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Archives du mot-clé revengeance

La duchesse qui fait du riz

Ma mère était incapable de faire du riz, elle l’a répété toute mon enfance et j’ai aucun souvenir d’en avoir mangé à ce moment-là. Un moment donné elle s’est acheté un cuiseur à riz, et elle le manquait encore un peu, mais au moins on a commencé à en manger. Ma voisine faisait le meilleur riz au monde et des fois elle nous en donnait. Quand je voyais la réaction de ma mère, tout impressionnée et attendrie par cette attention, j’avais juste en tête que pour faire du riz, ça prenait un don.

Je suis partie en appartement et je refusais d’en faire. Je me disais que de toute façon je le manquerais et que je préférais manger quelque chose de bon, tsé. À ma fête, ma sœur m’a donné cette fameuse machine cuiseuse de riz. On venait de me confirmer toute la complexité que la cuisson du riz devait avoir. Je l’ai essayée une fois et mon riz était dégueulasse. J’ai laissé tomber.

Dernièrement, après quelques années en appartement, j’ai décidé d’essayer de faire du riz, dans une casserole comme tout le monde. J’ai réussi. Je me suis rendu compte que peut-être qu’il fallait que je commence à arrêter d’avoir peur d’essayer de nouvelles choses.

Ça fait environ trois ans qu’à chaque année, quand je vois que la Revengeance est en recrutement de nouvelles candidatures, j’ai une énorme envie de me présenter, mais une petite voix dans ma tête me dit que j’ai rien à faire là. Je pense que je ne suis pas assez intéressant∙e, que ça demande trop d’énergie.

Cette année, à peu près au même moment où j’ai fait mon premier riz, j’étais dans un mood où j’avais besoin d’aventure, de me dépasser et surtout de donner, donc je me suis dit « eille fuck off je me lance et il arrivera ce qu’il arrivera ». Et voilà, j’ai reçu un courriel, que j’ai lu un dimanche soir à 22 h, comme quoi j’étais accepté∙e, et j’ai pas dormi de la nuit parce que j’étais bin trop énervé∙e.

Je me suis impressionné∙e cette fois-là et depuis j’ai eu une grosse réflexion avec moi-même. Je me suis rendu compte que ce n’était pas la première fois que je remettais des projets à plus tard, par manque d’énergie, de confiance et par paresse. Mais j’ai voulu fouiller plus loin et comprendre pourquoi je faisais ça.

J’ai trouvé la réponse il y a pas longtemps. Je refuse de commencer des projets parce que j’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur, d’échouer. Par contre, je me rends aussi compte que c’est encore pire de rien entreprendre pantoute que d’essayer quelque chose de nouveau et de se tromper quelque part.

C’est ce qu’être duchesse m’a enseigné, que si j’essayais pas j’allais rien avoir. Pi avec ça, bin je me suis rendu compte que j’étais capable de bien plus que ce que je pensais.

Feck aujourd’hui, je suis duchesse, pi je reprends mille et un projets que je laissais de côté depuis trop longtemps. J’ai commencé à dessiner, j’essaie de jouer de la guitare, j’ai décidé de faire une demande d’admission pour une maîtrise pi j’ai décidé que ça allait être dans une autre ville. Pi je mange du riz bin plus souvent.

L’enfant et l’artiste

Autofiction à partir d’une vraie phrase, d’une vraie nièce!

« Ça, c’est une fabrique à nuages » – Emaly à un âge imprécis

J’avais kidnappé l’enfant. Quand je dis « kidnappé », je veux dire gâté, pis quand je dis « l’enfant », je veux dire ma filleule. 

Je ne me souviens plus ce qu’on avait fait, une promenade ou un cinéma, un cornet ou une glissade. C’est pour te dire… je me souviens même plus de la saison. Elle avait 6 ans, peut-être 9, tu vois même l’âge est flou. Je la garde pas souvent, il devait y avoir une raison.

 Une de ses sœurs était malade peut-être, elle a plus de frères et sœurs que de doigts dans une main… Ou alors une question d’anniversaire, d’école ou de peine d’amour… la mienne, pas la sienne, ça sonne comme quelque chose qui se peut. Elle prend la pose, figée dans ma mémoire comme un Polaroïd, assise en arrière parce que c’est plus prudent, pis on jase en se souriant dans le rétroviseur. Le soir tombe sûrement.

On prend le chemin des Îles – ça a l’air exotique dit de même, mais les seules îles que je lui connais, ce sont les grands réservoirs blancs de la raffinerie. La petite dit : « Ça, tatie, c’est une fabrique à nuages » en pointant Valero. Amusée par cette percée poétique, retrouvant peu à peu mes yeux de lait, je stationne l’auto dans une entrée adjacente :

 

– Je savais pas ça! T’es ben savante, ma snoreau! Tu sais quoi d’autre?

– Ben ça, là, c’est une flamme éternelle olympique!

– Meu! Wow! Pour la fois où on a eu les Jeux olympiques à Lévis?

– Oui, pis les grandes cheminées rouges et blanches, c’est des fusées en vrai!

– Pas sérieuse? Elle hoche avec conviction de la tête. Pour quand on voudra voyager sur la lune?

– Si on veut! Ou voyager dans le passé aussi. Elles font les deux, tatie.

– Et pourquoi, y a autant de lumières? Pour les atterrissages de nuit?

– Ils sont juste paresseux. Noël est fini depuis longtemps!

– Pis les grands cylindres blancs?

– Ça, c’est des réservoirs!

– Ah? Cachant mal ma déception.

– Y en a un pour le caramel, un pour le chocolat, un pour la fraise…

– Pis lui?

– Le plus gros, c’est une piscine!

– Une piscine?

– Ben oui, une piscine olympique! Suis quand je parle, tatie!

Ça fait un bien fou de se faire ramener à l’ordre par un enfant. De laisser entrer la magie dans la vie qui court. C’était beau, cette histoire de fabrique à nuages, porteur, ces mots d’enfant. Ça nous change des mots déversement, pollution… Faut les savoir aussi, les mots d’adultes, mais je remercie la vie pour ce doux détournement. Une revengeance de l’imaginaire sur l’ordinaire.

Elle a grandi depuis. C’est une ado qui va grimacer de se lire ici, réinventée. Je fais le souhait qu’elle garde le plus longtemps possible cette capacité à rêver le monde. Je pense que je serai exaucée, c’est parti pour être une artiste, comme sa tatie!

Emaly avant d’être une ado cool. Un jour de bulles et de gazon chez Gros-maman. Crédit photo : Tatie Andréanne

 

Sept duchesses pour la dixième édition de la Revengeance

Québec, 8 janvier 2019 – L’organisme Diadème est fier de dévoiler la toute nouvelle cohorte de la Revengeance des duchesses! Cette dixième édition se déroulera du 1er au 15 février 2019 dans différents endroits de la ville de Québec.

Sept magnifiques duchesses vous feront part de leurs découvertes, de leur créativité et de leur amour pour leur duché par le biais de leur blogue. Il s’agit de Joëlle (Limoilou), Myriam (Saint-Sauveur), Andréanne Fémini-Bof d’Orléans (Île d’Orléans), Fre (Vieux-Limoilou), Hélène de Saint-Jambe (Saint-Jean-Baptiste), Mélissa (Roch-City), et Andréanne Virgule duchesse (Lévis). Vous pourrez lire leurs textes dès le 1er février au www.revengeanceduchesses.com. Les membres du public seront invités à y voter quotidiennement pour la duchesse de leur choix tout au long des festivités.

Encore cette année, La Korrigane proposera une bière spéciale, La Dixième Revengeance, en vente sur place durant les quinze jours de l’événement.

En plus des activités classiques de la Revengeance des duchesses (lancement, Tournée des Grandes Duchesses et couronnement, entre autres), le Festival féministe de la Revengeance proposera à nouveau tables rondes, discussions, conférences et activités sur divers sujets d’actualité liés au féminisme.

La programmation complète sera dévoilée bientôt. Le lancement officiel des festivités aura lieu le 1er février prochain.

Demandes d’entrevue ou information supplémentaire :
Annie Fournier, contactduchesses@gmail.com

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Revengeance 10 : La Revengeance recrute en grand pour ses dix ans

Soumets ta candidature dès maintenant!!!

Québec, 15 octobre 2018 – La Revengeance des duchesses aura dix ans en 2019! Et aujourd’hui, elle lance sa campagne de recrutement annuelle. La 10e édition de cet incontournable événement hivernal se tiendra du 1er au 15 février 2019. Les aspirantes duchesses ont jusqu’au 4 novembre à minuit pour soumettre leur candidature en remplissant le formulaire d’inscription, disponible ici.

Pour former sa nouvelle cohorte, la Revengeance invite des femmes de toutes les nationalités, de toutes les cultures et de toutes les générations à chausser leurs bottes à crampons afin de célébrer l’hiver dans toute sa diversité. Créatives et originales, les duchesses de la Revengeance partageront avec le public leur perspective unique ainsi que l’amour de leur quartier à travers des publications Web et plusieurs autres activités hivernales.

Les participantes doivent être âgées de 18 ans et plus et résider dans la région de Québec. Fidèle à son habitude, et dans le but de respecter son objectif de donner la parole aux femmes, la Revengeance accueillera au maximum un duchesse homme au sein de son équipe. Les duchesses de cette année seront appelées choisir une cause ou un organisme coup de cœur de leur duché.

Pour sa 10e édition, la Revengeance compte faire entendre son cri : La ville est à nous!

Ce 10e anniversaire sera souligné en grand : clins d’œil aux duchesses des années précédentes, deuxième édition du Festival féministe de la Revengeance, retour d’activités phares… Surveillez aussi les apparitions de Bonhommette, fière membre de notre escouade hivernale ducale, sur le Web ainsi que lors de nos nombreux événements.

Nouveau conseil d’administration

Afin d’encadrer l’édition 2019 de la Revengeance des duchesses, un nouveau conseil d’administration a vu le jour en juin dernier. Il est formé de Karoline Stanton (présidente), Joannie Morrissette-Dupuis (vice-présidente et trésorière), Anouchka (reine 2018 de la Revengeance), Marrie Bathory (secrétaire) et Annie Fournier (communications).

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Informations : Annie Fournier, communications / contactduchesses@gmail.com

 

Merci à nos partenaires