a préféré envoyer ma collègue Melania. Elle a plus d’un tour dans ses rallonges.

Il se peut que le danger se pointe dans un lieu isolé où crier serait inutile. En 1998, alors que je traversais un terrain vague, trois ninjas en état d’ébriété ont surgi de nulle part.

Est-ce que j’ai eu peur? Pfff!

Je leur ai mis de la poudre aux yeux.

– Anouchka au groupe K : les gars, ne tirez pas tout de suite, ça fait longtemps que je ne me suis pas battue!

Ils ont feint être appelés par leur mère et ont tourné les talons.

Peu importe de quelle façon la situation se présente, que vous soyez accrochée sous un quai ou marchiez à Place Laurier, l’important est de vous faire entendre, avec aplomb, avec panache!

Et n’oubliez pas… À toute offense, il y aura Revengeance!

Les médias féministes – Festival féministe de la Revengeance

Les médias féministes - Festival féministe de la Revengeance

Les médias féministes – Festival féministe de la Revengeance

Il n’y a pas si longtemps, l’existence d’un seul magazine féministe était une victoire. S’il en existe maintenant plusieurs, les défis ne manquent pas et rien n’est gagné d’avance, ni devenu facile pour autant. Pourquoi est-ce important? Comment le faire? Les panélistes : Catherine Lefrançois de Françoise Stéréo, Caroline Roy-Blais de Je suis féministe et Iris Ntore de Teakisi. Animation par Marjorie Champagne, cofondatrice de la Revengeance des duchesses, réalisatrice et blogueuse au Journal de Québec.

Pour lancer cette soirée, l’émission féministe Les Simones de CKIA FM présentera son émission en direct de La Korrigane.

Contribution volontaire (prix suggéré : 5 $).

Quand : Mercredi 7 février 2018, 18 h
Lieu : La Korrigane (380, rue Dorchester, Saint-Roch)

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