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La Tour du Mordor

Le ministère de l’Éducation t’observe, le jeune.

En attendant l’érection (hehe, pas mature) du Phare, une autre tour domine le paysage urbain de la ville de Québec depuis des décennies. Quand on est en Basse-Ville, l’immense complexe Marie-Guyart n’échappe pas à notre regard. En tout temps, tout en haut de la Tour, des lumières rouges clignotent au bout des antennes.

Si on a un peu trop d’imagination comme moi, on peut y trouver une certaine ressemblance avec la Tour du Mordor et le regard omniscient de Sauron. Isolée dans l’espace, la tour dégage quelque chose de dominant, d’intimidant et tu te sens un peu observé ou surveillé. Étudiante, ça me donnait l’impression que le ministère de l’Éducation nous tenait à l’œil.

En tout cas, c’est mon étrange observation… Et vous, quels cauchemars vous inspirent le Phare?

Tant qu’à lancer un débat : quels sont les autres tours et bâtiments laids et terrifiants qui sont apparus à Québec depuis 10 ans?

#lavilleestànous!

Visions d’horreur

Les visionnaires sont parfois des imbéciles
dont la vue est bouchée par leur masque.

Dans les années 1960, quand Québec prévoyait détruire le Faubourg Saint-Jean-Baptiste et déchirer la Haute-Ville à coups d’autoroutes, son maire prétendait qu’il y aurait plus d’un million de personnes à Québec au tournant des années 2000 et qu’il fallait prévoir leur transport. Une de ces autoroutes superflues a finalement abouti dans un cul-de-sac, direct dans le cap séparant Saint-Roch et l’îlot Saint-Vincent-de-Paul. Nous voilà à la veille de 2020 : nous n’atteignons pas encore ledit chiffre, même en comptant la population des banlieues lointaines. Deux autoroutes supplémentaires qui auraient rasé ce qui reste de notre quartier n’auraient pas réglé le trafic qu’on connaît aujourd’hui.

Courtoisie de Hélène de Saint-Jambe

Sous prétexte d’accueillir 60 000 nouveaux ménages 30 000 nouveaux ménages (le chiffre a été rectifié entre 2016 et 2018)… Donc sous prétexte d’accueillir 28 000 nouveaux ménages d’ici 20 ans, la Ville de Québec prévoit dézoner des centaines d’hectares de terres agricoles pour construire des habitations. Elle dit vouloir éviter l’étalement urbain. Pourtant elle laisse construire des tours et autres projets suffocants qui donnent à l’entourage l’envie de partir (îlot Irving). Surtout, la spéculation immobilière encouragée par les projets qu’elle autorise entraîne une hausse du prix des logements, premier frein à l’augmentation de la densité de la population au centre-ville et à l’installation des jeunes familles. Sans compter que le manque flagrant de vision de nos fonctionnaires dilapide à la fois notre patrimoine bâti (îlot Saint-Vincent de Paul) et notre matrimoine environnemental.

Parmi les terres que Québec veut dézoner se trouvent les terres des Sœurs de la Charité. Elles ont été achetées en 2014 par le même consortium de nantis qui voit dans un Phare une « porte d’entrée » de Québec (ici, voir le mot phare en hologramme et entendre un air de trompette solennel). Il imagine un emblème de la ville, là où il y a un mur générateur de rafales et un symbole phallocratique.

Décidément, on n’a plus les visionnaires qu’on avait. Jules Verne se contentait d’écrire des livres. S’il avait véritablement foré la croûte terrestre jusqu’aux profondeurs imaginées, les éclaboussures de magma lui auraient fait fondre la face.

 

            

Souvenir de Londres, dessins de Hélène de Saint-Jambe (courtoisie)

Sources :

  1. Journal Droit de Parole
  2. lesoleil.com/chroniques/francois-bourque/le-reve-americain-et-les-terres-agricoles-f2a11a42406f06dc63bbd4a4040df352
  3. https://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/site/segments/reportage/90425/terres-agricoles-developpement-urbain-soeurs-charite

Un phare dans tes bobettes

Note : Ce texte burlesque peut ne pas convenir aux enfants.

J’évite le magasinage. Surtout dans les grandes surfaces. Néanmoins, quand je m’y perds par je ne sais quel mauvais hasard, j’admets que les centres d’achats offrent des expériences sociologiques fascinantes. À part une belle jeunesse liquidée derrière des caisses de Dolloramarde et autres boutiques dépressionistes, je suis transie par les madames qui s’habillent chic pour aller se racheter du linge et les monsieurs qui, de banc en banc, égrainent leurs heures à être seuls publiquement plutôt que seuls tout court. Mais il y a autre chose, en fait beaucoup de choses qui se résument à une seule : la marchandise. Et là, c’est malade. Je vous jure que, même si j’anime depuis plusieurs années des ateliers d’art au sein d’un organisme communautaire en santé mentale, je n’ai jamais vu de mes yeux vu quelque chose de plus délirant que la niaiserie capitaliste. Regardez bien ce bel exemple : un labo à lèvres qui offre des « expériences cérébro-stimulantes »! Avec ça, c’est certain, nous aurons à l’avenir plus de filles en sciences. Peu importe si elles portent des sarraus en dentelle et des éprouvettes au derrière.

Photos : Courtoisie de Hélène de Saint-Jambe

Cela dit, il se trouve aussi des marchandises étranges dans les petits commerces de la rue Saint-Jean. Dans une vitrine, j’ai trouvé ces caleçons exaltants. Moi qui porte des bobettes de grand-mère, je me suis tout-à-coup imaginé faire corps-à-corps avec le paysage et me parer d’architecture. Cependant, je n’ai pas trouvé le pendant féminin. Faudrait-il donc avoir un pont-levis préalable pour s’affubler de Manhattan ou s’accoutrer d’une œuvre de Frank Lloyd Wright? Je n’ai pas trouvé non plus d’immortalisation de la rénovation urbaine québécoise. Il n’y a pas de petites culottes imprimées du Château Frontenac, pas de string du centre Vidétron. Qu’à cela ne tienne, les stylistes peuvent aller se rhabiller : j’ai décidé de créer moi-même des bobettes imprimées de monuments.

Voici mes culottes nouveau genre : le devant est agrémenté de ce qui reste de la tour de Vésone, une antique construction dédiée à la déesse de l’eau et de la fécondité celtique Vésunna. Ce temple se trouve en Occitanie, plus précisément à Périgueux en Acquitaine, auprès d’un site archéologique gallo-romain hallucinant mis en valeur par le musée avoisinant, conçu par l’architecte Jean Nouvel.

C’est beaucoup moins vénérable, mais c’est aussi possible de créer des bobettes avec des aménagements immobiliers de Québec. On pourrait imaginer une couche-culotte avec le « troisième lien », par exemple. Ou encore ce magnifique modèle de caleçon, une façon de dire : le Phare, mettez-vous-le où je pense!

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