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DUCHESSE-TOÉ! Compilation

Votre duchesse de Limoilou avait demandé aux autres duchesses de la Revengeance de choisir une chanson à laquelle elles s’identifient. Voici le résultat, que vous avez déjà entendu à la soirée du lancement.

Laissez-vous aller, ne nous regardez pas comme ça. Vous aussi, vous avez vos plaisirs coupables!

Duchesse-toé!

Sara La Récup, duchesse de Limoilou 2018


1) 0:00 Joe Dassin : Dans les yeux d’Émilie (ÉMILIE III, duchesse du Vieux-Québec)

2) 3:37 Lisa Leblanc : Chanson d’une rouspéteuse (JULIE ANN, duchesse de Saint-Roch)

3) 5:52 Joseph Edgar : Espionne russe (ANOUCHKA, duchesse de l’Aéroport)

4) 9:19 Safia Nolin : Igloo (SARA, duchesse de Limoilou)

5) 13:42 Les Colocs : Belzébuth (JOANNIE, duchesse de Neufchâtel)

6) 22:59 Félix Leclerc : Le p’tit bonheur (KAROLINE, duchesse de Maizerets)

7) 25:36 David Bisbal, Wisin et Yandel : Torre de Babel (MARIANA, duchesse de Charlesbourg)

8) 29:48 Mika : Elle me dit (MARJOLAINE, duchesse de l’île d’Orléans)

Prédestinée à devenir reine

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais tout au long de la Revengeance, j’ai parsemé mes articles de blogue avec des GIF de couronnes. Je vous explique maintenant plus en détail de quoi il s’agit.

J’ai les meilleurs collègues au monde. Ça, vous le saviez déjà.

Parce qu’on travaille comme des dingues pour offrir aux résidents du Vieux-Québec un service de bibliothèque de qualité ainsi qu’une programmation littéraire riche et variée, il nous arrive d’avoir des petites bulles au cerveau et de nous lancer des défis un peu farfelus. Ainsi, depuis l’ouverture de la Maison, dans nos temps libres, nous avons créé des œuvres à partir de légumineuses, écrit des poèmes sur les jeux Invictus, dessiné des comic strips sur l’année du coq de feu, sculpté des courges, cuisiné des pommes, photographié des vacances tombées à l’eau, envoyé des bouteilles à la mer et… confectionné des couronnes! La thématique de ce concours-ci était double : le Diamant (puisque notre directeur partait relever de nouveaux défis; plus sérieux, ceux-là) et la Revengeance (puisque je devrais porter chacune des couronnes à différents moments de l’événement).

Comme d’habitude, j’ai été absolument flabbergastée par le talent de mes collègues. Et je les remercie d’avoir créé ce prélude à mon couronnement (parce que nous savons tous que je suis prédestinée à devenir reine, Joe et Pierre l’ont dit).

Revoici donc, pour votre plus grand bonheur GIFique, lesdites couronnes :

La couronne « Haka » de Paul Bordeleau

 

La couronne « manèges en construction » de Nadia Morin

 

La couronne « un poème par jour » d’Alex Thibodeau

 

La couronne « d’Adam Carrier » d’Isabelle Moisan

 

La couronne « mange-moi » de Julie Veillet

 

La couronne « première femme cardinale » de Catherine Lefrançois

La couronne « chaud mouton » de Renée Roussel

Délivrée, libérée!

Ce qui est beau avec la Revengeance, c’est qu’on nous offre un espace de parole qui n’est pas déjà formaté. Un safe space où chacune peut présenter ce qu’elle a à dire de la manière dont elle a envie de le dire. On accorde une importance capitale à la liberté d’expression et à la liberté de création. C’est précieux. Comme toute liberté vient avec une responsabilité équivalente, je me suis longuement questionnée sur le contenu et la forme de mes articles de blogue.

QUELQUES PRÉTEXTES

Plusieurs savent que j’entretiens une relation amour/haine avec mon duché : le Vieux-Québec, c’est une espèce de Disney Land avec son lot de magie et de désillusions, et j’avais envie d’aborder ça avec une bonne dose d’humour. Mais par-delà cette observation maintes fois corroborée par mes prédécesseures, vient le constat personnel que mon quartier et ma duchesserie sont en fait de magnifiques prétextes pour aborder la question féministe – sur le blogue de la Revengeance et dans le cadre des activités (soirée de poésie, conférence, table ronde, prescription de livre et tournée des duchés) ainsi qu’en amont et en aval de toute cette aventure. Je n’ai jamais eu autant de discussions sur le féminisme (qui plus est, avec des gens qui ne se sentent pas concernés par cette lutte) que depuis qu’on me demande si je vais être élue reine du Carnaval et parader avec Bonhomme. Vous dire à quel point j’aime ces moments, où des proches, des ami.e.s ou de nouvelles connaissances finissent par s’écrier : « Ah ben, je suis féministe pis je le savais même pas! » ou encore « Ah ouin, il y a plusieurs manières d’être féministe? » Rien que pour ça, je ne regrette pas de m’être prêtée au jeu.

POURQUOI LA POÉSIE?

Quant à la forme, la question s’est résolue presque d’elle-même. Je savais que mes articles aborderaient la poésie. Dire que j’écris de la poésie surprend davantage les gens que lorsque je leur dis que je suis féministe (cette affirmation a été testée sur un petit échantillon pendant le temps des Fêtes). Comme pour le féminisme, les gens ont souvent une conception archaïque et caricaturale de la poésie. En plus, m’a-t-on dit, « il n’y a pas de marché pour ça ». Ah et puis : « On n’y comprend rien ».
Non, on ne devient pas riche avec la poésie. Oui, lire un poème exige plus de concentration que lire son horoscope ou une recette de gâteau. Les belles choses sont souvent inutiles et les bonnes choses, difficiles. La poésie est une forme de résistance. Résistance au monde, résistance au langage même.
La prose répond davantage aux conventions : il y a la ponctuation, la syntaxe, la structure d’un paragraphe ou d’un chapitre… le lecteur y trouve le sens qu’il cherche et oublie aisément que sous les mots se trame le véritable enjeu. La poésie déconstruit la prose, elle la triture et la casse, la plie et la retourne sur elle-même dans l’espoir que le lecteur y surprenne la multiplicité de sens que recèle sa sonorité, son rythme, les images qui en émanent comme d’une caisse de résonance. La poésie est toujours là où on ne l’attend pas. Elle refuse de nous donner ce que nous attendons du langage. Elle est à la fois le jeu et le détraquement de toutes ses règles. Elle pointe la faille par laquelle le réel nous échappe. La poésie nous résiste. C’est une force face à laquelle nous constatons notre sottise, mais aussi notre grandeur. C’est l’arme que j’ai choisi d’utiliser pour résister aux raccourcis, aux préjugés, aux facilités; pour résister à la banalité, à la norme, à la majorité; pour résister à tout ce qui, en moi et à l’extérieur de moi, étouffe la liberté et l’altérité. La poésie est une résistance. Une résistance rougeoyante. Comme le tungstène des veilleuses. La poésie est une féministe qui veille. Une féministe qui veille en attendant que les princesses émergent elles-mêmes d’un sommeil qui dure depuis trop longtemps déjà.
***

Les collègues du blanc temple des Lettres m’ont confectionné
une couronne pour chaque occasion!

Crédit couronne : Nadia Morin

Le Vieux-Disney

Jeudi dernier, lors du lancement de la Revengeance, j’ai eu l’immense honneur de présenter mon Disney-duché avec ce karaoké que je vous invite à partager allègrement :

Merci à Mickaël, duchesse de Limoilou 2017, pour ce montage royal!

LE VIEUX-DISNEY

(Sur l’air de Let It Go.)

Mon duché ce n’est pas un duché
c’est un château avec pas de princesse
un royaume en papier mâché
où vivent les vraies duchesses

Y’a des boutiques de cossins
à tous les deux coins d’rues
pis les magasins
nous appartiennent pus

Le Vieux-Québec, le Vieux-Québec
c’est un peu comme un film de Disney

Mon Vieux-Québec, toi mon duché
j’t’aime, mais ch’tannée

 

REFRAIN

Ton château, ton château
c’est juste pour les cartes postales

Ton château, ton château
une désillusion totale

Tu te fous de tous tes sujets
…où est l’épicerie?

(Les princesses de Disney ne mangent jamais.)

 

C’est drôle comme tu penses
que t’es beau en-dehors
qu’il suffit de quelques lumières
pour que tout le monde t’adore

Pas de stationnement dans la gadoue
tu testes nos limites jusqu’au bout
Quand est-ce que t’enlèves
la pharmacie
aussi?

 

REFRAIN

Ton château, ton château
pis ton beau grand Carnaval

Ton château, ton château
bientôt plus d’hôpital

Tu te fous de tous tes sujets
non, ne fais pas semblant

 

La Revengeance est peut-être ton seul espoir
d’arrêter de te vendre comme si tu faisais le trottoir

Nos chemises sont archi-chesses
pis l’poil nous frise sé jambes
Les dusèches sont l’avenir
d’un monde qui nous ressemble

 

REFRAIN

Ton château, ton château
on l’remplace par un Provigo

Ton château, ton château
ou ben une quincaillerie

On se fout de ta mise en plis
On a faim pis on chie

(On n’est pas des princesses de Disney.)

 

Les gens du Vieux

J’envie les gens
qui savent
d’où ils viennent
généralement
ils savent aussi
où ils vont

Je ne suis pas
du Vieux

Née à Montréal
grandie à Hull
Laval Cap-Rouge Sainte-Foy
déménagée
dans Saint-Jean-Baptiste
Sainte-Foy de nouveau
puis Donnacona
aucun de ces endroits
ne se souvient
de moi je n’ai de racines
nulle part

J’envie les gens
leur nostalgie
pour ce qu’ils appellent
maison
ville ou village
natal

J’envie les enfants
des gratte-ciels
de la forêt
de la montagne
du Nord
de la mer
le paysage les ayant vu
grandir ils sont
béton écorce vent ou sel
jusqu’au plus pur
noyau du souvenir

J’envie les gens
qui appartiennent
au territoire
ils semblent aussi
s’appartenir

Je ne suis pas
du Vieux

réfugiée à l’intérieur
des remparts
depuis un an à peine
le temps de reprendre mon souffle
puis repartir

J’envie les gens
qui savent qu’ils vont
revenir
chez moi chez eux
quelque part
entre les deux j’ai espoir
de m’enraciner
dans le ressac des
au revoir

Je ne suis pas
du Vieux

toujours de passage
touriste parmi les touristes
comme la plupart des gens
du Vieux

***

Les collègues du blanc temple des Lettres m’ont confectionné
une couronne pour chaque occasion!

Crédit couronne : Paul Bordeleau

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