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Lumière sur Saint-Sauveur

Saint-Sauveur, tu m’inspires la créativité.

J’aime t’illustrer, te prendre en photo, te dessiner et te bricoler. Ton décor m’amène des idées surprenantes, de couleurs et de textures qui trouvent des façons originales de se mélanger. Tu offres des couchers de soleil fabuleux entre tes rues étroites, bordées de maisons dont les façades semblent danser et se prendre par la main avec les fils des poteaux électriques.

Illustration à l’aquarelle avec encre de Chine
Myriam Nickner-Hudon


Ce billet rappelle ma performance sur scène lors de la soirée de lancement de la Revengeance. Malgré la peur et les tabous, j’ai choisi de m’exprimer sur mon parcours difficile avec une allégorie sur le vitrail. Dans toute ma vulnérabilité, j’ai décrit comment j’ai pu réparer mon esprit avec beaucoup d’efforts et de patience, comme le requiert cette pratique artistique.

Vitrail représentant Saint-Sauveur, par Myriam Nickner. 2017

D’un projet à l’autre, la réalisation de ces œuvres m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi-même. J’ai pu cultiver ma patience et exprimer toute ma sensibilité dans ce loisir magnifique. Le vitrail m’a montré ce dont j’étais capable et davantage. J’ai pu grandir à travers les rencontres, les échanges, les apprentissages et les défis de chaque projet. Si je n’avais pas fait du vitrail avant, je n’aurais pas eu la préparation mentale suffisante pour me donner le courage de participer à la Revengeance.

Je dessinais beaucoup avant, mais j’ai arrêté de créer en arrivant au cégep et à l’université. Même si je brouillonnais encore un peu dans mes notes de cours, j’ai été longtemps déconnectée de ce côté de ma personnalité. La découverte du vitrail m’a permis de me remettre « sérieusement » à l’art, car le dessin que je débutais allait se transformer en une œuvre durable et un objet physique précieux. J’investissais dans la création d’une œuvre dont je voulais être fière et qui allait m’accompagner dans ma vie. 

J’en ai appris beaucoup sur la santé mentale depuis les dernières années. J’ai beaucoup souffert, mais j’en suis ressortie grandie. Je suis plus forte qu’avant, entre autres car je suis plus consciente et compatissante face aux difficultés et aux limites des autres. J’ai des cicatrices de sagesse, un peu comme les plombs qui connectent ensemble des morceaux de verre aux couleurs variées et qu’une fois soudés en place, en révèlent toute la beauté. J’ai fait ma place en assumant davantage mon authenticité, ma sensibilité et ma vulnérabilité pour arriver à connecter avec les gens.

J’ai aussi réalisé que j’avais du talent. Ça m’a pris un moment pour me faire confiance ou du moins, à moins douter de la qualité de ma création. J’ai eu la chance de recevoir des beaux commentaires sur mes créations, que ce soit le vitrail, l’écriture, le dessin ou la peinture. 

Je ne suis pas allée en arts au cégep ou à l’université. Je n’ai pas le vocabulaire intellectuel ou les notions techniques sur l’esthétique. Des fois, je me dis que je manque de légitimité académique pour me qualifier comme une artiste. J’aimerais ça postuler pour des projets de médiation culturelle, mais j’hésite. Je suis peut-être pas encore prête, pas encore rendue là dans ma démarche.

Pour le moment, l’essentiel et la joie, c’est d’apprendre au contact de personnes extraordinaires et inspirantes. Mes professeurs, Carole et Armelle, mais aussi Diane et les autres mamies, me guident dans cette discipline complexe et mes réflexions personnelles. J’ai appris à développer de nouvelles perspectives et à voir le monde autrement. Je ne vois plus l’espace, les sujets et les lignes comme avant. Je vois des morceaux qui peuvent être travaillés et texturés pour rappeler les détails et les mouvements. Il y a quelque chose dans les couleurs, la matière et la lumière qui me touchent et qui me parlent.

C’est jouer avec l’abstraction et l’ambiguïté de ces idées. Dans l’art comme dans la vie, on peut repousser la limite de ce que l’on croit être possible.

Je suis autonome et je sais me débrouiller, mais on a toujours besoin d’un peu de soutien et d’un regard expérimenté pour t’aider à persévérer quand tu es prise ou coincée. J’apprends en étant accompagnée et soutenue dans ma démarche. Ça me donne la base solide pour sortir de ma zone de confort et innover dans ma manière de concevoir mes prochains projets. Je sais que ça va être difficile, mais que je vais avoir de l’aide pour y arriver.

J’essaye d’exprimer toute ma gratitude en partageant mon savoir-faire et ma sagesse en retour. J’encourage les gens à essayer de créer, tout simplement, et à faire le premier pas pour réaliser quelque chose de nouveau. On se surprend tellement. Au pire, on aime pas ça et c’est correct aussi.

L’important, c’est d’entreprendre et de se permettre d’échouer pour apprendre comment on est capable de faire des choses, car on s’est donné la peine d’essayer.

Voici des images de mon processus créatif dans le local de l’école de vitrail. Merci à Michaël Gosselin pour les belles images.

 

La ville est aux enfants

Après trois années dans Saint-Sauveur, j’en suis venue à ce constat : fuck les archétypes, les conventions et les normes sociales, le rêve américain d’élever sa petite famille en banlieue est un mensonge! C’est une illusion qui nous coûte cher, individuellement et collectivement, mais aussi en termes de gaspillage de temps et de qualité de vie. Tu n’as pas besoin d’une grosse cabane avec un grand terrain et une piscine pour que ta famille soit heureuse et épanouie. C’est possible de vivre autrement!

Cela semble impensable pour beaucoup de gens à Québec, mais, oui, c’est possible d’avoir une famille au centre-ville et d’élever ses enfants dans le quartier Saint-Sauveur! Évidemment, je comprends que ce mode de vie n’est pas fait pour tout le monde et je respecte le choix de chacun. Cependant, cela ne m’empêche pas de challenger vos idées reçues en vous montrant qu’on retrouve une multitude d’avantages insoupçonnés à vivre dans un quartier à forte densité. 

 

Marché Saint-Sauveur

Pour commencer, rappelons que cest une question de perspective. Tu réalises quavec moins, tu peux avoir plus. Tu en viens à apprécier la vie autrement. Less is more.

Sans tomber dans la folie Marie Kondo et le minimalisme, avoir moins despace toblige à optimiser ton espace. Tu achètes moins de choses inutiles que tu finis par mettre dans tes espaces vides #machineàpain. En bonus, tu as moins de pieds carrés de surface à nettoyer. Tu peux économiser en te débarrassant de ta deuxième voiture et trouver la quiétude le samedi matin en constatant que tu n’as plus besoin de passer la tondeuse sur un petit terrain.

On a aussi des terrains de basketball plus fancy au parc Victoria.

Dans Saint-Sauveur, tout est à proximité : les commerces, les écoles, les services… Tu nas peut-être pas une grande cour, mais tu as accès à plein de beaux parcs et dactivités gratuites, à commencer par les soirées de cinéma en plein air au parc Durocher. Également, du côté des équipements sportifs et de loisirs, je trouve quon est vraiment pas pire gâtés

  • Parc linéaire de la rivière Saint-Charles : https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/loisirs_sports/parcs/parc-lineaire/index.aspx
  • Carte interactive de la Ville de Québec : https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/loisirs_sports/installations_sportives/index.aspx
  • Parc Victoria : Club social Victoria, club de tennis, baseball, terrains de soccer, skatepark, jeux deau, volleyball, basketball, modules de jeux, etc.
  • Patinoires : parc Durocher, parc Roger-Lemelin, parc Dollard-des-Ormeaux, Patro Laval, parc Victoria
  • Baignade et jeux deau : piscine Wilfrid-Hamel (intérieure), piscines extérieures aux parcs Dollard-des-Ormeaux, Victoria, Durocher
  • Espaces communautaires et autres : Centre Durocher/Mgr Bouffard, Patro Laval, Centre Édouard-Lavergne, bibliothèque de Saint-Sauveur, Centre Alyne-LeBel, etc.
  • Cest sans mentionner les activités et les services offerts par la Joujouthèque basse-ville, le Pignon Bleu, le Carrefour des enfants de Saint-Malo, le Patro Laval et plus encore.

 C’est déjà payé par vos taxes (ou du moins en grande partie), alors profitez-en! 

 


On est pas encore rendu au niveau de Limoilou, mais je suis tellement surprise et enchantée de voir des enfants jouer dans ma rue ou qui marchent pour se rendre à lécole. Les familles reviennent sétablir dans Saint-Sauveur et il serait important de faire en sorte que laménagement de nos rues leur redonne plus de place.

En effet, on commence à voir des nouvelles manières d’imaginer c’est quoi vivre dans le quartier. On rêve à de belles rues avec des arbres, des plantes, de grands trottoirs, des mesures d’apaisement de la circulation et des avancées de chaussée. Ça fait un petit moment qu’on parle de rues conviviales et de Vision Zéro. C’est des beaux concepts comme ceux de la rue Anna qu’on veut voir apparaître dans les prochaines années. https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/amenagement_urbain/rues-conviviales/rue-anna/index.aspx

Dans la communauté, plusieurs groupes et acteurs se mobilisent pour développer des projets dont le but est daméliorer la qualité de vie des résidents et daugmenter la sécurité des déplacements pour les piétons et les cyclistes. Ce travail de collaboration est important et il mène à de beaux résultats comme le Plan de mobilité durable du quartier Saint-Sauveur. Je sais pas trop pour vous, mais moi j’ai tellement hâte au réaménagement de la rue Saint-Vallier Ouest!

Pour rassurer les parents, on aura besoin de repenser la configuration des rues menant aux parcs et aux écoles. Pourquoi ne pas en faire des corridors pour les familles en réduisant lespace carrossable pour élargir les trottoirs et végétaliser les espaces en même temps? On veut des solutions concrètes pour encourager le transport actif et rendre les déplacements à pied plus sécuritaires. On a déjà un exemple à Québec, du côté de Lairet, qui sert à un projet pilote de « chemins décoliers » depuis la rentrée scolaire 2018. Avec un peu de marquage au sol et de la signalisation, on commence à montrer que ce territoire appartient aussi aux enfants.

Le lien : https://monlimoilou.com/2018/des-chemins-decoliers-pour-renforcer-la-securite/?c=transports&fbclid=IwAR3COyiwzH9GjOqmo8tUyrc0LJIR9Ll77zL9IxppeYghCdys1XF6GeMf0PE

Si on augmente le confort et le sentiment de sécurité dans le quartier, les gens vont ladopter. Les parents auront confiance pour la sécurité de leurs enfants, qui pourront ensuite gagner plus dautonomie. Ce sera plus agréable de se promener avec une poussette, mais aussi plus pratique pour les personnes âgées ou à mobilité réduite.

On veut un quartier dynamique et vivant. On veut un milieu de vie qui soit sain pour les gens de tous les âges et conditions sociales. Donnons plus despace pour les êtres humains en en laissant moins pour les voitures et les stationnements. On veut offrir un environnement de qualité pour nos enfants afin quils puissent samuser et se déplacer en sécurité.

Photo : Viviane Asselin pour monlimoilou.com


Agir maintenant, car demain se lève tôt

Ce billet sadresse aux employés du Service de transport et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec. Je vous lance un défi professionnel : je vous invite à vous dépasser et à nous surprendre en arrivant avec des solutions adaptées aux particularités du quartier. Vous êtes le Service du transport et de la mobilité intelligente, montrez-nous que ceci n’est pas qu’un buzzword managérial et bureaucratique. 

Le nouveau réseau de transport structurant s’amène plus rapidement qu’on ne le croit. Profitons-en pour intégrer la planification de chantiers de réaménagement des rues voisines pour que la connexion au réseau soit plus agréable et sécuritaire. Vous disposez seulement de quelques années pour tester et prototyper différents concepts. C’est le temps qu’il faut pour oser travailler autrement et avoir l’audace de proposer des changements importants.

Dans Saint-Sauveur, il n’y a rien de « standard » dans notre cadre bâti et ça ne répond pas toujours à vos normes, qui sont faites surtout pour accommoder les voitures. Je sais, je vous en demande beaucoup et c’est très compliqué à réaliser. Il n’y a rien de facile dans la vie, mais l’apathie, c’est pas mieux, surtout lorsqu’on sait à quel point certains endroits sont dangereux. Venez vous promener par chez nous, venez regarder les comportements délinquants des automobilistes et constater linsécurité dans les yeux des piétons qui tentent de traverser la rue.

Je ne suis pas ingénieure comme certains d’entre vous, mais j’essaye de me mettre en mode solution. Je m’inspire de ce qui se fait ailleurs ou dans d’autres domaines pour innover. Je flippe le problème à l’envers, je pose la question autrement, je change de paradigme dans le but dimaginer comment arriver à mon résultat. Vous êtes ingénieurs, vous êtes censés être les spécialistes dans lélaboration de solutions.

Nous voulons avoir confiance en votre savoir-faire et vos compétences techniques, notre sécurité en dépend. Les enfants grandissent vite, on n’a plus le temps pour le statu quo en terme d’aménagement urbain.


Sur ce,

Mes taxes, mes impôts, Metallica!

La ville est à nous!

Myriam, duchesse basse-villaine et activiste

Pour références et autres inspirations :

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