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Raconte-moi Saint-Roch : un café avec Webster

Photo : Duchesse Roch City


Le 28 janvier dernier, j’ai eu la chance de m’entretenir avec l’historien et rappeur Webster sur la présence noire et afro-descendante dans le quartier Saint-Roch. Comme duchesse du quartier, il me semblait pertinent de m’informer sur cette facette importante de la mémoire collective.

Lors de ce café en compagnie de Webster, nous avons échangé sur certains faits méconnus de l’histoire de Saint-Roch. (Je laisse ci-dessous la parole à Webster, qui vous en parlera comme si vous y étiez!)

  • Datant de 1799, l’aquarelle Ruins of the Intendant’s Palace de George Heriot représenterait un homme itinérant qui mendiait dans les environs du palais de l’intendant.
  • La vie d’un bourreau ayant vécu sur la rue Saint-Vallier.
  • Au 19e siècle, plusieurs entrepreneurs noirs ont eu pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch.
  • Une histoire très triste : celle d’un homme habitant sur la rue du Pont (anciennement la rue Craig), qui fut tout au long de sa vie méprisé par les cochers, puis poignardé par des voyous. 
  • Avant de s’appeler Badelard, la célèbre petite côte bucolique qui relie la Haute-Ville et la Basse-Ville s’appelait « côte de la Négresse ». Plusieurs légendes entourent cette dénomination. Qui était cette dame? Était-elle tenancière d’un très couru bordel? (À suivre…)

Envie d’en savoir plus? Au printemps prochain, les tours Quebec History X guidés par Webster reprendront. Profitez donc de ce moment pour redécouvrir votre ville sous un nouvel angle!

En terminant, puisque février est le Mois de l’histoire des Noirs (et qu’un mois par année ce n’est franchement pas assez!), je vous invite à vous intéresser aux activités organisées dans votre milieu et à y prendre part sans hésiter!

Gens de Limoilou : Hamed, le travailleur de milieu optimiste

Joëlle : Raconte-moi une histoire.

Hamed : Quand j’étais jeune, on restait à Saint-Pie X. On trouvait que ce quartier était une autre planète, contrairement à Beauport, là où nous nous étions installés à notre arrivée. Là-bas, les habitants viennent de partout. Quand on me demandait d’où je venais et que je leur répondais Saint-Pie X, on avait peur. Les gens avaient beaucoup de préjugés envers le quartier. Ça me dérangeait beaucoup. Les stéréotypes étaient intenses.

Avant d’arriver à Saint-Pie X, on s’est beaucoup déplacé dans Québec. En secondaire 3-4-5, je jouais au basket à Brébeuf, mais je m’intéressais majoritairement à tout ce qui était social. C’est à ce moment que je suis tombé amoureux de l’écriture. Ça commençait à prendre beaucoup de place. Mes amis jouaient au basket plusieurs fois par semaine et moi, je me réfugiais dans l’écriture. Ça me permettait de voir autre chose et de me poser des questions sur les gens, de connecter avec des émotions. Ensuite, j’ai fréquenté le Cégep Limoilou et je ne savais pas quoi faire. Pis quand tu sais pas quoi faire au cégep, le temps est long. Tu as l’impression de tourner en rond. Pendant cette période, je faisais beaucoup de bénévolat à l’organisme L’Évasion Saint-Pie X. J’ai tout de suite su que je voulais travailler dans le social et je me demandais comment je pouvais gagner ma vie de cette façon.

Parallèlement à tout ça, je sors un petit CD rap fait maison. Ça a super bien marché. Tellement, qu’on m’a proposé un voyage de trois semaines en France. C’était mon premier voyage consacré au rap. À Paris, ce qui m’intéressait, c’était pas nécessairement d’aller à la tour Eiffel, mais plutôt d’aller voir les quartiers où ça se passait moins bien. J’ai visité des quartiers où je me suis dit « Wow! Ça se passe pour de vrai! ». J’ai réalisé que c’était comme ça que les gens voyaient Saint-Pie X. C’est à ce moment que j’ai tout de suite su ce que je voulais faire : travailleur de rue ou travailleur de milieu pour défaire les préjugés face aux milieux moins favorisés. Je voulais me rendre utile, rencontrer des gens, parler de tout et de rien. Je suis un chiller!

Pendant que ça se passait moins bien au cégep, j’ai eu l’opportunité de faire un job de travailleur de milieu au Centre communautaire Ferland. C’était censé durer trois mois. Il y avait une problématique où les jeunes allaient traîner au Centre Ferland. Ça créait des problèmes avec la Ville. On m’a engagé pour voir ce qu’on pouvait faire dans le cadre d’un projet pilote. Ça s’est très bien passé! Les trois mois se sont allongés à deux ans. J’ai eu de gros projets. Avec les jeunes, j’ai fait une grande fresque. Leur visage est dessus. Ça a encore plus confirmé ce que je voulais faire.

La musique prend encore une place dans ma vie.  Il y a un rappeur que j’admire à Limoilou. Il s’appelle Webster. Il m’inspire. J’ai monté une conférence sur l’intimidation, le respect, croire en ses rêves. Je fais aussi des ateliers d’écriture dans les maisons des jeunes, centres jeunesse. Défaire les préjugés et dire aux gens « venez voir »!

– Hamed S. Adam, travailleur de milieu

Écouter la musique de Hamed ici

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