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Entrevue avec Mylène Rousseau, bouchère de 6e génération chez Boucherie Jos Rousseau

Mylène, Geneviève et Mélanie Rousseau. Photo gracieuseté de Mylène Rousseau

i Mylène, Geneviève et Mélanie Rousseau. Photo gracieuseté de Mylène Rousseau

La Boucherie Jos Rousseau est une institution de l’île d’Orléans. Créée en 1853 par Napoléon Rousseau, cette entreprise est maintenant dirigée par Mylène, Mélanie et Geneviève, trois sœurs qui sont la 6e génération de Rousseau à travailler à la boucherie. Mylène m’a accordé un peu de son temps pour un chaleureux échange.

« Mylène, peux-tu me parler du parcours qui t’a menée à prendre la relève de l’entreprise? »

« Au départ, je voulais devenir travailleuse sociale. Ensuite, j’ai fait des études pour devenir massothérapeute et esthéticienne. J’ai travaillé plusieurs années dans ce domaine. C’est là que je me suis découvert une passion pour le service à la clientèle, pour le contact avec le client. J’ai délaissé ce domaine pour revenir à la boucherie lors du congé de maternité de ma sœur Mélanie. »

Crédit : Marjolaine Turcotte

Crédit : Marjolaine Turcotte

« Comment s’est passée l’arrivée de femmes dans cette entreprise, passée de père en fils depuis si longtemps? »

« C’est ma sœur Mélanie qui a fait sa place en premier. On fait de la boucherie traditionnelle, on travaille à partir de la carcasse brute. C’est gros et lourd, un devant de bœuf. Ma sœur a demandé à notre fournisseur de découper la carcasse en plus petits quartiers. Elle travaillait alors avec notre père, notre grand-père et notre grand-oncle. Eh ben, les trois “p’tits vieux” ont été obligés d’avouer que c’était une bonne idée, parce qu’eux autres aussi trouvaient ça lourd. » L’arrivée des femmes a amélioré l’ergonomie du travail et tout le monde en a profité.

« Ça a changé la gestion des pertes aussi. On s’est mis à faire des produits transformés et des mets préparés. La première sauce à spag que Mélanie a faite a provoqué une chicane. Le grand-père et le grand-oncle étaient convaincus que personne n’en achèterait parce que “les bonnes femmes la font, leur sauce à spag”. Ma sœur leur a dit : “Ben moi j’en suis une, bonne femme, pis quand je vais arriver à la maison après le travail, j’en n’aurai pas de sauce de prête. Pis si ça se vend pas, on la mangera.” Toute sa batch s’est vendue. Ça lui a donné raison. »

« En 2013, tes sœurs et toi avez procédé au déménagement de l’entreprise. En même temps, votre père retirait ses billes pour vous laisser toute la direction. Avez-vous envisagé de modifier le nom de la boucherie, pour y ajouter “et filles” par exemple? »

« Non. C’est un nom qui est établi depuis si longtemps, c’était important de le garder tel quel. »

Le comptoir de vente. Crédit : Marjolaine Turcotte

Le comptoir de vente. Crédit : Marjolaine Turcotte

« En terminant, Mylène, peux-tu me dire ce que l’île évoque pour toi? »

« C’est clairement ma jeunesse, tous les apprentissages, toutes les premières expériences. Plein de beaux souvenirs. Je ne vis plus sur l’île, c’est un choix fait pour ma première profession, et c’est plus pratique pour ma vie de famille. Mais je suis en paix avec ce choix-là. »

Merci Mylène pour cette sympathique rencontre. Je vous souhaite que la 7e génération s’attache à l’entreprise et reprenne le flambeau à votre suite.

 

 

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