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Gens de Limoilou : Nathalie Piché, l’âme charitable

Elle est généreuse et d’une grande sagesse. Nathalie Piché en a long à dire sur son parcours de vie, celui qui l’encourage à fréquemment remplir de petits plats le frigo-partage de la 3e Avenue. Assise à la table d’un café à Limoilou, elle parle ouvertement de son passé parce qu’elle a fait la paix avec ce dernier.

« J’ai grandi dans une famille où on manquait de beaucoup de choses. Mon père était atteint de maladie mentale. Il nous élevait comme il pouvait. Ma mère est partie de la maison lorsque j’avais 10 ans. On n’avait pas beaucoup de sous. »

C’est à peine âgée de 15 ans que Nathalie donne naissance à son premier enfant né avec un handicap rare – le même que le père. Mère monoparentale, elle n’a jamais baissé les bras devant les défis qu’amenait cette nouvelle réalité à un si jeune âge.

« Je me suis ramassée sur l’aide sociale avec ma fille. Je recevais 400 $ par mois, mon loyer m’en coûtait 110 dans le temps. Tout le monde autour de moi me décourageait. On me disait que je n’allais pas être capable, on se demandait ce que j’allais faire. Je n’aurais pas pu donner ma fille en adoption. Je suis comme ça. Une fille de cœur. »

Déménageant d’une ville à l’autre, toujours dans l’idée d’améliorer son sort, Nathalie fit, au fil du temps, des rencontres qui n’ont pas toujours tourné en sa faveur. Pourtant, le désir de donner une vie meilleure à sa famille était pour elle un puissant moteur, puisqu’à 29 ans déjà, elle avait quatre bouches à nourrir. Le faible revenu que lui rapporte l’aide sociale jumelé à une rencontre fortuite qui changera le cours de sa vie lui donnent la motivation nécessaire pour retourner sur les bancs de l’école. Ce lieu qu’elle avait quitté à 14 ans.

« On m’a classée en secondaire 1, sauf en français. J’étais bonne parce que c’est avec l’écriture que je me défoulais lorsque j’étais en famille d’accueil, plus jeune. J’ai ensuite fait un DEP en secrétariat-comptabilité. Je ne voulais plus dépendre de personne. Je voulais être capable de faire vivre mes enfants. J’ai eu de la misère. De fil en aiguille, je m’en suis sortie. »

Entre temps, elle tente par plusieurs moyens de retrouver les traces de son père disparu quelque part au Québec.

« Je n’étais pas capable de laisser tomber mon père. J’avais même fait des démarches auprès de l’émission de Claire Lamarche. Un jour, j’ai décidé de le chercher par moi-même. Je suis partie une journée. J’ai su qu’il restait à Saint-Jean-sur-Richelieu. J’ai fait les hôpitaux, les cliniques, les parcs… je suis allée le chercher. Je l’ai ramené à Québec, je lui ai trouvé un appartement et l’ai meublé. »

Aujourd’hui, âgée de 53 ans, Nathalie est toujours aussi dédiée dans le bonheur de sa famille, devenue aidante deux fois par semaine pour l’un de ses petit-enfants né avec un trouble du spectre de l’autisme. Malgré tout, Nathalie est fière du chemin difficile qu’elle a parcouru. Pour elle, aider les autres est devenu une seconde peau. Son ciel, elle l’a gagné à coups de misère. La vraie. C’est pourquoi, un petit plat à la fois, elle remplit le frigo-partage de la 3e avec tout son amour. Elle souhaite redonner à la communauté qui, en quelque sorte, lui a permis de s’en sortir.

 

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