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Entrevue avec les souliers de Sol Zanetti (3/3)

Voici tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les souliers de Sol Zanetti (voir la première partie, puis la deuxième partie).

Sur quoi ça les énerve le plus de piler?

Parizeau disait que la politique, c’est un océan d’orteils. Où que tu mettes le pied, tu piles sur des orteils tout le temps. Fait que ce serait de piler sur des orteils. En même temps, je pense que c’est inévitable, Il n’y a aucune action politique qui peut potentiellement plaire à tout le monde en même temps. Tu peux faire du surplace et les gens vont arrêter de crier. Faut juste choisir sur quel orteil tu vas piler.

Ont-ils déjà trompé leur propriétaire?

Non! Elles sont fidèles. Mais à moins que dans mon dos, quand j’étais pas là, je le sais pas. Ça serait surprenant parce que quand je m’en vais, je retire la semelle qu’il y a à l’intérieur. Ce serait donc vraiment une mauvaise expérience pour quelqu’un qui voudrait les essayer.

Dans leur identité de genre, s’identifient-ils comme souliers blancs?

Oui. Ils s’assument! Pour les souliers, la blancheur n’est pas un critère d’identification de la classe dominante. C’est le contraire, en fait. Ils sont un peu ostracisés. Ici, ils sont seuls. Il y a près d’un millier de personnes qui travaillent ici et ils n’ont jamais vu de leur semblable. Parmi l’aile solidaire, les souliers sont vraiment très ouverts d’esprit. Les Dr. Martens et mes souliers s’aiment beaucoup. Ensemble, ils forment un clan d’oppressés. Les minorités se ramassent entre elles et se soutiennent.

Pensent-ils piétiner le troisième lien un jour?

Ils espèrent que non. Ils espèrent vraiment que non. Faudrait pas que ce soit piétinable. Faudrait pas que ça existe. Faudrait pas que ça arrive. Peut-être qu’en fin de vie, lorsqu’ils ne seront plus portables dans cette noble institution, je pense qu’ils vont aimer aller dans les transports en commun.

C’est quoi leur blague préférée?

Il y a deux semaines, dans le journal, il y avait une réaction d’un type que j’aime bien, Jean-Pierre Charbonneau, un ancien parlementaire qui s’est beaucoup intéressé à la réforme du mode de scrutin. Il disait que quand il est entré député dans ses jeunes années, il existait une phobie des sandales dans le Salon bleu. On spécifiait que « les sandales même pas de bas » étaient à proscrire. Et là, la question qui se pose c’est est-ce que c’est pire des sandales pas de bas ou c’est pire des sandales avec bas? Ça, c’est la blague préférée de mes chaussures.

Comment se sont-ils sentis face à la controverse qu’ils ont causée par leur existence à l’Assemblée nationale?

Ils se sont sentis jugés. Ils se sont dit : « Si les gens me rencontraient pour vrai, ils trouveraient vraiment qu’il n’y a rien là ». Mais c’est comme si l’image projetée par eux dans les différentes chroniques a fait véhiculer bien des préjugés à leur égard. À entendre les chroniqueurs qui ne les ont jamais rencontrés, ils ne sont que des godasses, à la limite du portable. Que de viles chaussures.

Ce sont des chaussures philosophales.

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