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La revengeance des duchesses

Bienvenue à la Cour des grandes, la première saison du projet de baladiffusion de Diadème!

(Revenez nous voir à compter du 1er mars 2021! Une surprise vous attend!) 

La Cour des grandes

La dixième édition de la Revengeance des duchesses est terminée!

Photo : Julie DJU-chesse de Saint-Roch 2018

Ce vendredi 15 février, à la Brasserie artisanale La Korrigane, avait lieu l’événement de clôture de la Revengeance 2019, animé par Karoline Stanton, présidente de Diadème. Pour l’occasion, Anouchka Première, reine 2018, ainsi qu’Alix Paré-Vallerand et Émilie Rioux, reines 2017 et 2015, ont offert leurs souhaits à celle qui devait leur succéder. Les reines ont également profité de l’occasion pour adouber Karoline Stanton chevalière de la Revengeance.

Chaque duchesse a présenté un hommage à une coduchesse. Tantôt émouvants, tantôt drôles, les mots, les gestes, ont touché le cœur des destinataires.

C’était d’ailleurs l’un des messages lancés par Aaron Bass, joallier et designer des diadèmes et de la couronne 2019 : l’amour, projeté par les duchesses dans la grisaille de notre époque.

Don et partage

Comme annoncé précédemment, la personne ayant récolté le plus de votes en ligne a choisi un organisme à qui un don en argent sera fait après la soirée. Fre, duchesse du Vieux-Limoilou, a opté pour l’organisme Entraide Jeunesse Québec, dont le programme ViRAJ vise à prévenir la violence dans les relations amoureuses chez les jeunes.

Fre a cependant refusé le point d’avance que lui donnait le vote populaire.

Un bingo/tirage a servi à amasser le montant du don à Entraide Jeunesse Québec (120 $ au total, donc 60 $ à l’organisme et 60 $ au gagnant du bingo) et devait du même coup déterminer la reine de cette édition de la Revengeance.

Photo : Anouchka Première, reine 2018 de la Revengeance des duchesses

Or les duchesses 2019 ont plutôt choisi de partager la couronne : elles seront, ont-elles déclaré, sept reines.

La couronne se promènera donc de duché en duché au cours de l’année. Elle résidera d’abord chez la Reine-Mère, Marjorie Champagne, cofondatrice de la Revengeance des duchesses.

En fin de compte, au pied de la tour

Ok, si vous êtes fraîchement débarqués ici, allez plutôt lire mon texte intitulé « Un phare dans tes bobettes » ou visionner la vidéo « Sauvons la vocation (agricole) des terres ». Ce qui suit est plutôt pour les initiés! Mon blogue de duchesse se conclut (ouf! Enfin débute ma nécessaire cure des réseaux sociaux et de ma propre face partout). Ça y est, après les duchesses d’Aiguillon et Granola, je me glisse dans la lignée d’Iris, Lydia, Caroline, Nadine, Anne-Marie, Jeanne, Nancy. J’en appelle aux filles (j’aime ça dire filles) et j’en appelle aux iels (nouveau mot que j’ai appris, merci Fre) : Marie-France, Élisa, Julie, Flavie, Anne-Sophie, Fanny, Marie-Ève, Ève, Annie, Caroline, Marie-Claire, Marie-Hélène, Claudia, Paryse, Josée, Laetitia, Isabelle, Yacinthe, etc. : je vous exhorte de prendre le relais, de vous approprier cette tribune, cet espace de création AUTOGÉRÉ et FÉMINISTE, afin de vous exprimer et mettre en valeur vos territoires urbains et/ou imaginaires. Pas besoin de faire comme la duchesse de Saint-Jambe qui beurre épais et se surmène. Vous pouvez vous en tenir à quelques dessins, photos ou écrits.

À tous, MERCI pour vos encouragements multiples. Salut à toute la cohorte 2019, aux duchesses formidables et à toutes celles qui s’impliquent dans l’organisation des activités et du blogue. Ça fait du bien de rencontrer du beau monde de même. La Revengeance a tout du club social, mais plutôt que d’y jouer aux cartes, on se met sur la carte!

Enfin voici quelques images-souvenirs de ma duchessitude.

L’adoubement qu’officiait Alice Guéricolas-Gagné, où j’ai été intronisée au sein de l’Université de Saint-Jambe. Suivi d’un vin chaud à la rose et d’une microparade saint-jambienne.

Vue glaciale sur les terres à sauvegarder et sur ma délirante tenue de duchesse

Qu’est-ce que lit une duchesse? Entre autres : Marie-Claire, Francis Desharnais, Alain Denault, Paul Zumthor, Alain Larose, Meb et Alice de Saint-Jambe, bien entendu. Merci à la Librairie Pantoute pour l’accueil! Merci au groupe Mélisande d’avoir appuyé la cause des terres des Sœurs de la Charité au Théâtre Petit Champlain. Bienvenue à Céline Tremblay, héritière de la véritable couronne, Carole Turgeon et les autres.

Qu’est-ce qu’une duchesse expose à la bibliothèque de Saint-Jambe jusqu’au 17 mars? Une exposition autour du thème de Babel qui réunit poèmes, vidéos et dessins.

Babel de Hélène Matte et ZumTrobar :     https://vimeo.com/312642872

Enfin, ma duchessitude sera marquée à jamais par la joie de mon ami Edmé Étienne à l’approche de son concert punk, lequel j’ai inauguré le 2 février par quelques poèmes du recueil En berne. Puis, près d’une semaine plus tard, par l’atermoiement devant son acte manqué, sa survie ratée, comment dire : sa mort. Edmé, toi tellement show-off, te voilà juste off. Quel gâchis. À ton cri Oï! nous répondons ayoye. , changeons la formule punk No Future pour Low Future, ok? La décroissance de la consommation plutôt que la déchéance. L’Amour scandé et chanté plutôt qu’à l’arraché. L’autodérision plutôt que la mythomanie narcissique. Sympathies à tous ceux blessés par ton geste. À nous. Amour avide. Adieu Edmé tatoué. Va au silence.

Je conclus sur un court poème, que j’ai lu lors la cérémonie d’adoubement aux allures pataphysiques, tandis que ma fille (future duchesse de la Revengeance!) m’envoyait des pétales dans la face…

Je ne suis pas princesse d’ivoire (je suis duchesse revengeresse)

Je suis reine et je suis le château

Un château de pétales de roses. Un château de pétales de roses.

Gens de Limoilou : Nathalie Piché, l’âme charitable

Elle est généreuse et d’une grande sagesse. Nathalie Piché en a long à dire sur son parcours de vie, celui qui l’encourage à fréquemment remplir de petits plats le frigo-partage de la 3e Avenue. Assise à la table d’un café à Limoilou, elle parle ouvertement de son passé parce qu’elle a fait la paix avec ce dernier.

« J’ai grandi dans une famille où on manquait de beaucoup de choses. Mon père était atteint de maladie mentale. Il nous élevait comme il pouvait. Ma mère est partie de la maison lorsque j’avais 10 ans. On n’avait pas beaucoup de sous. »

C’est à peine âgée de 15 ans que Nathalie donne naissance à son premier enfant né avec un handicap rare – le même que le père. Mère monoparentale, elle n’a jamais baissé les bras devant les défis qu’amenait cette nouvelle réalité à un si jeune âge.

« Je me suis ramassée sur l’aide sociale avec ma fille. Je recevais 400 $ par mois, mon loyer m’en coûtait 110 dans le temps. Tout le monde autour de moi me décourageait. On me disait que je n’allais pas être capable, on se demandait ce que j’allais faire. Je n’aurais pas pu donner ma fille en adoption. Je suis comme ça. Une fille de cœur. »

Déménageant d’une ville à l’autre, toujours dans l’idée d’améliorer son sort, Nathalie fit, au fil du temps, des rencontres qui n’ont pas toujours tourné en sa faveur. Pourtant, le désir de donner une vie meilleure à sa famille était pour elle un puissant moteur, puisqu’à 29 ans déjà, elle avait quatre bouches à nourrir. Le faible revenu que lui rapporte l’aide sociale jumelé à une rencontre fortuite qui changera le cours de sa vie lui donnent la motivation nécessaire pour retourner sur les bancs de l’école. Ce lieu qu’elle avait quitté à 14 ans.

« On m’a classée en secondaire 1, sauf en français. J’étais bonne parce que c’est avec l’écriture que je me défoulais lorsque j’étais en famille d’accueil, plus jeune. J’ai ensuite fait un DEP en secrétariat-comptabilité. Je ne voulais plus dépendre de personne. Je voulais être capable de faire vivre mes enfants. J’ai eu de la misère. De fil en aiguille, je m’en suis sortie. »

Entre temps, elle tente par plusieurs moyens de retrouver les traces de son père disparu quelque part au Québec.

« Je n’étais pas capable de laisser tomber mon père. J’avais même fait des démarches auprès de l’émission de Claire Lamarche. Un jour, j’ai décidé de le chercher par moi-même. Je suis partie une journée. J’ai su qu’il restait à Saint-Jean-sur-Richelieu. J’ai fait les hôpitaux, les cliniques, les parcs… je suis allée le chercher. Je l’ai ramené à Québec, je lui ai trouvé un appartement et l’ai meublé. »

Aujourd’hui, âgée de 53 ans, Nathalie est toujours aussi dédiée dans le bonheur de sa famille, devenue aidante deux fois par semaine pour l’un de ses petit-enfants né avec un trouble du spectre de l’autisme. Malgré tout, Nathalie est fière du chemin difficile qu’elle a parcouru. Pour elle, aider les autres est devenu une seconde peau. Son ciel, elle l’a gagné à coups de misère. La vraie. C’est pourquoi, un petit plat à la fois, elle remplit le frigo-partage de la 3e avec tout son amour. Elle souhaite redonner à la communauté qui, en quelque sorte, lui a permis de s’en sortir.

 

La duchesse qui fait du riz

Ma mère était incapable de faire du riz, elle l’a répété toute mon enfance et j’ai aucun souvenir d’en avoir mangé à ce moment-là. Un moment donné elle s’est acheté un cuiseur à riz, et elle le manquait encore un peu, mais au moins on a commencé à en manger. Ma voisine faisait le meilleur riz au monde et des fois elle nous en donnait. Quand je voyais la réaction de ma mère, tout impressionnée et attendrie par cette attention, j’avais juste en tête que pour faire du riz, ça prenait un don.

Je suis partie en appartement et je refusais d’en faire. Je me disais que de toute façon je le manquerais et que je préférais manger quelque chose de bon, tsé. À ma fête, ma sœur m’a donné cette fameuse machine cuiseuse de riz. On venait de me confirmer toute la complexité que la cuisson du riz devait avoir. Je l’ai essayée une fois et mon riz était dégueulasse. J’ai laissé tomber.

Dernièrement, après quelques années en appartement, j’ai décidé d’essayer de faire du riz, dans une casserole comme tout le monde. J’ai réussi. Je me suis rendu compte que peut-être qu’il fallait que je commence à arrêter d’avoir peur d’essayer de nouvelles choses.

Ça fait environ trois ans qu’à chaque année, quand je vois que la Revengeance est en recrutement de nouvelles candidatures, j’ai une énorme envie de me présenter, mais une petite voix dans ma tête me dit que j’ai rien à faire là. Je pense que je ne suis pas assez intéressant∙e, que ça demande trop d’énergie.

Cette année, à peu près au même moment où j’ai fait mon premier riz, j’étais dans un mood où j’avais besoin d’aventure, de me dépasser et surtout de donner, donc je me suis dit « eille fuck off je me lance et il arrivera ce qu’il arrivera ». Et voilà, j’ai reçu un courriel, que j’ai lu un dimanche soir à 22 h, comme quoi j’étais accepté∙e, et j’ai pas dormi de la nuit parce que j’étais bin trop énervé∙e.

Je me suis impressionné∙e cette fois-là et depuis j’ai eu une grosse réflexion avec moi-même. Je me suis rendu compte que ce n’était pas la première fois que je remettais des projets à plus tard, par manque d’énergie, de confiance et par paresse. Mais j’ai voulu fouiller plus loin et comprendre pourquoi je faisais ça.

J’ai trouvé la réponse il y a pas longtemps. Je refuse de commencer des projets parce que j’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur, d’échouer. Par contre, je me rends aussi compte que c’est encore pire de rien entreprendre pantoute que d’essayer quelque chose de nouveau et de se tromper quelque part.

C’est ce qu’être duchesse m’a enseigné, que si j’essayais pas j’allais rien avoir. Pi avec ça, bin je me suis rendu compte que j’étais capable de bien plus que ce que je pensais.

Feck aujourd’hui, je suis duchesse, pi je reprends mille et un projets que je laissais de côté depuis trop longtemps. J’ai commencé à dessiner, j’essaie de jouer de la guitare, j’ai décidé de faire une demande d’admission pour une maîtrise pi j’ai décidé que ça allait être dans une autre ville. Pi je mange du riz bin plus souvent.

Lévis, c’est grand, bazouelle!

Voilà, déjà le dernier jour de la Revengeance! Les anciennes m’avaient avertie : « Tu n’auras pas le temps de tout écrire, de tout dire, on a toutes des textes, tounes, vidéos qu’on rêvait de produire, mais qui sont restés dans nos têtes. » Et elles avaient raison!

Je voulais vous parler de l’ADOberge, l’organisme à qui j’offrirais la cagnotte si je remportais le plus grand nombre de votes. Je remercie Jonathan Dussault, le DG, qui parle avec cœur de cette importante mission. Ce billet se fera ailleurs, mais vous le verrez un jour! Je remercie aussi Pierre-Olivier Maheux, historien chez Desjardins, qui m’a éclairée sur l’héritage d’Alphonse Desjardins. Merci aussi aux six courageux Lévisiens de l’UQAR et des Galeries qui avaient accepté de participer à mon mosus de vox-pop! Une panne d’ordinateur aura eu raison de ce qui devait être mon dernier billet… On le montera pareil, avec nostalgie, on le publiera sur Facebook…

J’aurais voulu parler du Patro, du Filon, de la Banque à pitons, du Tremplin, d’Écolivres, de la Jonction pour elle, du Mouvement Desjardins, du complexe aquatique, de l’ESLE, des bibliothèques, du Cimetière Mont-Marie, des Forts, de l’Anglicane, du Vieux Bureau de Poste, de Tome Un, du Pub St-Louis, de la Barricade, du Petit Palais et du Bidon Rempli! Vous parler de l’Aligorie, du Paradoxe, de Trac, de la LIMEN, de Premières. Vous parler du Quai Paquet, des feux d’artifice, du Bunker, de la Cage aux Trolls, des karaokés et du Laser-tag qui s’en vient! Bref, de tout ce qui fait de moi une Lévisienne fière! J’aurais voulu tout couvrir, d’est en ouest, du passé au futur, mais il aurait fallu être dix duchesses. Et eurêka! Accepter de n’avoir pu tout dire, mais finir ça en beauté avec les meilleures recommandations comme les bonnes adresses d’un guide de voyage. En m’entourant d’un ambassadeur pour chaque coin du grand Lévis fusionné! J’ai trouvé dix candidats exceptionnels et leur ai demandé de me sortir les perles de leur quartier ou du Grand Lévis.

 

 

Événement préféré : La Fête nationale à Breakeyville, qui aura lieu le 24 juin à partir de 15h00 dans le parc Ian Breakey pour une 39e édition. Une fête résolument familiale qui se renouvelle d’année en année et gratuite pour tous!

Activité pour la famille : On peut faire du ski de fond « urbain » gratuitement à Breakeyville grâce à l’implication de plusieurs bénévoles et le support de la ville et de commerçants locaux. 14 km de sentiers faciles dans des paysages aussi diversifiées que la rivière, les marécages, la forêt boréale et.. les maisons en rangées!

Où se détendre : La piste cyclable (en été) ou sentier de marche (en hiver) le long de la rivière Chaudière à Breakeyville nous permet de communier avec la nature tout en revisitant la riche histoire dont les Breakey sont à l’origine.

Organisme : Le Service de Soutien aux Proches Aidant de Lévis et St-Lambert pour le dévouement de son personnel à faire des pieds et des mains pour trouver des ressources en appui aux proches aidants et pour trouver des bénévoles pour offrir du répit à ceux-ci.

Artiste lévisienne :Isabelle Carrier, maquilleuse artistique. Elle est de toutes les fêtes d’enfants en pirate, en princesse, en clown ou en… Isabelle. Et, cerise sur le sundae, elle sculpte des ballons!

Événement : La Fête des voisins

Galerie d’art : Regart, le centre d’artistes en art actuel, ces gens-là sont dégourdis, n’ont pas froid aux yeux et aiment les collaborations.

Où frencher : Le toit de la chaufferie du Collège de Lévis ou la grève du parc Saint-Laurent.

Boutique : L’épicerie zéro-déchet, le Bidon Rempli

Organisme : Le Patro de Lévis. Institution plus que centenaire toujours réactualisée des religieux de Saint-Vincent-de-Paul. On y fait un peu (beaucoup) de bien chaque jour, pour toutes les générations.

Entreprise d’économie sociale : Le Café la Mosaïque. C’est le parvis d’église du quartier. La deuxième maison. L’endroit où on se sent accueilli, peu importe qui on est, et où on peut s’engager, à notre portée pour faire un peu de mieux dans notre communauté.

 

Activité pour la famille : Parc de la Pointe de la Martinière, Centre de plein air de Lévis, la passerelle en vélo vers Bellechasse.

Où flâner : Parc de la paix ou la dite « mare à pompon »

Resto pour manger avec les doigts : Patate-O-Bec de la route Lallemand

Avec une fourchette : ES Café, ambiance cool et bonne bouffe.

Chose que je changerais à Lévis : La dynamique Vieux-Lauzon, la Saint-Joseph est si belle, elle mériterait d’être revampée, animée, avec des entrepreneures et une communauté impliquées.

Organisme préféré : Le Filon pour ses valeurs, sa mission, ses activités ouvertes à toute la population et son équipe de travail formidable.

 

 

Resto pour manger avec les doigts : Resto 2000, endroit familial et bin chill.

Activité pour la famille : Parc des Grandes-Pointes : terrain de soccer, balançoires, jeux d’eau, table de pique-nique, terrain de baseball et skatepark.

En amoureux : La marina à Saint-Ro.

Lieu où se détendre : Le petit sentier au bord de la rivière au parc Ludger-Bastien. Il y a une petite plage, et, l’été, tu peux faire du canot sur la rivière.

Boutique : La Grange, route des Rivières. De belles trouvailles pour des cadeaux ou des fleurs, le service est excellent.

 

Organisme : Le Centre aide et prévention jeunesse, le CAPJ, c’est cet organisme qui le premier a amené le travail de rue dans la grande région de Québec. C’est aussi à lui qu’on doit notamment l’Espéranto, la Zone, le Triptyque et le Refuge Roger Cantin. 

Resto pour manger avec les mains : Le Chemineault. J’ai été conquis par la qualité du service et de la bouffe! C’est une petite place ben sympathique, avec beaucoup de caractère! C’est aussi le resto le plus proche du cimetière, mettons que l’envie d’un hot-chicken vous pogne en plein cortège.

Artiste lévisienne : Marie-Odile Haince-Lebel, de District Mao. Une ancienne jeune du Patro de Lévis qui a su amener sa passion de la danse vers des sommets inégalés et qui fait rayonner sa ville.

Un festival : Le Festibière de Lévis, pour se mettre chaudaille et jaser du référendum de 95 à qui veut bien vous entendre!

Activité pour la famille : La Grande plée bleue, sur le chemin Ville-Marie. Un des secrets les mieux gardés de Lévis! La seule tourbière au monde avec une vue sur le Complexe G!

Boutique : Le dépanneur Tout-Près, le premier dépanneur à bière de Lévis, qui est resté un dépanneur de quartier sympathique et qui est situé tout juste à la frontière entre Bienville et le Vieux-Lévis, et le Fridge, sur Guillaume-Couture, qui appartient à des jeunes Lévisiens passionnés de bière (et de service à la clientèle).

Fierté lévisienne : La piste cyclable. Jeunes, vieux, pauvres, riches : le bord du fleuve appartient maintenant à tout le monde. Les gens sortent de chez eux et redécouvrent la beauté de leur ville (et de leur région, puisque la piste est reliée à d’autres pistes du réseau) et le plaisir de se mettre en forme en prenant un bon bol d’air!

Activité pour la famille : je prêche pour ma paroisse, les activités des bibliothèques, gratuites et géniales à toutes les saisons.

Service hors du commun : La ferme Mireille et Clément Gosselin sur le chemin Vire-Crêpes. Les meilleurs légumes frais cultivés sur place; seulement ouvert en saison de production, mais ça vaut le détour : meilleur achat local, meilleur accueil.

Resto pour manger avec une fourchette : Mustang, sur la route des Rivières. La MEILLEURE pizza!!!

Entreprise d’économie sociale : La Ressourcerie de Lévis.

 

Où flâner : La bibliothèque de Charny pour son architecture époustouflante et pour ses espaces vitrés!

Boutique : La librairie Chouinard
Pendant toute mon enfance, elle était à Charny. Même si elle est déménagée à Saint-Romuald, j’y dépense beaucoup trop d’argent! C’est ça que ça fait avoir une librairie indépendante dans son quartier!

Où frencher : Le parc des Chutes-de-la-Chaudière.

Activité pour la famille : Parc Maréchal-Joffre pour la famille l’été.

Resto pour manger avec une fourchette : L’Express du Sud pour ses déjeuners et aussi pour les chansonniers en soirée!

 

Festival : Jazz Etc… On y croise la vie lévisienne, les vieux chums… et pour mon plus grand plaisir, ma duchesse Virgule pour un swing endiablé dans les rues… Rien ne peut me combler davantage au mois d’août que cet événement!

Où frencher : La terrasse de Lévis… les soirs d’été quand le fleuve s’illumine de feux d’artifice et quand des mains s’effleurent.

Activité pour la famille : Le Cinéma Lido. Je ne rate pas une sortie de dessin animé avec mes gars! Sinon l’Accroché pour l’escalade en famille la fin de semaine!

Organisme : La Maison de la famille Rive-Sud.

Rue : La côte Rochette, qui ferme tout l’hiver pour que les plus téméraires puissent s’adonner aux sports de glisse!

 

Festival : Le Festivent! Un événement encore abordable pour toute la famille dans notre petite ville, qui existe depuis plus de 35 ans. Ce festival de montgolfières permet aussi aux enfants de s’amuser dans plusieurs jeux gonflables, d’admirer des parachutistes et de voir leurs artistes préférés en spectacles. Les adultes ne sont pas en reste avec les shows du soir (deux scènes pour tous les goûts).

Où se détendre : Atelier Déco-Cadeau. Que ce soit pour prendre un bon café ou pour peindre, c’est un endroit de prédilection pour prendre un temps d’arrêt. Il y a des projets pour tous les goûts et tous les niveaux : peinture sur tissu, bois, céramique, verre et porcelaine. Patricia ou l’une de ses conseillères s’assurera que vous repartiez avec une pièce à votre goût.

Activité pour la famille : La Balade. Centre de ski de fond à la base, la Balade offre maintenant des sentiers de marche et de raquettes ainsi que, pour les plus aventuriers, du fatbike. L’été, on peut aussi y marcher et accéder à une belle piste cyclable qui se rend à Saint-Romuald.

Organisme : La Maison de la famille Chutes Chaudière. L’organisme a ont des activités gratuites ou à faible coût pour toute la famille.

 

Où flâner : Quai Paquet

Boutique : Les Serres Lagacé

Service hors du commun : Le Marché Carrier!

Cause : Sclérose en plaques. Je serai présidente d’honneur pour la Campagne de l’œillet.

Entreprise d’économie sociale : Écolivres

 

 

 

Activité pour la famille : Pique-nique et jeux d’eau au parc Saint-Laurent avec ma fille.

Service hors du commun : Studios Unis de Lévis. 

Resto pour manger avec les mains : Un hot-dog et une frite de la cantine chez Mario (ancien Léo, bien connu à Saint-Ro).

Sorties culturelles : Le Vieux Bureau de Poste.

La meilleure coiffeuse : Julie Dancause au salon Océa.

Le meilleur café : O’Ravito.

Événement : La Fête des voisins à Saint-Rédempteur

Où se détendre : Cinéma des Chutes 

Meilleures bières : La Boite à malt

Organisme préféré/boutique préférée : La bonne affaire (friperie de Centraide)

Sorties culturelles : Premières Théâtre Spontané à l’Espace jeunesse l’Espéranto, où voir de l’impro avec mes petites-filles.

Resto/ Menu pour manger avec les mains : Un sous-marin co-vedette chez Mikes.

Activité pour la famille : Le Bunker, jeu d’immersion scientifique

 

Merci à tous mes ambassadeurs!

Merci aux lecteurs!

Merci à mes grands complices : Pascale, Loïc, Laurent, Ozan, Martin, Annie et Anouchka!

Merci à tous ceux que j’ai interviewés!

Merci à Emaly! À maman et à Susan!

Merci à Pierre de Lévis, Attache ta tuque, à Catherine de la Mosaïque. Merci à Gabrielle, Lexie et Marianne!

Merci aux belles duchesses de la cohorte 2019 pour leur soutien!

Merci au C.A. de Diadème! Karoline, Julie, Joannie, Émilie et la cour au complet

Merci à Aaron! Merci à Mickaël! Merci Lucie! Merci Alexandre!

Merci à la belle bleue, Marrie, notre fée marraine!

Dodo, astheure!

 

 

 

 

 

Vestiges du passé

Toujours à la recherche d’anecdotes amusantes qui nous feraient voyager dans le temps, j’ai contacté David Gagné, l’historien de la Ville de Lévis. Malheureusement, il nous était impossible de nous rencontrer, mais il a eu la gentillesse de me référer à son livre paru en 2018 Curiosités de Lévis. J’ai suivi son conseil, me le suis procuré le jour même puis l’ai dévoré d’une couverture à l’autre. Quelle lecture intéressante, concise et illustrée, mettant en vedette des curiosités historiques de mon hood!

J’ai eu envie de faire ma Indiana Jane et d’aller capturer, c’est-à-dire photographier, certains de ces artefacts. J’ai motivé mon ami Martin à m’accompagner dans cette aventure, nous qui avions fait ce genre de périple par le passé, à Montréal, à Sherbrooke. On s’est donc embarqués pour un road trip matinal dans le grand Lévis. On a essayé en vain de trouver la Rotonde à Charny : terrain privé, amende, gnagnagna… On a aussi cherché le dernier mur du Fort no 3 (enseveli sous la neige), moi qui trippe ben raide sur l’histoire de nos forts qui n’ont jamais fait la guerre! On y a mis des animaux en quarantaine, fait pousser des champignons et même joué au baseball!

Lévis étant ben pieuse, la plupart du patrimoine qu’on a chassé est religieux. Rien qu’à voir on voit ben… entre les grottes de la vierge, les chapelles de procession, les chemins de croix, le Patro de Lévis (un ancien monastère), l’Anglicane (une ancienne église anglicane), la bibliothèque Pierre-Georges-Roy (une ancienne église catholique), l’école Marcelle-Mallet (un ancien couvent), Jésus est partout. À l’époque où on vend nos églises pour en faire des condos… je me permettrai de dire que je trouve ça beau quand ces bâtisses restent accessibles à la communauté, des lieux où se retrouver, apprendre ou se cultiver. À défaut de prier, être ensemble! Oui, je sais, y en a encore qui prient, j’en connais!

 

****** SPOILER ALERT *********** ALERTE AU DIVULGÂCHEUR ******

 

Si tu veux lire le livre de messieurs Gagné et Lahoud, je vais te gâcher quatre pages… ou te donner envie de lire tout le livre, c’est selon! Voilà, sois averti avant de poursuivre ta lecture!

Sincèrement, un 25 $ bien investi! Sinon, c’est sûr qu’ils l’ont à la bibliothèque…

 

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Curiosité no 15 : Les croix de chemin en fer de Pintendre

Croix de chemin à Pintendre

Ok, là, ce qui est hot, c’est que deux des quarante-trois croix de chemin qu’on retrouve partout à Lévis sont fait des mêmes retailles de découpes de lames de patin qu’on voit orner régulièrement les balcons et les escaliers de Québec. Ces retailles de métal proviendraient de la St.Lawrence Company Inc, qui était située dans Saint-Roch puis ensuite à Beauport.

J’étais si contente de retrouver chez nous ce détail qui fait le charme des balcons de Limoilou!

« (…) ces œuvres sont d’un grand intérêt puisqu’elles allient à la fois la pratique de la dévotion d’antan avec des traces de la passion des sports d’hiver. »

 

Avenue DES Églises à Charny

Curiosité no 76 : Les mitaines de New Liverpool et Charny

Une mitaine, c’est l’adaptation en joual de « meeting house », les églises protestantes. Ces églises sont des signes de la présence des anglos à Lévis. Ici, on a trouvé celle de Charny! C’est à cause de cette chapelle si l’avenue DES Églises est plurielle! J’y ai habité cinq ans, je le savais même pas. Construite en 1921, c’est devenu une résidence en 1986. Le parc adjacent s’appelle le parc de la Chapelle.

« En raison de la faible population à desservir, la chapelle alterne de confession de semaine en semaine. »

 

 

Curiosité no 71 : Monument-épitaphe aux victimes du pont de Québec

Bon, y a des curiosités plus accessibles que d’autres, mais je voulais trop y aller! Peut-être parce que jeune ado, je me promenais devant ce cimetière, frenchant à chaque lampadaire… Mon premier chum habitait juste en face! Besoin de vérifier que tout ce temps, il était là…

Ce monument qui commémore la mémoire des victimes de l’effondrement de 1907 est une partie de la structure du pont. On en retrouve une similaire derrière l’hôtel de ville et la bibliothèque Lauréat-Vallière.

« Cette pièce rappelle la mémoire de ces travailleurs, victimes d’une course à l’exploit et d’une ambition démesurée des concepteurs. »

Église de Saint-Nicolas

Curiosité no 95 : L’église de Saint-Nicolas

J’ai toujours trouvé spéciale l’église de Saint-Nic… À la suite d’un incendie dans les années soixante, on a rebâti l’église en s’inspirant de la tradition maritime du village.

« Le clocher évoque à la fois la voile d’un navire et la mitre de saint Nicolas, il est surmonté de la croix de métal provenant de l’église incendiée. »

Le temple neuf fait rupture avec l’ancien temps, Même l’intérieur surprend avec sa forme ovale, le prêtre au centre et les fidèles autour… comme un théâtre grec, comme un improvisoire!

 

Pis je sais pas si tu l’as reconnu, mais c’est l’église dans Paul à Québec, la BD de Michel Rabagliati! Le film aussi. Fait que c’est ça… désolée, mais moi, je l’appelle Paul à Lévis!

On a fini ça dans la rue de mon enfance… Mais je trouve pus ma maison!

Nulle trace de mon enfance. Place de la Vanoise, Saint-Romuald Photo : Martin Drouin

 

 

 

Il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon SDF

Terminus.

Station de Charles de Gaulle–Étoile.

Chaque matin.

Il y est.

Sur son matelas du couloir de la sortie Avenue de Wagram, le lit brillamment fait, les couvertures de la nuit délicatement relevées. Blanches immaculées : pas de sleeping bag défraîchi.

Il s’assoit, boit parfois un café qu’on lui offre, regarde les passants, leur sourit.

Le matin, lorsque quelquefois je me décide à rentrer avant tout le monde au bureau, il dort à poings fermés.

Les 200 000 personnes par jour qui arpentent le sous-terrain menant aux Champs-Élysées ne le dérangent pas : il dort, fait sa toilette, mange, sort.

Quelques fois, lorsque je reviens du boulot, il est sorti, je ne sais où…

Il a donc une vie…

Pas de maison….

Mais une vie.

À Pâques, les gens lui laissent des œufs en chocolat.

D’autres fois, d’autres d’offrandes se trouvent sur ses draps : pain, fromage, cigarette, ticket de restaurant…

Ce qu’il y a de particulier avec mon SDF, et la raison pour laquelle il me captive autant, est troublant, dans ces conditions…

Il est beau comme un dieu.

En fait, je crois que c’est un dieu.

Une sorte de dieu de la mythologie perse ou autre qui doit faire neuf épreuves ou se mêler aux mortels.

Certains diront que son principal atout dans la quête est donc ce désir qu’il déclenche chez les hommes et femmes sortant du métro et du RER.

Quelques langues perverses diront qu’il devrait tirer profit de cette beauté.

Les deux fois par jour où je le croise, juste avant de m’engouffrer sous terre, une sensation étrange m’envahit.

Un regret, une curiosité malsaine, je ne sais.

Je ressens un frémissement de larve de papillon lorsque son regard croise le mien, lorsqu’il me demande une pièce la main tendue vers moi, ou lorsqu’il mime le geste de fumer pour me quémander une cigarette. J’ai honte de me dire que je suis au sommet de cette perversité capitaliste puisque je juge mon intérêt, ou même un certain désir, dirigé vers un maillon faible de la chaîne sociale. C’est quand même un être humain de mon âge, pourquoi cela me dérange? Son statut social le déshumanise tant que ça? Notre première date serait certainement un peu compliquée et non approuvée par mes parents.

Mais, plus qu’autrement, cette idée m’amuse et je m’imagine des scénarios romantiques où nous aurions notre premier rendez-vous à la soupe populaire. Probablement comme les dizaines de jeunes femmes qui sursautent en le voyant chaque matin leur sourire de ses dents droites, blanches, le regard perçant, le teint parfait, tendant la main pour une petite pièce ou un ticket de restaurant.

Ce jour-là, je m’arrête, une cigarette au bout des doigts, je la lui tends :

– C’est pour toi.

– Thank you, mééci!

– Oh! Tu parles français?

– (Me pointant) France?

– Non! Ne m’appelez plus jamais France! (Je ris, en chantant…) You?

– You… France?

– Québec.

– K-bec! (Trouve ça drôle, apparemment!)

– Canada!

– Canada! Snow! Cold! Wow!

– Well, a lot. Bye! Have a nice wonderful sunny day!

– Thanks miss! Bye!

Je reprends ma route remontant aux pieds de l’Arc-de-Triomphe.

***

Un peu avant mon retour pour Saint-Roch, je suis repassée souvent par ce couloir du métro.

Un matin, il n’y était plus.

À sa place, une grande flaque d’eau…

J’espérais que le réveil n’ait pas été trop brutal.

Qu’on l’ait laissé se lever avant de l’asperger avec les boyaux ou les sceaux en guise d’expulsion.

***

Depuis mon retour, je repense parfois à lui…

Lorsque je vois une main tendue vers moi, ou que j’entends un timide « une tite piasse svp ».

Chaque fois que je vois un homme sapé comme un pape dans un costar à 1000 balles refuser un Itinéraire à 4 piasses…

Entre les froides rues Saint-Joseph et du Pont, quand la glace tombe des toits…

Je repense au soleil qui émanait de la peau du prince du couloir Wagram.

Aujourd’hui, il fait -40.

On annonce l’ouverture de plus de lits d’urgence à l’Auberivière.

 

On a gagné

Il y a quelque chose de significatif dans le fait que les duchesses « officielles » ne font plus partie de la programmation du Carnaval de Québec. Quelles leçons peut-on tirer de leur re-disparition? Qu’on se le dise, la Revengeance semble avoir gagné une victoire symbolique en atteignant sa dixième édition!

On est des personnalités plus que juste des « beautés ». On a du style sans être commanditées par Place Laurier.

Photo : Claudia Genel/Radio-Canada, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/807352/duchesses-carnaval-quebec-devoilement

Pourquoi on a fini par gagner?

On peut philosopher, spéculer et s’épivarder durant des heures, voire même produire une thèse de doctorat sur le sujet et on n’aurait même pas fini de comprendre toute l’affaire.

En attendant, l’ethnologue en moi s’avance à analyser un brin du phénomène.

Du monde ’à messe pour visiter les monuments de la rue Sainte-Thérèse

Mémoire

On creuse dans de la matière pas facile, car on joue dans de l’intangible, avec tout ce que ça comporte de feeling, de souvenirs et de nostalgie. On sait bien que la mémoire est une faculté qui oublie et que nos perceptions sont souvent trompeuses. Nos histoires et nos souvenirs se bricolent et se transforment à force d’être racontés. Qui n’a pas d’images un peu idéalisées de son enfance, de ces soirées de parades magiques malgré le froid ou de l’enthousiasme débordant des enfants qui reçoivent la visite de Bonhomme dans leur école? J’espère que ces mots vous font sourire, qu’ils vous rappellent des moments joyeux. Cette connexion entre les souvenirs et les émotions est puissante, elle permet de marquer notre imaginaire.

Peut-être est-ce parce qu’on a puisé dans la mémoire, dans les traditions et la culture populaire. Peut-être que c’est en étant collées avec les gens de nos duchés qu’on avait de la légitimité auprès du monde. Sans un gros appareil de relations publiques pour nous formater, je pense que les gens ont surtout aimé notre authenticité. Ce sont nos expériences sincères et nos particularités qui nous ont fourni la street cred nécessaire pour bien les représenter.

Notre présence, originale et subversive, rappelle que la vie n’est pas toujours un conte de fée. Être duchesse, c’est aussi être un être humain dont le quotidien n’est pas toujours glamour. On s’attache à la formule, à ce format différent qui inspire et fait rêver tout en restant proche de la réalité des gens.

Être duchesse de la Revengeance, c’est entrer aussi en mode performance, présenter une version de soi qui est un peu plus festive, flyé et soignée dans ses apparats. Notre identité s’ajuste au contexte et aux circonstances de la fête. C’est le principe du carnaval qui nous offre un moment pour l’excès et pour vivre la vie avec full d’intensité.

Nous avons un rôle à jouer en tant qu’actrices principales durant cette fabuleuse pièce de théâtre quest la 10e édition de la Revengeance. Nous serons des créatrices, des activistes, des féministes, farouchement revendicatrices de nos beaux duchés. Notre destin est changé par la Revengeance. C’est une plateforme unique et précieuse, car elle nous offre l’opportunité de nous dépasser, de nous surprendre et de nous faire entendre sur toutes sortes d’enjeux qui nous tiennent à cœur. Je me sens déjà grandie par cette expérience et ces belles rencontres.

Même si la fête est temporaire, nous serons duchesses pour l’éternité.

On rêve tous d’être duchesse

On va continuer de vous inspirer et de nous étonner avec nos belles initiatives. Les projets vont venir de nous et de nos collaborations avec des super partenaires. C’est une démarche citoyenne et artistique, un geste d’engagement civique revendicateur pour montrer à nos décideurs que nous avons des aspirations différentes pour l’avenir de notre ville.

Vraiment, on peut se dire avec fierté que « la ville est à nous! »


Le but de ce texte n’est pas de faire une boutade gratuite contre le Carnaval et les feues duchesses. C’était chouette de voir les efforts mis dans la nouvelle formule pour recruter des belles personnalités qui pouvaient devenir de bonnes ambassadrices pour la Ville et le Carnaval. Peut-être que le leadership et le dynamisme qui entourent la Revengeance a pu aider à vendre leur retour. Maybe?

Je pense surtout que notre démarche a permis de ramener un intérêt pour le développement d’une programmation d’activités festives dans les quartiers.

Si on veut se renouveler, on doit prendre des risques et essayer des idées, sans avoir de garanties que ça va marcher. Lorsque ça ne fonctionne pas, ce n’est pas la fin de monde et on doit apprécier les bons coups avec humilité. La vie nous apprend que l’échec n’est pas une finalité; c’est surtout une opportunité pour apprendre à se relever.

Qui nous aime, nous suive!

 

Vies de quartier

Aujourd’hui poésie. Aujourd’hui dystopie.

Dystopie

Dans mon cauchemar

Les corridors de vents créés par les tours font tourbillonner les poussières toxiques

Et viennent nourrir un smog de plus en plus dense

Dans mon cauchemar

On se ruine à construire un troisième lien

Et j’ai honte d’habiter un village d’arriérés

Dans mon cauchemar

Les grosses poches et la mafia des agents immobiliers transforment la vie de quartier en labyrinthe individualiste.

Dans mon cauchemar

Il n’y a plus de coopérative ni de logement, les familles sont contraintes de louer des chambres à la petite semaine comme des touristes.

Dans mon cauchemar

Les radio-poubelles sont jouées non seulement dans les maudits autobus mais aussi dans les cours d’école.

Dans mon cauchemar

Les humoristes envahissent toutes les scènes et l’argent public réservé à la littérature finance des torchons populistes et sexistes.

Dans mon cauchemar

Des fonctionnaires décident de remplacer les jeux d’adresse et d’équilibre dans les parcs pour enfants par des masses en plastique et des écrans hystériques.

Dans mon cauchemar

Tous les artistes se sont convertis au numérique et les entrepreneurs créatifs n’ont d’intelligent que leurs outils de communication.

Ce n’est qu’un cauchemar

Quand j’ouvre les yeux pis que je te vois, gens de Saint-Jambe

C’est encore possible de rêver

Tout en gardant l’œil ouvert

 

Le bandeau du projet Vies de quartier est une œuvre collective d’Hélène de Saint-Jambe, en collaboration avec Malcom Reid, Pishier, Xavier Bélanger-Dorval, Marc Boutin et Edmé Étienne

En 2016 j’ai initié et dirigé un projet de médiation culturelle nommé Vie de quartier. Un journal éponyme, écrit et illustré par les résidents de Saint-Jambe et à propos de leur quartier, a été distribué gratuitement, de porte en porte, à près de 6 000 exemplaires.

J’y avais publié quelques poèmes et dessins. Je les partage avec vous, accompagnés de quelques gravures de Bill Vincent, l’un des artistes de Saint-Jambe y ayant participé.

La maison bleue dans Saint-Jean-Baptiste, gravure de Bill Vincent, 1976 (courtoisie)

Espaces sonores

Instant de grâce

hors de l’église

La cloche sonne

Par-dessus le tumulte

de la cour d’école

*

Piaillement multiple

L’arbre rue Saint-Olivier

a pour feuillage

Cent mille oiseaux

*

En arrière, gravure de Bill Vincent, 1979 (courtoisie)

Point d’ordre

au conseil de quartier :

Veuillez cesser le vacarme

Réveillez sur-le-champ

l’homme qui ronfle

à tout rompre

*

Est Sainte-Anne de Beaupré, gravure de Bill Vincent, 1977 (courtoisie)

Coulée de phares

Inversion du volcan

au petit matin

Vrombissement des périphéries

Mouvement de la banlieue

vers le centre

L’hémorragie des voitures

phares grand ouverts

Lave de lumière aux sillons des routes

Le jour éclate sur la ferraille peinte

La radio fait état

de la circulation

Frise de bâtiment, selon les dessins de Marc Boutin (courtoisie)

Pour voir l’ensemble du projet Vies de quartier :

Je frencherais Félix Leclerc

Photo de couverture : Sébastien Girad Photographe

Bon, voilà, je vous ai déjà choqué avec mon titre. « Mais voyons, frencher Félix Leclerc!!! Elle a pas de bon sens, cette duchesse. C’est hard core, comme approche… et dire qu’elle provient de l’île d’Orléans… »

Ah la la! Eh oui, je sais, mais… Mesdames (ou Messieurs), cessez de refouler cette passion intime, artistique et charnelle pour cet artiste auteur-compositeur-interprète, poète, écrivain, animateur radiophonique, scénariste, metteur en scène et acteur québécois. Il est craquant un point c’est tout!

Mise en contexte

Certes, il est mort, mais pas tout à fait au cœur de notre communauté insulaire. En fait, il est partout dans nos maisons de pierre, près des clochers pointus, et on se surprend souvent à siffloter un air de P’tit bonheur.

Moi, chaque fois que je lis ses écrits, que j’entends sa voix ou que je l’aperçois en photo ou en vidéo (ouff), j’ai comme un frison artistique qui me shake la féminité comme gros rush de culture et de sex-appeal. Dire qu’il est décédé exactement cinq mois après ma naissance.

L’homme

Je frencherais Félix Leclerc!

Un regard sérieux, un sourire taquin et un rythme à tout casser. Il avait le mot juste et la prose infinie. Je ne peux m’empêcher de l’imaginer à accompagner mes longs bains, ici sur le chemin Royal, à Saint-Laurent. Il pourrait être là avec sa guitare et nous pourrions écrire, rire et chanter… Nus.

Ce qui est intéressant quand tu fantasmes sur un artiste mort, c’est que toute sa vie est écrite et disponible pour être savourée et découverte. Je trippe ben raide sur des photos de lui jeune et fringant et je voue littéralement un culte aux pattes d’oies et vestiges de fous rires qui se dessinent sur ses photos des années 50. Je trouve que sa peignure poivre et sel lui confère un air mature et profond (en fait, c’est peut-être juste que la photo est en noir et blanc, mais bon…).

Je dois toutefois avouer que ce que je préfère par-dessus tout, chez Félix Leclerc, c’est sa voix. Forte, portante, réconfortante qui communique les émotions, les histoires et les enjeux sociaux comme personne. Parfois, je rêve d’entendre une voix similaire lorsque je me promène au cœur de l’île au Familiprix, chez Spence ou encore au café La maison Smith à Sainte-Pétronille… Ce serait si beau, si inspirant… si renversant. Je pense que je frencherais cette voix-la!

Excusez-la (ou pas).

Merci à nos partenaires